Le président du bureau de l’Assemblée provinciale de Kinshasa a jusque jeudi pour déposer sa démission. Dans le cas contraire, la majorité des députés menacent de signer une pétition pour le faire partir par la voie de fait du perchoir.
Roger Nsingi a jusque jeudi pour déposer sa démission. Dans le cas contraire, la majorité des députés menacent de signer une pétition pour le faire partir par la voie de fait du perchoir de l’assemblée provinciale de Kinshasa. L’étau se resserre autour de Roger Nsingi, président de l’assemblée provinciale de Kinshasa. Les jours de cet élu du Mouvement de libération du Congo (MLC) sont comptés si rien n’est fait pour le sauver de la menace de défiance qui pèse sur lui.
En effet, une déclaration signée par la majorité des députés, dont l’initiateur est le député provincial Marius Gangale, reproche au président du bureau de l’assemblée provinciale de Kinshasa une gestion financière opaque, le détournement de près de 480.000 dollars américains ainsi que le gel de beaucoup de dossiers mettant en cause le gouvernement provincial.
«Ça fait maintenant plus de six ou sept sessions que le président ne veut pas remettre le rapport de gestion aux députés, et nous avons trouvé qu’il y a eu des détournements ; addition faite, nous arrivons presqu’à 480.000 dollars», a précisé le député Gangale à radiookapi.net. Allant plus loin, cet élu, MLC lui aussi, ne jure que sur le départ du président Nsingi à qui, il n’accorde aucune chance de convaincre par ses moyens de défense.
La machine se bloque
Les faits se conjuguent et les incidents se multiplient. Depuis plus de quinze jours, aucune plénière n’a eu lieu à l’assemblée provinciale de Kinshasa. La plupart des députés provinciaux attribuent cette situation au président de l’institution sur qui pèse une déclaration de déchéance initiée par le groupe parlementaire de son propre parti, le MLC. La dernière plénière de cet organe délibérant date du 4 août 2010.Depuis, rien ne bouge et c’est le blocage.
Le groupe parlementaire AMP (Alliance de la majorité présidentielle), de son côté, déplore ce blocage qui perturbe le calendrier de cette session essentiellement budgétaire. Selon un député AMP, ce blocage s’est ravivé avec le dépôt au bureau de cette assemblée provinciale, le 13 août, de la déclaration de déchéance du président de l’institution, Roger Nsingi, initiée par son propre parti.
Du côté du bureau de l’assemblée provinciale, le vice-président et le rapporteur indiquent qu’aucune raison officielle ne justifie la non convocation des plénières. Et pour décanter ce qui paraît déjà comme une crise, affirment-ils, une conférence de présidents des groupes parlementaires est convoquée cette semaine, sans en préciser la date. Entre-temps, ceux qui bousculent Roger Nsingi du perchoir disent attendre jusque mercredi pour trancher sur son sort. « Si rien n’est fait d’ici là, préviennent-ils, une pétition sera déposée au bureau pour obliger le président de l’assemblée provinciale à démissionner ».
Si la déchéance de Roger Nsingi s’effectuait comme le souhaitent ses collègues députés, ça ne sera qu’un cas de plus sur la liste qui compte déjà des cas similaires comme il en a été aux assemblées provinciales du Bas-Congo, du Kasaï Oriental, etc.
Rich Ngapi/Le Potentiel
(TN/TH/GW/Yes)