Les délégués des Banques centrales membres du sous-comité macroéconomique du Comité des Gouverneurs des Banques centrales de la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC) qui sont en réunion à Kinshasa, doivent aboutir à la fin de leurs travaux, à des réponses appropriées aux questions que soulèvent la convergence des indicateurs macroéconomiques des économies de la Sous-région et les différentes réformes qui sont en cours de réalisation.

Ce qui favorisera des avancées sur le chemin de l’accélération du processus de l’intégration économique et monétaire tant recherchée.

M. Jean-Louis Kayembe wa Kayembe, Directeur général en charge de la politique monétaire et des opérations bancaires, a représenté le Gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC) à l’ouverture des travaux du sous-comité macroéconomique du Comité des Gouverneurs des pays membres de la SADC, qui ont ouvert leurs portes depuis hier mardi 03 août 2010 au Grand Hôtel Kinshasa.

Ces travaux sont organisés en vue de concourir à la réalisation des objectifs d’intégration des économies de la sous-région de la SADC et dont le rôle de monitoring à travers le suivi et l’évaluation du processus de convergence des indicateurs macroéconomique est assuré par le sous-comité.

En effet, le cadre de convergence mis en place ainsi que le train de mesures de réformes envisagées dans la perspective de l’intégration des économies de la Région visent à corriger les rigidités institutionnelles qui créent des déséquilibres macro-économiques majeurs et freinent la croissance dans bon nombre des pays membres.

« Le processus de convergence ainsi que les réformes structurelles vont permettre d’accroître dans les prochaines années le potentiel de croissance de nos pays, d’assurer la viabilité des mesures de stabilisation et de réduire progressivement la pauvreté de nos populations », a indiqué le Directeur général en charge de la politique monétaire et des opérations bancaires.

Et c’est dans cette optique que les Gouverneurs des Banques centrales membres de cette organisation ont défini les critères de convergence de 1er et 2eme rangs que le secrétariat suit et évaluent le niveau de réalisation à intervalle régulier.

Cette convergence est réputée constituée la condition préalable à l’émergence de l’intégration économique de toute la sous-région ; laquelle convergence constitue à son tour un préalable important à la mise en œuvre de différentes réformes de grande envergure, notamment celle relative à la mise en place de la Zone de libre échange, l’avènement à terme de la monnaie unique et d’une Institution tout aussi unique de gestion de cette monnaie. Des critères pour la sous-période 2009 – 2012.

Il sied de souligner que la réalisation des critères par l’ensemble des pays membres constitue une condition sine qua none de l’intégration économique tant recherchée.

Et ces critères fixent le taux d’inflation annuel à 5% ; le déficit public limité dans l’intervalle de 1,0% du PIB ; les réserves internationales qui ne doivent pas être inférieurs à six semaines des importations des biens et services ; la croissance du PIB réel qui doit se situer au tour de 7,0% en vue de favoriser l’accroissement du revenu par tête d’habitant dans la perspective d’atteindre l’objectif de réduction de la pauvreté d’ici l’horizon 2015 et le solde de la balance courante ne doit pas dépasser le seuil de 9,0% du PIB.

« A ce jour, la Rdc a un taux d’inflation annualisé de 8,14% et toute chose restant égale par ailleurs, nous pouvons arriver à un niveau d’inflation autour de 5% à la fin de l’année », a indiqué Jean-Louis Kayembe, qui ajoute que pour soutenir l’économie et la monnaie, le pays doit avoir un niveau supportable des réserves afin de faire face à un choc d’origine intérieur ou extérieur.
Il a aussi mentionné que quand un pays comme la Rdc a un déséquilibre extérieur, cela peut affecter l’économie en général. Le compte courant est donc un indicateur qui permet de voir le déséquilibre entre l’économie et le reste du monde.

Dans son discours, le Dg de la Banque centrale constate cependant qu’au sein de la Communauté régionale de la SADC, bon nombre des économies sont encore caractérisées par des disparités liées notamment au degré différents de développement des systèmes financiers lesquels induisent de divergences importantes dans le comportement de taux d’intérêts appliqués par les institutions financières et qui peuvent être à la base d’une mobilité à grande échelle des capitaux à l’effet de rendre plus ou moins instable les économies de la Sous-région.

« La présente réunion de votre Sous-comité pourrait offrir aux experts que vous êtes l’occasion d’examiner l’opportunité d’instaurer la détermination d’une certaine fourchette de fluctuation desdits taux d’intérêt comme critère de convergence de deuxième rang, afin de renforcer la promotion d’une profonde intégration économique en général, et monétaire en particulier », dit-il.

Poursuivre les réformes structurelles

Une Afrique sans murailles monétaires, offrant à ses peuples une monnaie unique, sera une Afrique où les facteurs de la croissance économique ne pourront jouer pleinement pour permettre aux Etats respectifs de relever les cinq défis majeurs au développement durable.

Pour ce faire, il faut que les Etats mettent l’accent sur la stimulation des échanges commerciaux intra SADC ; l’intégration de la Sous-région dans l’économie africaine et mondiale ; l’intégration financière ; la création de l’emploi et la lutte contre la pauvreté.

« Il n’y a que les membres du sous-comité macroéconomique qui devront relever le défi de la stabilité macroéconomique au sein de la SADC par des propositions des mesures réalistes, efficaces et adaptées aux spécificités de nos économiques, afin de promouvoir effectivement un développement harmonieux de l’Afrique Australe dans son ensemble », a mentionné le Dg Kayembe.

Pour sa part, le Président de la sous-commission macroéconomique a indiqué que les pays membres doivent faire un effort afin de doter la région d’une Banque centrale unique et d’une monnaie unique.

L’Avenir


(CL/PKF)