La Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), dont le siège est à Dakar, abritera, ce jeudi 19 août, le Symposium annuel de l'Association des banques centrales africaines (ABCA).
Cette édition sera placée sous le thème "Rôle des Banques Centrales Africaines dans la régulation et la stabilité du système financier".
La régulation et la stabilité du système financier demeurent des sujets de préoccupations aux instituts d'émission en Afrique. La crise économique et financière de 2009 est encore fraîche dans les mémoires.
Afin de se prémunir et consolider leur croissance, les banques centrales africaines, réunies au sein de l'Association des banques centrales africaines (ABCA), en débattront au cours de la rencontre de Dakar, prévue dans une semaine. Mais qu'est-ce donc, l'ABCA ?
L'association a été créée à la suite de la première réunion des gouverneurs de Banques centrales africaines, tenue du 15 au 22 février 1965 à Addis-Abeba en Ethiopie.
Au 30 juin 2010, l'ABCA regroupait 39 banques centrales. Elle est présidée par le gouverneur de la Banque centrale de la République démocratique du Congo, Jean-Claude Masangu Mulongo.
Le Symposium de Dakar verra la participation de gouverneurs des Banques centrales accompagnés de cadres de haut niveau, des universitaires, ainsi que des représentants d'institutions régionales et internationales.
Un communiqué de l'association, émis par la BCEAO, annonce pour le lendemain, vendredi, la 34ème Réunion ordinaire du Conseil des Gouverneurs de la BCEAO, ainsi qu'une conférence de presse, le même jour à partir de 15h30. Cette réunion portera sur l'examen des projets de rapports d'étape relatifs à la mise en œuvre du Programme de coopération monétaire en Afrique (PCMA) en 2009, faisant le point, par pays, du respect des critères de convergence définis dans ce cadre.
Aussi, les activités du comité conjoint de la Commission de l'Union Africaine-ABCA, chargé de l'élaboration d'une stratégie de mise en place de la Banque centrale africaine (BCA) seront également examinées.
Le PCMA en route
A l'ordre du jour du Symposium, l'application du Programme de coopération monétaire en Afrique (PCMA) a été prévue en deux grandes étapes. Après l'adoption par chacune des 5 sous-régions d'un programme formel d'intégration monétaire à l'horizon 2015, l'introduction de la monnaie commune et de la Banque Centrale Africaine en 2021, sera l'ultime étape.
Si le dernier rapport d'étape publié, fait état d'une proportion de 42% des pays membres de l'Association ayant respecté les 4 critères de premier rang, soit 20 pays, le communiqué de l'ABCA souligne que des critères de convergence ont été définis au niveau des sous-régions ainsi qu'au plan continental et des " critères de stabilité macroéconomique interne et externe devraient être respectés par au moins 51% des pays membres de l'ABCA, avant le lancement de l'Union monétaire africaine ".
Gageons qu'au sortir de la rencontre de Dakar, la future Banque centrale africaine verra ses contours déterminés. A noter que justement pour sa configuration, le bureau de l'ABCA a décidé en février 2010 de confier à un Comité de pilotage, composé de 3 experts désignés par la Commission de l'Union africaine et de 5 experts représentant les Comités sous-régionaux de l'ABCA, en plus de la Banque centrale du Nigeria qui en assurera la présidence. Les Afriques
Des catastrophes en Russie aux conséquences en Afrique Pakistan, Chine et Russie, trois Etats détenteurs de l'arme nucléaire face à la colère des éléments. Des drames qui auront des conséquences en Afrique.
Alors que le feu menaçait à nouveau le centre nucléaire russe de Sarov, à 500 km à l'est de Moscou, la Chine voisine n'en finissait pas, jeudi 12 août, de faire le décompte des victimes du glissement de terrain (le seuil des 1000 mors est dépassé) dans le Gansu et le Pakistan, de couler sous les inondations et la boue (1.117 morts).
Ce dernier pays paie un lourd tribut avec 1600 morts et 15 millions de personnes touchées par la catastrophe. La situation pourrait s'aggraver en Russie où le spectre d'un nouveau Tchernobyl préoccupe les autorités.
En Chine, une mobilisation sans précédent est notée à l'approche du typhon Dianmu. La colère de la terre, de l'eau et du feu, trois des quatre éléments de l'Univers selon Aristote, a-t-elle un lien avec le réchauffement climatique ? Pas de doute selon de nombreux spécialistes qui évoquent l'impact de 6 mois les plus chauds de l'histoire.
Un constat qui concerne particulièrement la Russie où le directeur des services météorologiques estime que la canicule qui y sévit actuellement est la pire depuis 1000 ans. Depuis fin juillet, Moscou enregistre le doublement de la mortalité quotidienne et suffoque sous des températures moyennes de 35 degrés.
Au-delà de ces catastrophes, le monde et particulièrement l'Afrique devraient craindre des tensions sur le marché des céréales au courant de cet automne.
La Russie qui fait partie des plus gros producteurs de blé (quatrième producteur) et d'avoine (20% du volume mondial) a décidé de faire un embargo sur toutes ses exportations.
Après avoir connu coup sur coup son pire hiver et sa pire canicule, Moscou risque dans des cas extrêmes d'importer de nouveau du blé, ce qu'elle n'a pas fait depuis 1972. De leur côté, la Chine et l'Inde penseront d'abord comme en 2008 à leurs stocks de sécurité avant de songer à un marché international de commodities habitué aux pénuries artificielles.
Le riz asiatique, nourriture de base pour 600 millions de personnes, connaîtra donc des restrictions plus importantes en raison des catastrophes naturelles constatées dans cette région. "La situation sur le marché du blé est grave ", reconnait la FAO le 6 août. Il est vrai qu'à Chicago, le contrat future wheat s'est apprécié de 33% en 15 jours, passant de 446 cents à 598 entre le 29 juin et le 15 juillet. C'est sans doute l'heure pour les Etats africains de penser aux stocks de sécurité.
Les Afriques/Forum des As
(CL/Milor/GW/Yes)