Le livre jette un regard critique sur le pouvoir de Kinshasa. Męme s'il n'y a pas de commune mesure entre les violations des droits ŕ l'Est et ŕ l'Ouest dans le territoire sous contrôle gouvernemental, l'on ne peut passer sous silence un nombre d'abus favorisé par l'état de belligérance.
L'Association pour la Renaissance du Congo (Rdc) vient de lancer sur le marché du livre l'ouvrage intitulé: « L'Eglise profanée: chronique des violations des droits du clergé pendant la guerre d'agression 1998-2000 ». Cette oeuvre, réalisée sous la direction de M. Christian Hemedi- Bayolo, président de l'Arc et publiée par les éditions Concordia, a le mérite de condenser et de porter ŕ la connaissance d'un Public plus large le calvaire de l'Eglise et de ses pasteurs durant la guerre actuelle.
« Cette humiliation d'un peuple jusque dans ses sanctuaires s'actualise dans les territoires occupés par les forces d'agression en terme de volonté des agresseurs d'anéantir les Eglises, les pasteurs et les fidčles. La longue liste de violation des droits vient confirmer cette appréhension, dont les informations sur les tortures, coups et blessures et autres traitements inhumains, humiliants et dégradants infliges aux hommes de Dieu ne sont que la tęte de l'iceberg en comparaison avec ce que nous ne connaissons pas encore sur les assassinats, souligne Rigobert Minani, représentant du Groupe Jéremie du Réseau des Ong des droits de l'homme et d'éducation civique d'inspiration chrétienne (Rdohecic).
Paraphrasant Mgr Kataliko, le préfacier souligne que la volonté de l'occupant est de « détruire tout ce qui est considéré par le peuple comme sacré ». Le but visé serait alors de soumettre une population qui, une fois sans défense physique, morale et spirituelle, serait corvéable ŕ dessein.
L'ouvrage de M. Hemedi renseigne que l'idéologie ŕ la base de tels forfaits est un « criminel travail de sape du noyau autour duquel se construisent la cohésion et l'identité communautaires de nos populations ». Comme on le voit, l'objectif ultime de la guerre actuelle est plus ignoble que l'on ne le pense.
Le livre jette par ailleurs un regard critique sur le pouvoir de Kinshasa. Męme s'il n'y a pas de commune mesure entre les violations des droits ŕ l'Est et ŕ l'Ouest dans le territoire sous contrôle gouvernemental, l'on peut passer sous silence un certain nombre d'abus favorisés par l'état de belligérance. A partir de Kinshasa, peut-on lire, les visées sont autres. C'est souvent un refus de voir l'Eglise pręcher la modération. Une tentative d'empęcher le clergé et l'Eglise d'ętre la conscience de la population, la lumičre du monde.
Le traitement dégradant infligé ŕ un certain nombre d'hommes de Dieu, mais aussi les bombardements sans discernement des Eglises, sous prétexte que les envahisseur s'y cachent, le pillage éhonté des paroisses, cures évęchés, centres de santé, oeuvres de développement oů des représailles sur lés civils innocents accusés de complicité avec la rébellion sont autant de dérives dont parle le livre.
Pour l'observateur, ce travail paraît ętre une innovation. Il est le produit d'un travail de synthčse, thématique de plusieurs rapports sur la situation des droits de l'homme en Rdc. Le livre se veut un document de référence pour les organisations de droit de l'homme, tant nationales qu'internationales, et pourrait servir dans le cadre du tribunal international sur la Rdc qui pourrait ętre mis en place dans les prochains jours conformément ŕ la volonté des délégués des forces vives aux travaux du Dialogue intercongolais.
Pour rappel, l'Arc est une Ong indépendante de promotion et de défense des droits de la personne humaine créée en 1997.