Le ministre de la Justice et Droits humains a reçu le feu vert pour passer à l’action. Les travaux d’assainissement de Kinshasa et les dépenses liées aux festivités du Cinquantenaire sont les premières cibles de cette action.

L’opération « Tolérance zéro » vient de passer à la vitesse supérieure. Désormais, tous devaient se plier à ce nouveau style de gérer la chose publique. Ainsi, en a décidé le Président de la République qui, récemment, invitait tous ceux qui sont revêtus d’un mandat public à se mettre au pas.

Ainsi, saisissant la balle au bond, le gouvernement agissant par le ministre de la Justice et Droits Humains, Luzolo Bambi Lessa, vient d’exiger des comptes à un certain nombre des dirigeants impliqués dans des travaux d’intérêt commun. La « Tolérance zéro » s’attaque donc à la race des « intouchables ».

Ils sont quatre à se trouver dans le collimateur du ministre de la Justice. Le premier d’entre tous, c’est le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta, à qui le ministre demande de « transmettre à toutes fins utiles en urgence tous les contrats relatifs à l’assainissement et la réhabilitation de la voirie de la ville de Kinshasa ». La même demande est faite également à l’endroit du directeur général de l’Agence congolaise de grands travaux (ACGT) et à l’administrateur directeur général de l’Office des voiries et drainage (OVD).

Les dépenses engagées dans le cadre des festivités du Cinquantenaire n’ont pas été omises. A ce propos, le commissaire général du Commissariat général du Cinquantenaire de l’indépendance de la RDC a été enjoint comme les trois autres à « transmettre, à toutes fins utiles, le rapport sur les fonds décaissés pour l’organisation du Cinquantenaire de la RDC ainsi que l’état de leur utilisation ».

Par rapport aux travaux d’assainissement de la ville de Kinshasa, le ministre de la Justice a mis à profit le ministère des Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction (ITPR). Suivant cette démarche, le ministre des ITPR a été donc prié de transmettre aux fins de l’enquête « l’ensemble des contrats relatifs aux travaux de voirie de la ville de Kinshasa ». Selon la correspondance lui adressée par le ministre de la Justice, des documents doivent être examinés avec l’appui des services techniques compétents du ministère de la Justice afin de se rassurer de la « bonne gestion des ressources publiques affectées par le gouvernement à ces travaux ».

La Justice se met en marche

Des soupçons pèseraient-ils dans l’affectation des fonds affectés aux travaux d’assainissement de la ville de Kinshasa ? Y aurait-il également eu megestion dans l’affectation des fonds mis à la disposition du Commissariat général du Cinquantenaire de l’indépendance ?

Toutes ces interrogations devaient trouver des réponses dans les tout prochains jours. Toujours est-il que, au stade actuel, l’on se trouve encore dans la phase de collecte des informations pour se convaincre, à bout de parcours, de la bonne utilisation des fonds publics.

Kinshasa n’étant pas la RDC, il reste à espérer que le ministère de la Justice, qui pilote des instructions au sein du gouvernement, étendra l’action sur l’ensemble du territoire national. Cette série d’interpellations s’inscrit bien évidemment dans la droite ligne du mot d’ordre lancé par le Chef de l’Etat, celui d’assainir au travers de l’opération « Tolérance zéro » les mœurs dans l’exercice de tout mandat public.

Avec ces demandes d’informations, le gouvernement a donné le go. La balle se trouve donc dans le camp de l’appareil judiciaire – les cours, tribunaux et parquets – pour maintenir ce nouvel élan afin de donner forme à la lutte contre l’impunité. Cette série d’interpellations siffle d’une certaine manière la « fin de la recréation » dans l’exercice d’un mandat public.

Faustin K./Le Potentiel


(TN/Yes)