Dans la culture africaine, la parole occupe une place de choix dans l’arbre à palabre. Le plus souvent, elle contribue à la résolution de plusieurs conflits communautaires à la place du langage des armes. Cette parole a été immortalisée à travers la 10ème édition de la Rencontre des Conteurs et griots organisée récemment.

Avant la grande fête de la clôture, les artistes participants ont procédé à une évaluation de RCG 2010.

C’est dans cette ambiance que la rédaction a procédé à un entretien avec l’artiste conteur et poète, Emile Kwizera qui à l’issue de ce festival, a représenté le Burundi aux côtés de son compatriote Mathias Mijuriro.

L’orateur estime que la parole constitue un moyen indispensable à la résolution des conflits en Afrique et particulièrement dans la région des Grands lacs partant de la tradition africaine.

Pour Emile Kwizera, ce festival trouve sa raison d’être dans la mesure où il contribue aussi à la pérennisation de l’art de la parole, gage de la culture de la paix dans les Grands lacs.

Invité par la Compagnie Tam-­tam à participer à la 10ème édition de RCG 2010 du 15 au 31 mai 2010, Emile Kwizera s’est félicité du déroulement de cette rencontre des artistes d’une dizaine de pays d’Afrique et du Monde en général.

Cette satisfaction tient lieu à leur rencontre avec d’autres artistes africains. Ce choc de culture avec d’autres traditions des sociétés africaines leur a permis de se mûrir encore davantage en termes d’art de la parole.

Ces deux artistes burundais ont eu à savourer avec intérêt, non seulement les mets congolais, mais surtout le patrimoine culturel qui se trouve derrière les talents de chaque artiste festivalier.

Ceux-ci, du reste, mettent en évidence à la fois le commun et la diversité du patrimoine culturel africain, a noté Emile Kwizera.

Leçon à tirer.

La culture, c’est le miroir de la société. De ce fait, Emile Kwizera et Mathias Mijuriro, à travers leur prestation ont conscientisé l’assistance sur la déviation comportementale à laquelle peut conduire à la longue, l’abus de l’alcool dans les communautés africaines en général.

Dans leur spectacle, ils ont décrié ce chapelet d’irresponsabilité qui pèse sur les personnes ivrognes ou encore buveurs invétérés.

Ils ont prêché la modération dans la consommation de la bière pour éviter des dépenses excessives dans l’organisation du foyer.

Emile Kwizera a caricaturé une personne obsédée de la bière qui a noyé son salaire dans un verre de bière en compagnie de ses amis.

Fauché, cette personne s’est vue abandonnée par ses amis. Il s’est retrouvé confronté à de dures réalités dans son foyer.

La leçon c’est de réfléchir à l’avenir avant d’entamer une autre bouteille de bière de peur de se retrouver face à face avec la pauvreté.

Le conte, une réalité dans la tradition burundaise

Le conte occupe aussi une place de choix dans la tradition burundaise comme celle d’autres pays africains.

L’école familiale du soir constitue une illustration de cette tradition africaine au Burundi.

Au niveau du ministère de la culture de ce pays des Grands lacs, il est organisé, chaque année, un festival national de la culture, mais le conte n’est pas pris en compte.

Pour Emile Kwizera et Ma­thias Mijuriro, ce festival a constitué une première expérience dans le domaine de conte.

Ils sont sortis aguerris par le perfectionnement qu’ils ont pu acquérir au niveau des ateliers et échanges avec d’autres artistes invités.

Partant de son expérience de ce festival, Emile Kwizera compte contribuer au rayonnement du conte au niveau de son pays à l’échelle d’un festival exclusif comme la RCG en RD Congo.

Pour la petite histoire, Emile Kwizera est né à Muramvya, ancien domaine royal, au centre du Burundi.

Il est à Bujumbura par son nom de scène, « Kinyange », plus en tant que poète. C’est depuis 1987 qu’il est sur scène en tant qu’artiste professionnel.

Son compagnon, Mathias Mijuriro, il chante en Kirundi (ndlr: langue maternelle et nationale) et joue le likembe et l’umuduri.

Il a voyagé dans une trentaine de pays à travers le monde. C’est depuis 1981 qu’il a débuté sa carrière en tant qu’artiste professionnel.

Saint Hervé M’Buy/Uhuru


(Tkm/BT/PKF)