En boycottant le processus électoral, l’Opposition espère replonger le pays dans la crise de légitimité politique qui a longtemps talonné la Rdc.
A l’annonce du calendrier électoral par la Cei, on assiste à une levée des boucliers à toute la moins inattendue dans tous les états-majors politiques de l’Opposition. Même les carpes, que l’on avait déjà oubliés à cause de leur long mutisme politique, ont soudain repris du service. On ne compte plus le nombre de déclarations hostiles contre la Cei et ses animateurs. A suivre la réaction de la classe politique, on a l’impression que le pays est sur le point d’exploser.
On en serait resté à cette impression, qu’il n’y aurait pas de quoi s’émouvoir. Malheureusement, des sournois conspirateurs s’activent à plonger le pays dans le chaos à la faveur des futures échéances électorales. Pour y parvenir, ils ont décidé d’exploiter la première recette à leur portée.
Ainsi, il nous revient que certains états-majors politiques de l’Opposition tiennent mordicus à faire capoter le processus électoral annoncé. Ils mettent tout en œuvre en vue de pousser toute l’Opposition au boycott des élections. Le but visé est de replonger le pays dans la crise de légitimité politique qui a longtemps talonné le pays. Au gré de cette crise, les conspirateurs espèrent ouvrir la voie à l’instabilité et à la déstabilisation du pays.
Le procédé visé est fort simple et classique décrédibiliser tout le processus électoral par la non participation unanime de l’Opposition aux prochaines élections. En l’absence de toute compétition, les élections vont perdre leur caractère de transparence, de liberté et de démocratie. Nous serons en face d’un plébiscite électoral, d’une auto-désignation et donc loin du credo démocratique auquel a souscrit la RDC et sa classe politique depuis les assises historiques de Sun City.
C’est de bonne guerre
Jusqu’au moment où nous couchons ces lignes, la logique nihiliste et jusqu’au boutiste des conspirateurs n’a pas encore réussi à emporter l’unanimité. Mais l’idée fait sérieusement du chemin. Surtout qu’elle a trouvé un terrain très fertile pour sa reproduction : la hantise d’un échec électoral presque sans appel et programmé.
Après le marathon haletant de 2006, tout le gotha politique congolais a pu évaluer combien les élections constituent un gouffre qui happe impitoyablement toute prétention. Décapitée depuis mai 2008, avec l’arrestation de son leader par la Police belge au compte de la CPI, l’Opposition constitutionnelle sait d’avance qu’elle ne saura jamais affronter la nouvelle mise qui s’annonce. Il n’y a personne de suffisamment emblématique dans les rangs de celle-ci pour combler le vide laissé par le leader du Mlc.
Du côté de l’Opposition non institutionnelle, on assiste à une tragicomédie qui ne permet pas de prendre au sérieux toutes les prétentions électorales qu’affichent en ce moment ses meneurs. Tant la volonté affichée de prendre cette fois-ci part aux élections contraste avec l’émiettement de la base électorale dont souffre cruellement l’Opposition non institutionnelle en ce moment. Son discours pré-électoral prend ainsi l’air d’une logomachie.
Vu le contexte de débâcle programmé, certains ont décidé de tout dynamiter. Si jamais ils arrivaient à provoquer la fameuse crise de légitimité, faute de compétition électorale, il sera facile de replonger le pays dans la spirale de violences qui ont marqué la décennie en cours. Et ce ne sont pas les forces centrifuges qui manquent pour rendre la tragédie de nouveau possible. Il ne faut surtout pas oublier que les passionnés de la balkanisation du Congo n’ont pas encore désarmé sur le plan international. Ils n’attendent que le moindre signal intérieur pour finalement démonter que la RDC est ingérable sous sa forme actuelle. La vigilance s’impose donc à tous les niveaux.
Le Palmarès
(TN/Milor/GW/Yes)