Organisé par l’Ambassade des Etats-Unis en RD Congo depuis juillet 2009, le Prix Mark Twain a renforcé des liens non seulement américano-congolais mais congolo-congolais.

Des talents littéraires cachés se sont révélés au monde. Le succès de cette action littéraire devra interpeller le Gouvernement congolais pour ajuster l’éducation au profit et au besoin de la population silencieuse.

Un des co- organisateurs de ce concours initié par Mme Katya Thomas qui travaille désormais au Kenya, Stephen Weeks, Public Diplomacy Officer dresse un bref bilan de la fin de la belle aventure littéraire.

Etant eux-mêmes écrivains professionnels, les deux diplomates américains ont voulu partager leurs expériences avec les Congolais. Mais, ils ne peuvent mesurer aujourd’hui l’impact de leur projet sur la vie de chaque participant au concours.

Des empreintes indélébiles dans la vie littéraire nationale.

Pourquoi le nom de Mark Twain et pas un autre écrivain ?

Nous l’avons choisi parce que c’est lui le véritable père de la littérature réellement américaine. Bien sûr qu’avant lui, il y a eu des écrivains américains mais dont la vision était trop occidentalisée.

De son vrai nom, William Faulkner, Mark Twain est celui qui a permis à l’écriture américaine de prendre des ailes.

Ecrivain nouvelliste, humoriste et citoyen du monde, Mark Twain est celui qui a décrit avec profondeur l’âme américaine à travers ses oeuvres…

Alors qu’attendiez-vous des Congolais ?

Notre préoccupation est essentiellement culturelle. Donner de la voix aux talents cachés de prendre aussi des ailes.

Savoir penser positif à partir de sa propre histoire et de sa propre culture. Raison pour laquelle le jury était composé essentiellement des experts congolais en la matière.

Etes-vous satisfait après 12 mois de concours ?

C’est très largement suffisant, rien qu’à voir l’engouement qu’a suscité l’événement au sein de la population. Nous avons reçu environ 35 nouvelles par mois.

Beaucoup d’entre elles provenaient en dehors de Kinshasa, dans l’arrière-pays et en dehors de la RDC. Et, la plupart de nouvelles étaient sous forme de contes ou de comédies.

L’on a noté également que beaucoup d’histoires étaient sombres et relataient la vie des Congolais au quotidien.

Des œuvres axées sur la contemporanéité. En bref, le Prix Mark Twain s’est révélé une fenêtre ouverte sur la culture congolaise.

Parce que les gens ont écrit des choses qu’on ne pourrait jamais dire à haute voix !

Y-a-t-il des critiques à faire sur le plan de l’écriture ?

Des œuvres produites, nous avons relevé certes des talents chez bon nombre de jeunes. Mais, ils doivent améliorer leur style.

Nous étions frappés par la force de leur expression et l’esprit créatif. Cependant, il va falloir penser à une formule du genre atelier d’écriture pouvant aiguiller l’écriture et le niveau technique.

Quelles sont les œuvres qui ont marqué les 12 mois de concours ?

En effet, lorsque le concours était lancé, c’était juste pour les six mois avec un grand gagnant à la fin.

Cette première partie a récolté tellement de succès que notre Ambassadeur a demandé de poursuivre pour six autres mois. Trois grands gagnants sont sortis du lot. Il s’agit pour les premiers six mois (Juillet à Décembre 2009) de Mme Bibish Mumbu et Mlle Alfi qui ont partagé le Prix final alors que les autres six mois (janvier à juin 2010) ont eu comme gagnant le journaliste Marcel Mayoyo de Radio Okapi. Il faut signaler qu’un lauréat, Dominique Mpundu a remporté deux fois le prix. Mais, comme le règlement interdisait une seconde représentation, ce gagnant de juin 2010, qui avait signé sa nouvelle sous un pseudonyme, s’est résolu à céder le Prix d’une valeur de 500 dollars Us à l’organisation pour perpétuer la production littéraire !

Qu’allez-vous faire de ces productions littéraires ?


Toutes les nouvelles de 12 gagnants seront publiées incessamment dans un livre. Il sera préfacé par le jury.

Il ne sera plus possible de continuer l’aventure, mais nous pensons continuer d’aider les jeunes écrivains non expérimentés à travers des ateliers de formation.

Le grand défi sera de faire accepter et connaître ces nouvellistes dans le programme d’enseignement en RDC. C’est cette promotion là qui pourra les faire sortir de l’ombre.

Un mot pour le jury congolais

Nous ne pouvons que remercier tous les membres du jury pour leur esprit d’abnégation. Ils ont collaboré gratuitement avec comme perspectives de soutenir et de bien représenter la culture congolaise.

Eddy Kabeya/Le Phare


(Milor/BT/PKF)