Le Secrétariat du Comité professionnel des matières premières a tenu ce vendredi 13 Août au siège du comptoir de diamant Primo-gem un point de presse sur la problématique de la désoxydation du diamant, au cours duquel il a clarifié l’opinion sur les désavantages du lavage du diamant par l’acide.
Ce rendez-vous avec les professionnels des médias a été animé par le Directeur général délégué du Primo-gem, représentant tous les tenanciers des comptoirs des diamants en Rdc, M. Gustave Omba Bindimono. Ce dernier a élucidé ses propos sur la fameuse décision du ministère des Mines, instruisant tous les comptoirs de diamant oeuvrant en Rdc de désoxyder obligatoirement leur diamant avant toute exportation auprès de la société Diablant.
En effet, le Ministère des Mines a pris la décision par l’arrêté n°0391 du 14 juin 2010 exigeant à tous les comptoirs de diamant de désoxyder leur diamant avant toute exportation auprès de la société Diablant qui oblige une retenue de 2$ par carras auprès de toute opérateur économique oeuvrant dans le secteur du diamant.
Cette situation n’a pas plu aux différents comptoirs de diamant qui selon le représentant du Comité professionnel des matières précieuses (Cpmp), Gustave Omba, est une escroquerie visant à freiner la bonne marche du secteur du diamant en Rdc.
Ainsi, le Comité professionnel des matières précieuses consterné par cet arrêté émanant du ministère des Mines a tenu à clarifier l’opinion sur les désavantages de la désoxydation du diamant qui selon ce service, tout diamant n’est pas objet de désoxydation.
Le représentant du Cpmp a expliqué que l’Etat n’a pas pris en compte certains paramètres d’ordre technique, mais au contraire, l’Etat fait croire à l’opinion que la désoxydation va apporter de la valeur ajouté au diamant congolais ; c’est qui est faux a renchéri, Gustave Omba, ajoutant que la valeur ajouté ne se justifie que si l’on concède par taille du diamant et que ce diamant dépend de sa grosseur ou de sa grandeur. Mais pour le ministère des Mines la valeur ajouté consiste à tremper le diamant dans l’acide, ce qui n’est pas toujours évident car un diamant trempé dans l’acide peut ou ne pas avoir de la valeur ajouté.
Poursuivant son exposé, le locuteur a expliqué le phénomène de la désoxydation du diamant qui n’est qu’une pratique chimique qui fait qu’on puisse tremper le diamant dans l’acide pour soit le nettoyer et ce nettoyage a d’une part, un avantage et d’autre part un désavantage. Ce qui justifie la valeur ajouté d’un diamant, est qu’il a une valeur naturelle venant du sol, le diamant n’est pas comme les autres métaux, il faut le différencier des autres minerais parce que le diamant quand il est nettoyé dans l’eau, il sort naturel et dans le secteur du diamant, ce qui est fait l’affaire, c’est l’illusion qui n’est pas suffisamment estimable étant donné qu’il y a de surprise là dedans.
Le diamant qui doit faire l’objet de la désoxydation doit être d’abord spécifié, mais ici dans cette décision de l’autorité, on demande simplement de désoxyder tous les diamants. Gustave Omba a relevé que les négociations ont eu lieu avec l’autorité congolaise et jusqu’à ce jour il n’y a pas encore eu un compromis à ce sujet.
Le Cpmp a épinglé que l’Etat demeure un partenaire privilégié, mais avant que ce dernier prenne certaines décisions de ce genre, il doit d’abord faire le contour des avantages et désavantages tant économiques, sociales et politiques dans la mesure où cette décision défavorise et décourage l’opérateur économique et a des répercussions directes sur le climat des affaires au profit d’un nouveau partenaire qui est Diablant qui ne voit que ses intérêts au détriment des intérêts de la population congolaise.
A signaler qu’à la suite de la décision de cet arrêté, les opérateurs économiques et exploitants du diamant ont décrété le « Kasaï sans diamant » dans la ville de Mbuji-Mayi freinant ainsi toute activité du diamant.
Il est vrai que le secteur du diamant demeure parmi les services qui apportent des deniers à la Rdc. La crise qui se fait sentir dans le secteur du diamant doit interpeller les autorités congolaises qui doivent trouver un terrain d’attente entre le Comité professionnel des matières précieuses qui reste un des partenaires de l’Etat dans la mesure où ces opérateurs économiques font entrer le cash flow en devise dans le trésor public congolais.
Gisèle Tshijuka/MMC
(GTM/GW/Yes)