L’Etat congolais doit exiger de toutes les industries minières exploitant en République démocratique du Congo à se conformer au respect d’une stratégie de conversion de la main d’œuvre car, les ressources minières n’étant pas renouvelables.

Cette recommandation de la Générale des carrières et des mines (Gécamines) a été formulée le jeudi 12 août 2010 lors d’un colloque organisé en marge du grand festival du Cinquantenaire qui se poursuit jusqu’au 31 décembre 2010.

Cadre choisi : la salle de conférences de la Foire internationale de Kinshasa (Fikin) à Lemba. L’intervention de la Gécamines à cette conférence a porté sur : « La Gécamines : hier, aujourd’hui et demain ». A cette occasion, le directeur chargé de la planification et programmation, Ngoy Abasa, a, au nom de cette entreprise, procédé à la lecture d’une série des propositions formulées pour sauver cette société.

Pour que la Gecamines, qui sera une société commerciale, soit productive et compétitive, il faut que son patrimoine soit bien évalué, déterminé et stabilisé. Ce patrimoine, a-t-il précisé, est, en plus des actifs physiques, constitué de soldes de réserves contenues dans les Permis d’exploitation et Permis de recherche ; des participations dans les partenariats créés.

Comme une industrie minière ne peut survivre sans ressources minières stables, il est recommandé que la Gecamines conserve dans sa globalité tout ce qui lui reste comme solde des Patrimoines d’exploitation, de recherche et PER.

L’intensification de la prospection sur les différents Permis d’exploitation et Permis de recherche doit être une de grandes priorités.

Sur le plan national, la Gécamines a estimé qu’il est grand temps de mettre en place une institution dotée des moyens conséquents qui devra, à l’instar de ce qui se fait dans d’autres pays, mener une campagne de prospection sur l’ensemble du pays. En ce qui concerne le financement de ce projet, La Gecamines propose, à cet effet, qu’un tel projet soit préfinancé par les différentes sociétés existant en RDC sur les redevances dues à l’Etat.

Constat

Ces recommandations font suite au constat amer fait au regard de ce que la Gécamines a réalisé (passé) ; ce qu’elle est en train de réaliser (présent) ; et ce qu’elle aura à réaliser (avenir).

La période qui va de l’Union minière du Haut Katanga jusqu’à la mise en place de l’actuel Conseil d’administration, le directeur Ngoy Abas a indiqué que cette période était caractérisée par des moments de prospérité : en 1986, cette société avait réalisé son record de production à 476.000 tonnes de cuivre ; 14.500 tonnes de cobalt ; et 64.000 tonnes de zinc lingot pour un chiffre d’affaires annuel de l’ordre d’un milliard Usd.

Cependant, cette production des métaux va connaître dès 1987 une chute progressive qui va s’accélérer en 190 suite à la conjonction de plusieurs événements dont l’effondrement de la mine souterraine de Kamoto située à Kolwezi (Katanga).

A cela s’ajoutent les troubles sociopolitiques ayant émaillé le pays au début des années 90 et l’arrêt brutal de financement des bailleurs des fonds. Cette crise de l’entreprise a entraîné des conséquences négatives, avec un niveau de production le plus bas de son histoire (7689 tonnes de cuivre représentant environ 2 % de sa capacité normale).

Le chiffre d’affaires est alors passé de 1,3 milliards Usd en 1990 à un montant avoisinant les 200 millions Usd en 2008. La chute de la production de cuivre qui est passé du niveau le plus élevé de son histoire 1987 à son niveau actuel de 20.00 tonnes.

La période allant de la mise en place de l’actuel Conseil d’administration à ce jour, a été fortement marquée par des partenariats avec comme conséquence une réduction sensible des réserves géologiques de l’entreprise.

Durant cette période, a-t-il précisé, la Gécamines a été confrontée à tous les maux engendrés par la gestion particulière de la société pendant la 2ème République, à savoir un niveau d’endettement très élevé ; la vétusté de l’outil de production ; un effectif pléthorique (dont l’âge moyen se situe au-delà de 45 ans) pour un faible niveau de production.

La Gécamines d’aujourd’hui est celle qui a hérité de toutes les conséquences néfastes dues à la mauvaise gestion au cours de la deuxième République associée à la mise du pays en embargo économique. Les difficultés financières rencontrées depuis une quinzaine d’années ont affecté très sensiblement l’équilibre de sa structure financière et sa viabilité.

Cette chute de la production de cuivre et de cobalt s’explique par le fait que la Gecamines a évolué pendant près de deux décennies sans avoir accès aux marchés financiers. Cette situation particulière pour une entreprise du secteur minier, qui nécessite d’importants actifs immobilisés, a complètement perturbé son plan d’investissement, aussi bien de renouvellement que de maintien.

Le Potentiel


(CL/Yes)