Les élections de 2011 auront bel est bien lieu ; cela vient d’être confirmé par le Chef de l’Etat, Joseph Kabila qui a promulgué la semaine passée la création de la commission électorale nationale indépendante (Ceni). Par ailleurs, les alliances politiques se bousculent vers une réorganisation.
La loi promulguant la création de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a été rendue publique au milieu de la semaine qui vient de s’achever. Elle entraînera la disparition de l’ancienne Commission électorale indépendante (CEI) avant longtemps.
L’évènement a l’origine duquel se trouve le président de la République vient de clarifier la situation politique à la veille de la fin de la première législature de la troisième République. Il y aura bel et bien des élections générales en 2011 en République démocratique du Congo.
Nonobstant cette certitude, l’assurance pour la RDC d’être comptée parmi les nations démocratiques, apparaît aux yeux des observateurs de la scène politique comme un signal fort qui réconforte l’ensemble de la communauté internationale, mais également les acteurs politiques congolais dont certains avaient fini par croire à leurs propres hypothèses de désistement.
Elle sonne comme un coup d’envoi du branle-bas de combat dans les états-majors des formalisons politiques qui piaffent d’impatience pour rentrer en lice. Techniquement, les élections de 2011 ne seront pas les sœurs jumelles des scrutins de 2006. Les analystes de la politique congolaise tirent cette conviction de la persistance de la fumée qui n’a pas cessé de se dégager de la marmite de la cohabitation au sein de l’Exécutif rd congolais depuis l’instauration des alliances nouées avant et pendant le second tour des élections il y a quatre ans.
Ainsi, beaucoup de partis politiques n’ont pas attendu l’annonce du chef de l’Etat pour commencer à peaufiner des stratégies de conquête ou de reconquête du pouvoir. La réorganisation qui se poursuit au sein du Parti du peuple pour la reconstruction elle a démocratie PPRD s’inscrit dans cette logique; ce parti fait au fil des jours la démonstration de sa vitalité en organisant des l’assemblements de sensibilisation à l’intention de ses militants et sympathisants potentiels à chaque occasion. Il serait injuste d’accuser ses ténors d’activisme politique préélectoral.
Le PPRD a compris que la politique est l’art des compromis; mais lorsque ceux-ci ne produisent pas les résultats escomptés, il vaut mieux chercher à réajuster le sur la cible pour se prémunir contre les mauvaises surprises, plutôt que de faire semblant d’avoir atteint la cible.
C’est notamment ce qu’a fait la gauche française au lendemain de la cohabitation Mitterrand-Chirac quinze ans plus tôt. Il est inutile d’affirmer en dépit du bon sens que la gouvernance a aussi bien marché en RDC que les accords passes en 2006 par les partis politiques qui constituent aujourd’hui l’AMP, en vue du report des voix sur le candidat Joseph Kabila au deuxième tour des scrutins.
Les responsables du PPRD eux-mêmes ne cachent plus aujourd’hui leur envie de se lancer dans la bataille électorale à venir dans le but de faire élire leur candidat majoritairement, et éviter d’avoir a composer avec des alliés plus ou moins imposes par les circonstances. Une communication politique tous azimuts, accompagnée d’actes concrets posés à l’endroit de la population, peut faciliter le succès.
Cette approche trouve un appui solide dans la personne de Joseph Kabila, a court sûr un des rares adeptes de l’eugénisme politique que la République démocratique du Congo ait produit au cours, de ces dix dernières années. Depuis qu’il s’est débarrassé de la pesanteur du lourd héritage du système 1+4 post négociations de Sun City, le chef de l’Etat s’affiche aux yeux du peuple congolais comme le redresseur de la nation.
La façon dont les travaux des cinq chantiers sont exécutés montre combien il peut sembler difficile de les réaliser sans lui. La classe politique congolaise a toujours été plus ou moins attentiste. Par conséquent, si aujourd’hui la RDC avait eu à sa tête un président complexé, ses projets de société auraient eu du mal à se matérialiser aussi facilement que les cinq chantiers de Joseph Kabila.
Bomela Tondo Malko/Uhuru
(GTM/Milor/GW/Yes)