Certains éléments des FDLR ont été dernièrement rapatriés chez eux au Rwanda à partir de la RDC. Kigali a décidé d’expulser certains d’entre aux au motif qu’ils sont de nationalité congolaise. Etonnement pour le révérend Daniel Mulunda, président de l’ONG PAREC, l’homme par qui ce rapatriement s’est opéré.
 
« Nous avions entrepris des démarches avec nos frères Rwandais en disant qu’il y a vos compatriotes qui réclament de rentrer au Rwanda. Le gouvernement Rwandais a donné son accord  .Ayant reçu les assurances du gouvernement rwandais par le biais de sa Commission nationale de réintégration, nous sommes partis avec eux au Rwanda ».
 
BBC : Arrivé au Rwanda, c’est dans quelle localité aviez-vous confié ces personnes aux  autorités rwandaises ?
 
Daniel Ngoy Mulunda : On a été reçu à Kigali. Le responsable de la réintégration et nous-mêmes avions pris le bus  jusqu’au camp de Mukongo qui  est à 105 km de Kigali.
 
Pourquoi aujourd’hui, il y a problème ?
 
En tout cas, ils ont été bien reçus et traités. Nous sommes surpris. Nous apprenons, qu’il ya 24 parmi eux qui sont Congolais. Notre gouvernement a dit non. Ils ne  reviennent pas ici.
 
Aujourd’hui, quelle est la situation de ces personnes ?
 
Elles sont au Rwanda. Nous avions dit aux gens de la réintégration de ne pas les renvoyer au Congo. Car notre gouvernement a refusé de les recevoir.
 
Qui a dit qu’ils ne sont pas rwandais ?
 
J’ai été saisi par le président de la Commission nationale de réintégration du Rwanda qui a parlé de la découverte de certains qui n’étaient pas Rwandais. Cela nous a surpris. Je prends le gens de la MONUSCO à témoin. Ces derniers les ont suivis à la région militaire RFDL pour les dissuader à ne  pas rentrer au Rwanda. Les gars ont refusé. Aujourd’hui, la MONUSCO commence à dire qu’on a corrompu les gens pour partir. C’est enfantin.
 
Apparemment, en vous écoutant vous avez un problème avec la MONUSCO ?
 
Le monsieur de la MONUSCO à Goma s’est permis de dire que le PAREC aurait donné de l’argent à ces gens pour accepter de rentrer au Rwanda. C’est enfantin. Les Rwandais sont nos frères et nous devons arranger nos problèmes sans intermédiaires. Du fait qu’on a travaillé directement ne les a pas plu. Ils voulaient dissuader les enfants à ne pas partir, ces derniers ont refusé. Voilà toute la question.

Controverse : 26 Congolais rapatriés au Rwanda parmi les 58 ex-combattants des FDLR, selon Kigali

Vingt six personnes sur les 58 ex-combattants des FDLR et leurs dépendants, retournés le 19 août au Rwanda par les soins de l’ONG Parec, “sont des Congolais” en provenance de Masisi au Nord-Kivu, ont déclaré, mercredi 25 août,  les autorités rwandaises. Mais les responsables du Parec ont soutenu le contraire, exigeant une commission d’enquête mixte.

Le patron de la commission rwandaise chargée de la démobilisation et de la réinsertion des ex-combattants, Jean Sainzoga, a déclaré au quotidien rwandais The New Times, paraissant à Kigali:
«Nous avons reçu un total de 58 rapatriés. Après le tri, seuls 32 parmi eux sont des Rwandais, dont 16 civils et 16 ex-combattants des FDLR. Le reste, soit 26, sont purement des citoyens congolais.»

Ces 26 personnes, qui sont internées au centre de transit de Mutobo, près de Ruwengeri (Rwanda), ne vont donc pas bénéficier des avantages du programme de démobilisation et de réinsertion mis en place par le Rwanda et doivent rentrer en RD Congo, selon la même source.

Jean Sainzoga a fait cette déclaration, six jours après avoir  accueilli les 58 ex-combattants des FDLR et leurs dépendants, rapatriés par le Programme œcuménique de paix, transformation des conflits et réconciliation (Parec).

Les responsables de cette ONG congolaise sont catégoriques, affirmant qu’il s’agit bel et bien des sujets rwandais, 44 ex-combattants des FDLR et 14 dépendants, dont 06 femmes et 08 enfants.

Ces personnes possèdent des dossiers qui ont été bien scrutés à toutes les étapes, depuis leur délocalisation du Nord-Kivu au Katanga en avril, jusqu’à leur rapatriement le 19 août à Kigali, ont précisé les responsables du Parec.

Au moins 250 autres ex-combattants des FDLR et dépendants vivent encore à Kisenge, dans le district de Lualaba au Katanga.

Le Parec s’est engagé à les rapatrier tous, dans un programme soutenu par les gouvernements congolais et rwandais.

BBC/Radio Okapi


(TN/Yes)