Il s’ouvre dans les prochains jours à Kinshasa les assises des Ministres de la Décentralisation des pays membres de la SADC. Cette rencontre intervient avant celle qui réunira en novembre prochain, en Namibie, le Conseil des ministres de l’organisation sous-régionale.

Un pas important a été franchi depuis l’Acte final de Lagos (1981). Les assises qui regrouperont les 14 pays de la SADC (Communauté économique des pays d’Afrique australe) annoncées dans les prochains jours à Kinshasa sous les auspices du ministère de la Décentralisation et Aménagement du territoire devront se pencher sur cette problématique.
 
La création des regroupements régionaux et sous-régionaux ont été encouragés et confortés dans la Charte de l’Union Africaine. Ils sont donc devenus des pools stratégiques pour la prise en charge du développement du continent par la participation des communautés à la base. La sous-commission des ministères en charge des Gouvernements locaux de la SADC mène ses actions sur base de ce genre d’orientations.

Elle poursuit le but d’encadrer et d’accompagner les collectivités locales sur la voie du développement des communautés en recourant à plusieurs mécanismes dont la coopération décentralisée. Elle semble, cependant, ne pas fonctionner au même titre que les autres au sein du Secrétariat exécutif de la SADC au motif lié à la précarité de ressources.

Il apparaît, par ailleurs, qu’au-delà de ce manque de ressources financières, les dirigeants de la sous-région ne démontrent pas toujours d’un enthousiasme à faire de la démocratie et de la décentralisation le point d’ancrage du développement dans les 14 pays qui composent la SADC.
 
En RDC, la décentralisation est une option consacrée dans la Constitution de la RDC. Elle n’aurait donc dû ne pas faire l’objet d’hésitation ou de remise en question. C’est pourtant le cas à cause des attitudes tendant à violer intentionnellement la constitution. D’où, les lenteurs et retards qu’accuse le processus en cours en RDC en dépit des efforts et initiatives - somme toute louables - qui se déploient dans les provinces depuis la création d’un ministère chargé de la Décentralisation.
 
D’un point de vue globalisant le dernier forum de Pretoria (29 Avril 2010) ne reflète-t-il pas, ce constat ? Car la plupart des pays membres de la SADC affichent des résultats aux performances différentes ? Ce qui permet de comprendre que le programme qu’ils exécutent se soit jusque là déployé par le biais «de nombreuses interactions » qui n’ont pas apporté un « grand succès ». L’obligation de résultat est de toute façon impérieuse.
 
Les assises des experts et ministres de la capitale congolaise, pendant 3 jours, constituent une opportunité d’échange d’expériences. Le bénéfice qui en découlerait devrait, pour ce qui concerne la RDC, permettre, au fil du temps, un enrichissement en ce qui concerne, entre autres, le renforcement des capacités au niveau local en matière de développement et de démocratie.
 
En tout état de cause le gain à tirer par notre pays est immense. Notre économie anémiée depuis plusieurs décennies en gagnerait pour impulser le développement durable. Il y a donc de quoi positiver en considérant qu’il y a plus d’avantages que de problèmes. Toute réforme, qu’elle soit politique, sociale, économique, financière… apporte son cortège de problèmes à résoudre.
 
La position géostratégique du pays concourt au soutien à apporter à l’intégration socio-économique des pays de la sous-région et particulièrement à la relance des activités de la sous-commission. Notre responsabilité est donc grande en ce moment où nous assurons la direction de la SADC. La réussite du plaidoyer de la RDC auprès des autres pays constituerait un point et crucial du bilan à présenter dans le cadre de la promotion de la décentralisation dans cette partie du continent.

C’est dire que le marketing politique fait par la RDC sur la décentralisation et ses mérites pour le développement durable de nos communautés vaut son pesant d’or. Car, l’option de la décentralisation ne saurait se comprendre en dehors d’une gouvernance qui n’opère pas avec la participation et la responsabilisation des unités de base.
 
Or, nous n’avons pas encore porté ce processus comme déclencheur du développement dans les entités territoriales décentralisées. D’où l’exhortation de toute l’élite congolaise à une mobilisation en faveur du regroupement de nos pays et particulièrement celui de leurs collectivités locales à coopérer dans leurs sphères de compétences respectives.

 Faustin Kuediasala/Le Potentiel


(TN/Ern./GW/Yes)