La clôture des journées minières, organisées par le Ministère des Mines à la FIKIN du 5 au 19 août, a été une occasion de retracer succinctement l’historique, l’état de lieu et les perspectives du cinquantenaire du secteur minier congolais avec une note d’espoir d’un avenir prometteur.
La salle des conférences de la Foire internationale de Kinshasa (Fikin) a servi de cadre, le mardi 19 août, à la clôture des journées minières initiées par le Ministère des Mines sur le bilan du secteur minier congolais 50 ans après. Ce forum minier a connu trois intervenants à savoir le professeur Kanda, Coordonnateur du Centre de recherche en gisement minier (Crgm), l’Adg de la Fikin, Madame Tambu Perpétue ainsi que le ministre des Mines Martin Kabwelulu.
Le coordonnateur du Centre de recherche en gisement minier, le prof. Kanda a planché sur la cartographie géologique minière de la Rdc. L’Adg de la Fikin, Mme Perpétue Tambu a quant à elle souhaité le mot de bienvenu à tous les invités avant de souligner que cette journée va permettre au peuple congolais de rester toujours confiant en ce qui concerne le secteur minier, porteur d’espoir.
Le troisième intervenant, le ministre des Mines, Martin Kabwelulu, a dans son mot de circonstance tenu à rendre un vibrant hommage au Président de la République, Joseph Kabila Kabange qui ne ménage aucun effort pour la promotion du bien- être du peuple congolais à travers le programme de Cinq chantiers de la République.
Epinglant le thème général de la Fikin édition 2010 « Foire du Cinquantenaire », Martin Kabwelulu a centré son exposé sur le thème : « 50 ans après, le secteur minier de la Rdc toujours porteur d’espoir ». L’orateur a jeté un regard rétrospectif sur l’importance du secteur minier sous l’époque coloniale pendant les 50 premières années et après l’indépendance.
Pour le numéro un du Ministère des Mines, le secteur minier remonte à plusieurs années avant l’époque coloniale. A l’époque, la métallurgie du cuivre et du fer était déjà connue par nos ancêtres qui fabriquaient de croisettes, des lances, des houes et autres outils.
Quoique timide au début de l’ère coloniale, l’intérêt pour le secteur minier congolais s’est manifesté avec la publication des rapports sur les découvertes des substances minérales par le géologue Jules Cornet dans le sud Katanga. Ainsi, les indices des minerais de cuivre seront découverts en 1906, le diamant quant à lui sera découvert la même année aux environs de Mai Munene, près de la ville de Tshikapa. De là vont naître, les grandes sociétés à charte en l’occurrence le comité spécial du Katanga « Csk », la compagnie des chemins de fer du Congo supérieur au grands lacs africains et l’Union minière du haut katanga (Umhk).
Il convient de signaler, selon le ministre des Mines, que ses entreprises ont contribué considérablement au développement du Congo coloniale belge en 1908.
Martin Kabwelulu a poursuivi son allocution en soulignant que pendant cette époque coloniale, le secteur minier a fonctionné comme un véritable chantier de production des matières premières destinées à l’exportation ; qu’à cela ne tienne, ce secteur a jeté le jalon de l’équipement du pays, aujourd’hui Rdc. Et ce secteur à l’époque intervenait à hauteur de 22,5% dans la formation du produit intérieur brut (Pib) et pour près de 60% dans les entrées en devise du pays.
Après l’indépendance, le secteur minier est intervenu pour près de 80% de volume total des exportations ; pour plus de 60% des entrées budgétaires de l’Etat et pour plus ou moins 9,5% dans le produit national brut. La période florissante du secteur minier se situe vers les années 1980, où la production annuelle a atteint le pic, notamment en ce qui concerne le cuivre, 450.000 tonnes par an et la plus sombre vers les années 1990, où elle a inexorablement chuté jusqu’à atteindre pour le cuivre 10 tonnes par an, pour le cobalt 700 kg et pour l’or 0 kg.
Par contre, au début de la crise multiforme qui a frappé de plein fouet l’ensemble des secteurs de la vie nationale durant les années 1990, l’on a noté cependant que le secteur minier a contribué à soutenir l’économie du pays grâce essentiellement à l’exploitation artisanale des substances minérales précieuses et semi-précieuses.
Dans le souci d’assainir le secteur minier et d’attirer ses capitaux étrangers a renchéri l’orateur, le gouvernement congolais a procédé à la création du code minier et après l’avènement de ce code, il y a eu certaines situations qui ont été enregistrées telles que plusieurs partenariats qui ont gelé des gisements et l’octroi désordonné des droits miniers.
A noter qu’à ce jour, la production des substances minérales croît de plus en plus et augure une ère plus radieuse encore, en outre avec l’engagement du gouvernement à susciter l’accroissement de la valeur ajoutée des produits miniers, gage du développement irréversible du secteur à amener le ministère des mines à prendre plusieurs mesures tant dans les secteurs cupro-cobaltifère, notamment l’interdiction des exportations des minerais à l’état brut, la transformation des comptoirs d’achat du colton et de la cassitérite en entité de transformation, ainsi que la mesure de désoxydation des diamants bruts avant leur exportation. Ces mesures constituent pour Martin Kabwelulu, un signal fort dans l’engagement du ministère des mines à faire du secteur minier un véritable porteur d’espoir.
Eu égard à tout ce qui précède, il convient de rappeler que les perspectives heureuses qui se profilent en faveur du secteur minier pour le bien-être du peuple congolais ne seraient effectives que si les ressources issues de l’exploitation minière sont gérées de manière transparente et rationnelle. Ce qui implique l’apport de tous gouvernants et gouvernés dans la refondation d’un Congo meilleur a-t-il conclu.
Gisèle Tshijuka/MMC
(GTM/Yes)