M. Mbo Mpeti Ekando, commerçant et armateur de son état à la cité d’Inongo, unique survivant du crash de l’aéronef LET 410 de la société aérienne « FILAIR » qui a causé mercredi la mort des vingt personnes à Bandundu-ville sur 21 passagers et membres de l’équipage, qui était dans un état d’inconscience, a repris connaissance et s’est entretenu jeudi matin avec les infirmiers et médecins qui le soignent.

Ces derniers ont déclaré qu’il est actuellement hors du danger au moment où on le conduisait sur son chariot à l’imagerie médicale parce qu’il a une jambe et l’os du nez cassés, a-t-on appris à l’hôpital général de référence de Bandundu. Les corps du propriétaire de cette société aérienne qui pilotait l’avion, un sujet belge, de l’hôtesse de l’air, sa belle soeur congolaise, du co-pilote et d’un autre expatrié ont été ramenés mercredi en début d’après-midi à Kinshasa à bord d’un petit porteur.

Seize corps sont encore gardés à la morgue de cet hôpital et une réunion du comité de crise présidée par le gouverneur de province a pris des dispositions utiles pour le rapatriement des corps dans les différentes entités où était passé cet avion (Inongo, Kin, Bokoro, Nioki), indique-t-on.

L’unique rescapé du crash de Bandundu, M. Mbo Mpeti Ekando, est hors du danger, selon les médecins

Le ministre de la Communication et des médias, Lambert Mende Omalanga a annoncé, jeudi, la constitution d’une équipe d’experts du ministère des Transports ainsi que de l’Autorité de l’aviation civile pour enquêter sur les causes du crash de l’avion de la compagnie FILAIR qui s’est écrasé mercredi a proximité de l’aéroport de Bandundu ville. M. Mende qui s’exprimait au cours d’une rencontre avec la presse, a indiqué que les conclusions de l’enquête seront communiquées au public et aux autorités compétentes pour déterminer les responsabilités. Il a, en outre, évoqué la controverse née autour de la publication par la CEI du calendrier électoral, le récent sommet de la SADC à Windhoek, la situation sécuritaire à l’Est de la RDC et celle des viols de femmes à travers le monde.

La CEI est dans son droit

La publication, le 9 août dernier, du calendrier électoral par la Commission électorale indépendante (CEI) a donné lieu à une vive controverse dans le microcosme politique kinois. Cette structure est en droit d’exercer l’ensemble des prérogatives dévolues à la future Commission nationale électorale indépendante (CENI) jusqu’à l’installation de cette dernière, a soutenu le ministre.

Pour appuyer son assertion, le ministre a cité l’article 55 de la loi organique du 28 juillet    2010 portant organisation et fonctionnement de la CENI et, comme illustration, la situation de la Cour suprême de justice qui exerce à l’heure actuelle, les prérogatives de la Cour constitutionnelle non encore effective. Le gouvernement, a-t-il souligné, est résolument engagé dans le processus électoral et continuera à mettre à la disposition de la Commission électorale indépendante la contribution de l’Etat congolais en termes budgétaire et sécuritaire.

Evoquant le sommet de la SADC (Communauté de développement des Etats d’Afrique australe) qui s’est tenu les 16 et 17 août 2010 dans la capitale namibienne, M. Lambert Mende a révélé les contacts de la délégation du gouvernement avec le Forum des ONG de la SADC. Ces ONG avaient adressé une lettre ouverte au Président de la République sur  le dossier de l’assassinat de l’activiste des droits de l’homme Floribert Chebeya et la disparition de son chauffeur Fidèle Bazana.

« Ce contact a permis d’établir que ce forum avait été lourdement induit en erreur par des sources mal intentionnées qui avait fait croire que la tragique disparition de l’activiste n’avait donné lieu jusqu’au 16 août à aucune suite judiciaire », a déploré le ministre. La délégation a démontré à ses interlocuteurs l’impossibilité, du point de vue de la législation congolaise, d’une procédure parallèle à celle pendante devant la justice militaire avant de leur demander de laisser les instances judiciaires congolaises compétentes poursuivre leur travail en toute sérénité.

Les assassins des casques bleus aux arrêts

Abordant la question sécuritaire dans l’Est du pays, le ministre Mende a annoncé l’arrestation par les FARDC des principaux auteurs de l’attaque contre la caserne de la MONUSCO à Kirumba (Nord­-Kivu), où trois casques bleus ont été assassinés à l’arme blanche. Ce sont des Maï-Maï opérant avec l’appui de certains opérateurs politiques et économiques alliés à des prédateurs étrangers, a révélé le ministre. Ces personnes, a-t-il dit, sont actuellement entre les mains de la justice.

Le porte-parole du gouvernement s’est aussi exprimé sur la controverse qui a enflé la chronique entre Kigali et Kinshasa à propos d’une vingtaine de congolais parmi les 58 ex­combattants FDLR rapatriés le 19 août dernier au Rwanda. « Les autorités rwandaises nous ont fait part de leur volonté d’approfondir la question dans le cadre d’une commission mixte qui se réunira sous huitaine. Le ministre s’est dit, en outre, préoccupé du sort du Sylvestre Bwira, un activiste de la société civile porté disparu après avoir été intercepté par des inconnus.

La capitale mondiale du viol se trouve ailleurs

Réagissant au reportage IPAD réalisé par la chaîne française France 24 sous le titre « Congo La paix violée » qui a dépeint la RDC comme la capitale mondiale du viol des femmes, le ministre de la Communication et des médias, a néanmoins présenté la moyenne annuelle de 4976 cas recensés par la chaîne comme vue avancée comparée aux 15.384 cas de la période de « la première guerre mondiale ». Pour le ministre, le label « capitale mondiale du viol » est plutôt destiné à émouvoir un public non averti.

En revanche, il a présenté les statistiques des Nations Unies pour le 1er trimestre 2010 où l’on peut évaluer pour la RDC le taux de 0,0766 cas de viols pour 1.000 personnes, plaçant le pays en 27ème rang mondial. Ces statistiques présentent comme têtes de liste la RSA, les Seychelles, Australie, Mont Sénat et le Canada avec un taux respectivement de 1.19538, 0,788294, 0777999, 0,749384 et 0733089 cas de viols pour 1.000 personnes.

ACP


(TN/TH/GW/Yes)