Cette décision qui aurait dû entrer en vigueur à la date de la signature, avait été prorogée de trente jours en vue de permettre aux exploitants des comptoirs de cette matière première, de prendre les dispositions utiles en vue de se conformer aux nouvelles règles techniques pour l’exportation du diamant brut artisanal. Mais à la date convenue, les exploitants des comptoirs semblent toujours prêts pour appliquer la mesure.

Pour cette raison, ils ont décidé d’amorcer une grève qui devrait conduire à la suppression même de la mesure. Ainsi, depuis lundi, tous les comptoirs d’achat et d’exportation de cette matière précieuse ont décidé, comme entendu vendredi 31 juillet dernier, d’observer une grève (fermeture des établissements) à partir du 1er août 2010 jusqu’à ce qu’une solution satisfaisante soit trouvée.


Car, ils ne sont pas tous d’accord de respecter cette nouvelle procédure qui, pour eux, n’augmente en rien la valeur ajoutée du produit. Au contraire, la désoxydation représente pour eux une pie opération de nettoyage qui exige, au contraire, des frais supplémentaires en dehors des taxes existantes.

On rentre pratiquement à la discussion du départ. Ils prétendent que la désoxydation d’un diamant coûterait 2 dollars américains par carat. Ce qui est excessif, car, à Anvers (Belgique) ou il existe une maison qui fait le même travail, celle-ci fait payer, semble-t-il, 0,30 Usd par carat. Soit une différence de 1,70 Usd. Comment peut-on expliquer cette différenciation des prix ?, s’interrogent-ils.

La désoxydation du diamant, expliquent les diamantaires, devrait être un service facultatif pour celui qui le désire et non obligatoire et impose à tous les comptoirs.

Surtout que dans le cas de notre pays, c’est un privé qui vient offrir ce service et qui s’interpose entre les opérateurs de diamant et l’Etat congolais c’aurait été compréhensible si l’Etat pouvait confier ce travail au CEEC, qui est son service technique et compètent pour évaluer et éventuellement procéder à la désoxydation,  moindre coût, de tous les produits destinés à l’exportation.

La sécurité du produit, autre problème

Les exploitants des comptoirs des diamants obéissent, disent-ils, à une certaine traçabilité dans le processus qui s’opère avant l’exportation. En effet, à partir du comptoir, les diamants sont places sous une enveloppe scellée et inviolable du CEEC et sont transmis jusqu’au centre d’expertise qui en prend la responsabilité jusqu’au jour de l’exportation et s’en dessaisit au bas de l’avion.

Mais avec l’intermédiation dune tierce société, qui donc assumera désormais la responsabilité de la sécurité du cou ? Une question capitale qui mérite pour eux une réponse adéquate.

Par ailleurs, les exportateurs des diamants artisanaux soulignent que le caratage du diamant diminue après chaque opération de désoxydation. Une telle assertion est à vérifier auprès du laboratoire qui effectue les travaux de désoxydation. Dans le cas ou cette assertion pourrait se vérifier, il serait inutile d’exiger l’opération de la désoxydation.

Car, dans ce cas, qui peut accepter d’assumer ce manque à gagner qui correspond pratiquement à une perte ? Même pas le gouvernement.

Les comptoirs pensent encore que cette mesure pourrait bien s’appliquer à partir de la base, c’est-à-dire, que l’Etat exige aux vendeurs du diamant artisanal de faire layer leurs diamants avant de les présenter aux comptoirs. Une démarche qui ne sera, sans doute pas acceptée, mais qui, au contraire risque de relancer la fraude à grande échelle.

Conclusion, le principe de la désoxydation n’est pas accepté. Pour ne pas tomber dans une des erreurs du passé où l’Etat avait confié le monopole d’achat et d’exportation du diamant à la société idi-Congo, il est temps de prévenir la fraude qui peut déjà, par ce temps de grève, être relancée via les pays frontaliers comme cela s’est vu des années précédentes. Nous y reviendrons avec force détails.

Uhuru


(Milor/CL/PKF)