Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont appréhendé jeudi deux miliciens, « suspects » présu­més du meurtre de trois indiens mer­credi dans la province du Nord-Kivu (est), a affirmé à l’AFP l’un de leurs porte-parole.

« Quand l’action s’est passée, le lendemain (jeudi) nos militaires FAR-DC ont patrouillé et ils ont appréhendé le sieur Mum­bere Tembea, qui était en état d’ébriété, a affirmé à l’AFP le major Vianney Ka­zarama, porte-parole des FARDC dans la province du Nord-Kivu, joint au télé­phone depuis Kinshasa.

« Il a avoué toute la situa­tion. Il a dit qu’ils ont été en­voyés pour traquer et tuer les gens de la Monusco », la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC, a ajouté le major Kazarama, sans préciser les commanditaires de l’attaque, qui a eu lieu dans la localité de Kirumba.

Le suspect, a-t-il in­diqué, fait partie « du grou­pe des Maï-Maï Pareco, une milice congolaise dont les croyances sont basées sur la magie, « qui opèrent dans ce secteur de Lu­bero » au Nord-Kivu.

« Le motif avancé, c’est que la Monusco ne voulait pas faciliter leur intégration au sein des FARDC », a pour­suivi l’officier congolais, soulignant qu’un deuxième suspect, Kambare Justin, était « en train d’être inter­rogé ».
Mercredi, une soixantaine d’hommes ont attaqué à l’arme blanche le camp de la Monusco à Kirumba, tuant sur le coup trois Casques bleus indiens et faisant sept bles­sés parmi eux.

Le même soir, le gouvernement congolais s’est engagé à faire « su­bir la loi dans toute sa ri­gueur aux meurtriers des soldats onusiens, condam­nant « avec fermeté » cette attaque. Peu avant, le Se­crétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon avait appelé « de gouvernement de la RDC à lancer immédia­tement une enquête et à assurer que ses auteurs soient rapidement identifiables et traduits en justice ».

Jeudi, à l’issue d’une cérémonie d’hom­mage aux victimes à Ki­rumba, « des corps des trois casques bleus, du Sergent Omkar Sinhg, du caporal Parvinder Sinhg et du sol­dat Suraj Bhagwan ont été rapatriés dans leur pays, rapportait la Radio Okapi, parrainée par l’ONU, sur son site internet.

L’Est de la RDC, vaste pays d’Afrique Cen­trale (cinq fois grand plus grand que la France), est instable depuis plus d’une décen­nie en raison de la présen­ce de groupes armés qui y commettent régulièrement pillages, viols et assassinats.

Fin mai, dans cette même région, un Casque bleu indien avait été tué par balle par des présu­més rebelles hutu rwan­dais, qui venaient d’atta­quer des soldats congolais sur une route traversant le Parc national des Virunga, à environ 80 km au nord de Goma, chef-lieu de la pro­vince du Nord-Kivu.

Le Phare


(GTM/Milor/GW/Yes)