Le naufrage qui s’est produit dernièrement sur la rivière Kasaï dans la province du Bandundu ayant fait plus de 260 morts suscitent des débats sur la sécurité dans le transport fluvial congolais.
La baleinière qui a coulé sur la rivière Kasaï, dans la province du Bandundu, aurait plus de 260 personnes à son bord, selon Daniel Mayele, un des rescapés et gérant du bateau. D’après Albert Mumba, un des rescapés et commerçant sur le fleuve Congo, « nous étions nombreux dans cette baleinière et il y avait des passagers qui ont normalement payé leurs tickets et également beaucoup de passagers clandestins.
Pour lui, la cause de ce naufrage est la surcharge et la vétusté du bateau. Durant le voyage, le bateau a connu plusieurs pannes de moteur. Mais le capitaine nous a dit que tout ira bien, a-t-il affirmé. Le responsable de la police fluviale, Jolly Limengo, a affirmé que cette embarcation était en nette surcharge et n’a pas résisté au choc face à la force des remous. Il a en outre épinglé la vétusté du ferry.
Selon un responsable de la Régie des voies fluviales (RVF), le nombre exact de personnes qui voyageaient à bord de ce bateau n’était pas connu. « Parfois le nombre donné par le manifeste de bard est erroné. Car ce bateau transportait également beaucoup de passagers clandestins, a-t-il déclaré.
L’année dernière, plus de 2.000 personnes sont mortes dans des naufrages en RDC, a déclaré un responsable du service de la sécurité fluviale et maritime au ministère des Transports et Voies de Communication. En novembre 2009, plusieurs centaines de personnes ont été noyées par du naufrage d’un bateau de la société SODEFOR sur le lac Mai-Ndombe, dans la province du Bandundu. Le nombre exact de passagers qui se trouvaient à bord de ce bateau n’était pas connu.
Selon un responsable technique de la RFV, les principales causes des naufrages enregistrés en RDC sont la surcharge, la vétusté des matériels flottants (bateaux et ferry) qui pour la plupart datent de la période coloniale.
Le manque de matériels de balisage sur le fleuve Congo et ses affluents, l’inexpérience et le manque de formation du personnel navigant sont également parmi les causes ders accidents.
« A cela, il s’ajoute l’irresponsabilité des autorités politiques du domaine qui ont laissé le secteur de la navigation fluviale entre les mains des amateurs peu soucieux de la sécurité des passagers », estime ce responsable.
Pour nombreux observateurs, la corruption et l’impunité constituent aussi une des raisons de fréquents cas de naufrage enregistrés sur le fleuve Congo et ses affluents. Raymond Mohaka, opérateur économique du secteur fluvial, a dénoncé la pratique de la corruption qui gangrène le secteur de la navigation fluvial en RDC.
« Cette corruption se fait à un plus haut niveau. L’on se rappelle que l’ancien ministre des Transports, Mathieu Mpita, était impliqué l’année dernière dans la corruption qui a entouré l’achat d’un vieux bateau qui aura coûté la bagatelle de 35 millions de dollars américains. Ce bateau a fait naufrage avant même de naviguer. Mais malheureusement, il n’a pas été sanctionné, malgré son interpellation par l’Assemblée nationale », s’est-il indigné.
Apa
(GTM/Milor/GW/Yes)