Au regard des positions affichées par les organisations syndicales du secteur de l’enseignement primaire et secondaire au cours de ces deux mois de vacances bon nombre d’observateurs redoutent que la rentrée puisse se faire avec heurt.
C'est connu. La rentrée scolaire 2010-2011 a été fixée au 6 septembre prochain. C'est le ministère de l'EPSP qui l'a voulu ainsi. Mais la question que nombreux Congolais se posent est celle de savoir si cette rentrée va se faire sans heurt, tant elle est placée devant des feux rouges.
En effet, les syndicats oeuvrant dans le secteur de l'EPSP ne sont pas du tout d'accord avec les conditions de vie et de travail qui sont celles de leurs syndiqués, nous voulons dire les enseignants et le personnel assis de l'éducation.
Au cours de ces 2 mois de vacances, le Syeco, le Synecat et la FEPSP/CDT sont montés au créneau pour stigmatiser le silence du gouvernement devant les revendications des enseignants. Cette façon d'agir, à en croire ces partenaires éducatifs, n'est ni plus ni moins qu'une manière de saboter le secteur de l'enseignement du reste l'un des 5 chantiers de la République.
Comment veut-on en fait que ce chantier aboutisse si ceux qui y sont engagés n'ont pas le cœur à l'ouvrage, lorsqu'ils travaillent à la vaille que vaille, faute de mieux ? C'est pour dire que ceux qui opèrent particulièrement dans le secteur de l'EPSP se disent être dans la salle d'attente en attendant d'être embauchés dans les secteurs beaucoup plus rémunérateurs, à savoir la politique, les entreprises du portefeuille, la diplomatie et que savons-nous encore.
Le constat, amer du reste, fait par tous les Congolais cultivés est que l'enseignement en particulier et l'administration publique en général constituent le moindre des soucis du gouvernement. Il n'y a qu'à voir ce qu'ils touchent comme salaire et à quel moment pour conclure à l'irresponsabilité, au sadisme des dirigeants. Et pourtant, l'enseignement est l'unique passage obligé pour arriver à exercer ces fonctions importantes qu'exercent ceux-là mêmes qui sont en train de rouler les enseignants et le personnel de l'éducation dans la farine. Ou, comme le disait si bien Claude Bernard parlant de la science, c'est " un salon superbe dans lequel on ne parvient qu'en passant par une longue et affreuse cuisine ".
Période à mettre à profit
D'ici à la date de la rentrée scolaire, c'est un temps important qu'il faut gérer avec méthode, qu'il faut mettre à profit pour une rentrée en douceur. Pendant ce temps, les enseignants attendent, non seulement d'être payés, mais d'être payés dans le sens de Mbudi, ou du moins de manière à leur permettre de songer eux aussi à la rentrée scolaire de leur progéniture. Avec quoi vont-ils y songer : avec le 1er palier ? le 2ème ? le dernier palier de Mbudi ou tout simplement leur salaire actuel plus quelque chose ? Le gouvernement est mieux placé pour répondre à cette préoccupation. Il n'est pas normal que le gouvernement, pour les avantages à devoir aux enseignants, le gouvernement se cache derrière les parents et la Banque mondiale car, ni les uns ni l'autre n'est l'employeur et c'est lui qui doit résoudre les problèmes de ses employés.
Les parents, qui sont des partenaires éducatifs, en ont marre de prendre en charge les enseignants de leurs enfants. D'ailleurs, si ceux qui sont à la tête de l'Anapeco avaient eu pitié de leurs membres, ce système avilissant de prise en charge aurait déjà pris fin.
S'agissant de la Banque mondiale, qui n'intervient qu'avec des dons de façon ponctuelle, on ne pouvait quand même pas envisager la gratuité de l'enseignement maternel, primaire ou secondaire avec ses bienfaisances. Que le gouvernement de la RD Congo sache qu'on ne peut pas construire notre pays avec des dons ponctuels. Il faut donc produire. Et pour produire à l'EPSP, il faut motiver les activistes de ce secteur, les enseignants, qui auront, en conséquence à se casser en 4, si pas en 8 pour s'occuper des enfants, sujet de l'éducation.
Ne pas le faire passe pour un crime. Et les enseignants, qui attendent à ce jour le maigre salaire de juillet, auront raison en évoquant le non assistance à personne en danger. Toutefois, n'anticipons rien. Avec les assemblées générales qui vont se tenir avant le 6 septembre, tout peut arriver. Il convient simplement de ménager le chou et la chèvre.
V. Wakudinga/L’Observateur
(TN/Milor/GW/Yes)