Pour mettre fin à la controverse des chiffres autour de l’allégement de la dette de la Rdc, le Premier ministre Adolphe Muzito a dépêché devant la presse son directeur de cabinet adjoint en charge de suivi des programmes avec les IWB.
Plus de confusion sur le montant réellement annulé le 1er juillet 2010 à l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE. Il n’y aura donc plus de controverse sur le sujet, pense le Premier ministre, Adolphe Muzito, qui a dépêché hier mercredi devant la presse son directeur de cabinet adjoint en charge de suivi des programmes avec les institutions de Bretton Woods pour lever toute équivoque sur le sujet.
Depuis l’atteinte le 1er juillet 2010 du point d’achèvement de l’initiative de réduction de la dette en faveur des pays pauvres très endettés (I-PPTE), plusieurs chiffres ont circulé sur le montant de la dette annulée à l’issue des Conseils d’administration du FMI et de la Banque mondiale.
S’il est vrai que le montant annulé dépassait les 10 milliards Usd, de profondes divergences sont apparues sur la hauteur exacte de ce montant. Aussi, pour éviter toute forme de confusion à ce sujet, le Premier ministre, Adolphe Muzito, a dépêché hier mercredi 28 juillet son directeur de cabinet adjoint en charge de suivi de programmes avec les IBW, Jean-Claude Nachega pour lever toute forme de voile sur le sujet.
Après sa prestation devant la presse, l’on en sait un peu plus sur la portée des chiffres repris dans le communiqué conjoint publié le 1er juillet 2010 par le FMI et la Banque mondiale. Tout comme, plus de doute possible sur le montant exact consenti en terme d’allégement de la dette par ces deux institutions.
Ces précisions du gouvernement ont donc l’avantage de mettre fin à la distraction qui couvait dans une bonne partie de la population congolaise, concernant les avantages financiers réels obtenus au point d’achèvement de l’I-PPTE.
Le gouvernement se devait donc de clarifier le débat pour éviter que la confusion ne se généralise dans l’opinion publique. Le chiffre exact de la dette annulée étant désormais connue, il n’y a donc de raison de s’attarder sur un débat vidé de sa substance.
L’essentiel aujourd’hui est de tourner les regards vers le futur en ayant pour seule priorité la poursuite de grands travaux de reconstruction.
Jean-Claude Nachega pense que le moment ne prête pas à une quelconque forme de distraction, la RDC ayant obtenu un avantage en termes de réduction que nul autre pays inscrit à l’I-PPTE n’a obtenu avant. « Il s’agit, note-t-il, du plus grand allègement de dette dont n’ait jamais bénéficié un pays dans le cadre de ces deux initiatives (IPPTE et IADM) ».
Voici en intégralité le contenu de la conférence de presse animée par Jean-Claude Nachega.
Point de presse du Dircaba, J.C. Nachega, sur le point d’achèvement (les chiffres)
« Comment l’atteinte du point d’achèvement a-t-elle affecté le niveau et la structure à la fois du stock et du service de la dette de la RD Congo ?
La RD Congo a bénéficié d’allègements significatifs à la fois du stock et du service de sa dette publique extérieure.
Le stock de la dette extérieure, estimé à 13,704.9 milliards de dollars américains, représentant 125 pourcent du PIB, à fin décembre 2009, a diminué pour s’établir à 2,931 milliards de dollars américains, représentant 24 pourcent du PIB, à la fin de cette année 2010.
L’allègement du stock de la dette est donc d’environ 80 pourcent, soit 10,774 milliards de dollars américains, dont : 491 millions de dollars américains de la part du FMI ; 1,832 milliard de dollars américains de la Banque Mondiale (AID) ; environ 7,4 milliards de dollars américains de la part des pays bilatéraux membres du Club de Paris Etats-Unis, France, Belgique, ...) ; et le reste provenant de créanciers bilatéraux non membres du Club de Paris (Serbie et Monténégro, Koweït, Taiwan-province de la Chine, Arabie Saoudite ...) et des commerciaux (dont Club de Londres).
L’allègement total (au fil des ans) du service nominal de la dette (principal plus intérêts) est de 12,3 milliards de dollars américains dont : 11,1 milliards de dollars américains au titre de l’initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) ; et 1,2 milliards de dollars EU au titre de l’initiative d’allègement de la dette multilatérale (IADM). N.B: Il s’agit du plus grand allègement de dette dont n’ait jamais bénéficié un pays dans le cadre de ces deux initiatives (IPPTE et IADM) ».
Le Trésor américain en consultation chez Adolphe Muzito
La dette extérieure est certes annulée. Mais, pas toute la dette. Car, une partie, soit 2,931 milliards dollars américains, selon les derniers chiffres du gouvernement, reste encore exigible auprès de divers créanciers de la RDC, principalement ceux réunis au sein du Club de Paris. Il y a donc des échéances que la RDC devra honorer dans les prochains mois.
Pour éviter toute surprise désagréable, le Premier ministre, Adolphe a résolu d’approcher les créanciers de la RDC pour se mettre d’accord sur un échéancier réaliste. Déjà en octobre prochain, les créanciers de la RDC, regroupés au sein du Club de Paris, devaient avoir des discussions directes sur la question.
C’est dans la perspective de ces négociations de Paris qu’il faut, entre autres, situer la présence à Kinshasa d’une délégation du Trésor américain.
Le Premier ministre, Adolphe Muzito, a donc conféré le mardi 27 juillet 2010 avec cette délégation américaine du Trésor, en séjour à Kinshasa dans le cadre de différents contacts avec le gouvernement, la Société civile et les institutions financières au sujet de la dette de la RDC envers le Club de Paris en général, les Etats-Unis particulièrement. La délégation américaine était conduite par John C. Hurley, haut fonctionnaire au Trésor américain.
Ses contacts avec les autorités congolaises, rapportait l’Agence Chine nouvelle, sont pris dans la perspective de la réunion du mois d’octobre prochain du Club de Paris, au cours de laquelle sera négocié un accord bilatéral sur la dette de la RDC. Il s’agira concrètement, note la source, de discuter des termes de cette dette, le plus tôt possible.
Avant l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE, la dette détenue par la RDC auprès du Club de Paris représentait en valeur actuelle nette près de 6,2 milliards de dollars américains, soit 22,6% du stock total de la dette de la RDC.
Bref rappel
La dernière fois que les créanciers du Club de Paris se sont penchés sur le dossier RDC date du 25 février 2010. A cette occasion, ils s’étaient convenus avec le gouvernement d’un accord de restructuration de la dette publique extérieure de la RDC, suite à l’approbation le 11 décembre 2009 par le FMI d’un nouvel arrangement de trois ans au titre de la Facilité de Crédit Elargie.
Cet accord avait été conclu selon les termes dits « de Cologne » élaborés par les créanciers du Club de Paris en vue de la mise en œuvre de l’effort intérimaire de l’initiative PPTE. Il traite environ 2.957 millions de dollars de dettes (arriérés et échéances) et conduit à l’annulation de 1.310 millions de dollars et au rééchelonnement d’environ 1.647 millions de dollars, durant la période du programme du FMI.
A titre exceptionnel, au vu de la capacité de paiement limitée de la RDC, les créanciers avaient également accepté de différer après le 1er juillet 2012 le remboursement des échéances dues par la RDC sur sa dette court terme et post date butoir, ainsi que sur une partie significative des arriérés sur ces créances. Ils ont également convenu de différer tous les intérêts dus sur les montants traités. Ces mesures devraient permettre de réduire de 97% le service de la dette due par la RDC aux créanciers du Club de Paris entre le 1er juillet 2009 et le 30 juin 2012.
De son côté, la RDC s’était engagée à affecter les sommes auxquelles les créanciers du Club de Paris ont renoncé aux objectifs prioritaires identifiés dans le cadre de son document stratégique de réduction de la pauvreté. La RDC s’est également engagée à rechercher un traitement comparable de la part de ses créanciers non membres du Club de Paris.
Le Potentiel
(TN/Milor/GW/Yes)