La CENCO salue la décision du gouvernement américain relative à l’adoption de la loi sur l’exploitation des minerais de sang en RDC. Au cours d’un point de presse tenue, lundi le 2 août, au Centre interdiocésain de la Gombe, Mgr Nicolas Djomo, président de la CENCO, a salué la promulgation de la loi 4173 du Congrès américain relative aux minerais de sang qui alimentent les conflits congolais. Il s’agit là, a-t-il souligné, d’un signe clair de la solidarité du gouvernement américain au peuple congolais.

A cette occasion, le pré­lat congolais a tenu à « remer­cier le gouvernement améri­cain, et à travers lui la cham­bre de représentants et le Sénat, pour avoir adopté ces dis­positions de loi concernant l’exploitation des ressources naturelles, spécialement sur les minerais qui alimentent les conflits dans l’Est de la RDC et dans la région des Grands Lacs ». Avant de remercier tous ceux qui ont appuyé l’adoption de cette loi ; notamment la Con­férence des évêques catholiques des USA et le Catholic Relief Services (CRS) dont Jennifer Georges Poidatz est la représen­tante en RDC. Pour la CENCO, le rapport du Groupe d’experts de l’Onu implique 11 pays afri­cains transitaires et 17 pays des­tinataires des ressources naturel­les de la RDC.

A rappeler qu’en 2007, la CENCO avait mis en place une Commission ad hoc pour les res­sources naturelles (CERN), or­gane technique d’études chargé de suivre toutes les questions in­hérentes à l’exploitation des res­sources naturelles, de proposer des alternatives et des actions en vue d’une gestion desdites res­sources qui tiennent compte du respect des droits humains et de l’équilibre de l’environnement. Les activités de lobbying de la CENCO, en concertation avec le clergé catholique américain et le CRS a permis au séna­teur Sam Brownback, un catho­lique de Kasans que Mgr Djomo a rencontré personnellement en mai 2009 de voter le projet de loi « Congo conflit minéral act ». En 2009, la CENCO avait adressé une lettre au prési­dent de la Conférence des évê­ques américains pour soutenir ce plaidoyer afin qu’elle sensibilise les milieux politiques américains et les milieux de l’Eglise aux USA.

Que va-t-il se passer après ?

Après avoir impliqué certai­nes institutions internationales dans cette lutte menée d’une façon discrète et convaincue de la responsabilité de la communauté internationale, sans nier la hon­teuse et tragique complicité de certains dirigeants locaux, dans l’exploitation abusive des res­sources naturelles de la RDC, la CENCO a relevé quelques défis soulevés par l’adoption de cette loi. Une étape a été franchie et une nouvelle commence, a souli­gné le président de la CENCO.

L’on doit poursuivre le ren­forcement du processus démo­cratique et la bonne gouvernance en RDC dont l’effort a commencé par l’assainissement du climat des affaires. Mgr Djomo a dit que la CENCO encoura­gera et renforcera les mesures économiques prises sur la trans­parence et la traçabilité dans les industries extractives, les initiati­ves de certification des minerais et l’instauration des centres de négoce. Il a ajouté que le pays ne saura sécuriser ses ressour­ces « sans une armée vraiment républicaine capable de dé­fendre la sécurité de ses habi­tants et l’intégrité contre les projets persistants de sa balkanisation ».

Ceci implique l’achè­vement de la réforme de l’ar­mée, de la police et des services de sécurité. La CENCO encou­rage le gouvernement à poursui­vre les efforts. Il est question d’examiner le chronogramme de l’application de la loi américaine et prendre des arrêtés qui com­pléteraient les efforts de trans­parence initiés en RDC et l’élan de solidarité exprimé par la loi américaine. Par ailleurs, la CENCO a promis de poursuivre son plai­doyer au niveau de la région à travers l’Association des conférences épiscopales de l’Afri­que centrale et compte contri­buer à l’élaboration d’une carto­graphie des zones concernées par les conflits.

Eyenga Sana/Le Potentiel


(TN/TH/Yes)