En effet, quatre hommes se sont présentés à l’hôpital de Bumbu, chacun se présentant comme le père biologique de l’enfant mort, et ces derniers se sont munis avec leurs cercueils. La mère qui fut la coqueluche de la commune de Bumbu avait quatre amants, et elle serait moins instruite car elle ne connaît rien sur l’ovulation.
Le mercredi 25 août dernier, le centre hospitalier « Mère et Enfant » de la commune de Bumbu était envahi par une véritable marée humaine. Cause de cet afflux : Alinga, la coqueluche de la commune de Bumbu venait de perdre son beau bébé de 10 mois. Hospitalisé, dans cette formation hospitalière, le petit ange a dû trépasser. Et ce, à la grande désolation de tous. Mais là n’est pas le véritable problème, surtout que dans Kin-la-misère, les êtres de cet âge trépassent par milliers chaque jour. En effet, quelques heures après la confirmation du décès de Miflor – c’est le nom de la fillette morte – l’enceinte de l’hôpital est envahie par quatre familles dont les pleurs fusent en dialectes différents. Le plus curieux est que pour un seul bébé mort, quatre cercueils sont emmenés par chacun de ces clans.
Après un moment d’incertitude, le voile se dissipe enfin. Alinga, fille à la beauté décapante, a dû s’enticher de quatre hommes. Très astucieuse, elle est parvenue à entretenir discrètement les relations sexuelles avec tous ces dons Juans. Comme elle habite sous le toit paternel, elle a su savamment programmer les moments intimes. Ainsi, ces princes charmants ne se sont jamais rencontrés au même endroit en face de leur idole commune.
Cette Vénus a été si intelligente, jusqu’à s’amuser de l’esprit de ces écervelés quand elle s’est retrouvée enceinte. Chacun de ces quatre naïfs a dû faire la préparation prénatale, en achetant des layettes, et la tenue de la future maman pour la sortie de la maternité. A cela, il faudrait ajouter la bière qui a coulé à flots pour fêter la naissance du nouveau-né. C’est à ce train-là qu’Alinga, l’étoile de Bumbu, a continué à mener sa vie jusqu’au moment où le bébé est tombé malade.
Mais ce mercredi 25 août 2010, ce n’était plus à elle de disposer. L’Eternel, maître de tout, a disposé autrement, et la petite Miflor est décédée, malgré les soins administrés par les médecins. C’est ainsi qu’en ce jour de malheur, quatre hommes se sont présentés à l’hôpital de Bumbu, chacun se présentant comme le père biologique de l’enfant mort. Inutile de souligner que chacun d’eux s’est présenté, non seulement avec sa famille, mais aussi muni de son cercueil.
Pour les âmes vertueuses, cela relevait d’un véritable scandale. Car, dès qu’ils se sont mutuellement découverts, la dispute a cédé la place à une bagarre généralisée, du fait que chaque prétendant réclamait la paternité de l’enfant mort. Mais entre-temps Alinga, origine de tous ces troubles, ne faisait que pleurer à chaudes larmes.
Heureusement que le commissariat de police de la commune de Bumbu est à deux pas de là. Les agents de l’ordre ont donc dû intervenir. Après avoir dispersé les badauds, ils ont arrêté deux de ces amants ainsi que la femme volage qui se sont retrouvés au cachot. Mais profitant du cafouillis, les deux autres prétendants au trône ont dû se volatiliser.
Pour le moment, il n’appartient qu’à la fille vorace à résoudre l’énigme. Ceci, du fait que cet hôpital n’est pas outillé pour faire des tests sur l’ADN afin de déterminer l’identité du véritable père. Mais un autre écueil se pose : bien que belle à en mourir, la fille serait moins instruite, ne connaît rien sur l’ovulation. Par conséquent, elle ne saurait pas désigner le véritable auteur de la grossesse qui a engendré le bébé dont on se dispute aujourd’hui la dépouille mortelle.
Donatien Ngandu Mupompa/Le Potentiel
(HM/PKF)