A travers le président de l'Assemblée provinciale de Kinshasa, c'est le gouverneur de la ville qui serait visé par un réseau qui lorgnerait sur les finances de la capitale, confie un observateur qui dénonce une initiative affairiste orientée vers « les marchés juteux de la capitale congolaise ».
Que reproche-t-on réellement au président de l'Assemblée provinciale de Kinshasa ? Cette question est sur toutes les lèvres dans plusieurs milieux de la capitale congolaise. Mais, il ressort du recoupement de certaines informations que la vérité serait ailleurs que là où on semble la situer. Ce qui révolte bon nombre d'observateurs qui voient plutôt en Roger Nsingi juste un arbre qui cache la forêt.
" A travers le président de l'Assemblée provinciale de Kinshasa, c'est le gouverneur de la ville qui serait visé par un réseau qui lorgnerait sur les finances de la capitale ", confie un observateur qui dénonce une initiative affairiste orientée vers " les marchés juteux de la capitale congolaise ".
" Après Antoine Ghonda, Olivier Kamitatu, Valentin Senga, José Makila … Roger Nsingi se retrouve dans le collimateur de certains membres du MLC. Généralement, l'action vise certains membres de ce parti en poste au sein de' certaines institutions du pays ".
C'est par ces propos que des observateurs résument l'action amorcée contre Roger Nsingi à l'Assemblée provinciale de Kinshasa en indiquant que Roger Nsingi serait dans le collimateur de " certains gourmands qui useraient de chantage pour se remplir les poches ".
On reprocherait au premier député provincial de la capitale son " inféodation et ses rapports bon enfant avec le gouverneur de la ville qui empêcheraient le réseau maffieux d'atteindre le premier citoyen de la ville ".
Déjà, 32 députés provinciaux sur 48 auraient apposé leurs signatures pour obtenir la chute de Roger Nsingi à l'Assemblée provinciale de Kinshasa à travers une déclaration de déchéance initiée par le MLC Marius Gangale Liagu.
Il ne resterait plus qu'à attendre la prochaine plénière pour réaliser le coup. Mais, à en croire certains observateurs, deux thèses s'affronteraient autour de cette affaire où rien ne serait encore acquis et on apercevrait l'ombre de certains membres du MLC.
Roger Nsingi victime des intérêts égoïstes
"C'est lui qui déjoue tous les pièges tendus à Kimbuta à travers des missions de contrôles parlementaires ou des motions de diverses natures", reproche-t-on dans la première thèse comme pour justifier l'action amorcée contre Roger Nsingi qualifié de " très docile " vis-à-vis du gouverneur de Kinshasa.
En réaction à cette thèse, bon nombre d'observateurs se demandent si un président de l'Assemblée provinciale doit nécessairement entretenir des rapports orageux avec un gouverneur de province.
" Cela n'est dit nulle part et il n'y a pas ou ne devrait pas exister une guerre au sommet de la ville, surtout en cette période pré-électorale ", tranchent les observateurs. Bien qu'appartenant à deux bords politiques opposés (MLC et PPRD), poursuit-on, " Roger Nsingi et André Kimbuta vivent en parfaite harmonie pour l'intérêt supérieur de la ville en vue d'éviter le bain de sang des 20 et 21 août 2006 et 22, 23 et 24 mars 2007, même si c'est une hypothèse qui ne tient pas la route ".
Pointant un doigt accusateur vers certains milieux, les mêmes observateurs soutiennent que " certains cadres du MLC ont pris l'habitude d'user du chantage pour se remplir les poches ".
Lesquels alors ? Aucun nom n'est cité. Juste une autre accusation : " Ce sont les mêmes qui commanditent les motions de défiance ou des contrôles parlementaires et qui, après, demandent à l'Assemblée d'étouffer l'affaire dans l'œuf ". ce qui semble lever un coin de voile.
Il semble même que des calculs électoraux animeraient certains commanditaires en quête de moyens pour battre campagne en 2011. Dès lors, la stratégie serait simple : se débarrasser de Roger Nsingi pour atteindre André Kimbuta. L'objectif serait, dans ce cas de figure, d'ouvrir la voie à l'avènement d'un gouverneur MLC pour " se partager les marchés juteux de la ville ", argumentent les observateurs.
L'on se demande comment ces membres du MLC pourraient réussir leur coup avec seulement 20 voix sur 22 à l'Assemblée provinciale de Kinshasa, c'est-à-dire moins celles de Roger Nsingi et Henri Itroka, l'ancien rapporteur défenestré de la même manière par des " relents gourmands de certains caciques ".
L'arroseur arrosé
" On en veut à Nsingi sur une question d'argent comme s'il serait responsable de la questure ". C'est par cet argument que les mêmes observateurs reprochent aux députés provinciaux de fouler aux pieds le règlement intérieur de l'Assemblée provinciale.
A la place du président Roger Nsingi, il fallait plutôt viser le questeur Davin Luyeye en s'appuyant sur la Cour des comptes, l'Inspection générale des Finances ou la commission de l'ECOFIN de l'Assemblée plutôt que sur quelques députés provinciaux jugés aigris, conseille-t-on.
Ce qui pousse les observateurs à faire état d'une " maffia qui ne dit pas son nom ".
Voilà qui amène ces observateurs à inviter le Secrétaire général du MLC, François Muamba Tshishimbi, ainsi que Thomas Luhaka Losenjola et Constant N'Dom Nda Ombel, ses deux adjoints, " pour inviter les uns et les autres à ne pas naviguer à contre-courant des intérêts du MLC ". On fait aussi état du volet RETRANSKIN pour atteindre le gouverneur de Kinshasa. " Il faut se demander dès lors où sont passés les 90 millions USD alloués à UTIC, ayant pris une direction inconnue.
Fonds géré à l'époque par la vice-présidence en charge de l'ECOFIN ". Dans ce dossier, rappelle-t-on, " la responsabilité d'un membre influent du MLC, à l'époque directeur de cabinet du vice Président Bemba, serait engagée ".
Tiré de Forum des As
(CL/Yes)