Abandonnés à leur triste sort après de bons et loyaux services rendus à la nation, les retraités de l’Etat en RDC préoccupent les bailleurs de fonds. Après le Pnud, c’est la Banque mondiale qui vient à leur rescousse.
A l’issue de l’audience que lui a accordée le vice-Premier ministre et ministre de l’Emploi, du Travail et de la Prévoyance sociale, le mercredi 14 juillet 2010, la directrice des opérations de la Banque mondiale, Marie-Françoise Marie-Nelly, a fait savoir que son institution est prête à financer le départ à la retraite des agents et fonctionnaires de l’Etat en République démocratique du Congo.
Bien que le montant global contenu dans l’enveloppe n’ait pas été révélé, les deux personnalités se sont accordées à présenter, d’une manière générale, le programme de mise à la retraite des fonctionnaires ayant atteint l’âge.
Misère indescriptible
Depuis l’avènement de son indépendance, la République démocratique du Congo n’honore pas les agents et fonctionnaires retraités de l’Administration publique. Aussitôt signifiés, ces derniers se déclarent des candidats à la mort précoce. Et pour cause.
Les indemnités de sortie leur octroyées sont, non seulement insignifiantes, mais aussi impayées. Conséquence : bon nombre d’entre eux vivent dans une misère indescriptible. Conscients de ne pas avoir une suite favorable, ils trouvent inopportun d’entreprendre une quelconque démarche. Tout espoir est perdu pour ces personnes qui ont rendu d’énormes services au pays.
Cette situation ne préoccupe pas les dirigeants de la RDC habitués à se servir. Pour preuve, avant la Banque mondiale, c’est le Pnud qui avait annoncé les couleurs. Retraités en cette période, les secrétaires généraux qui devaient en être les premiers bénéficiaires continuent à broyer du noir jusqu’à ce jour.
Que des concertations n’ont-ils pas organisé entre eux pour faire entendre leurs voix ? Tous les mémos adressés aux autorités compétentes sont restés lettre morte.
Ne sachant plus à quel saint se vouer, beaucoup d’entre eux ont capitulé. Qu’a-t-on alors fait du financement du Pnud ? C’est la question que se pose plus d’un observateur.
Redorer l’image du retraite
L’année 2010 décrétée « année du social » par le président de la République, il revient au gouvernement congolais de redorer l’image de l’agent et fonctionnaire de l’Etat retraité. Si hier, le financement du Pnud n’a pas été bien géré, il ne faut pas qu’il en soit ainsi avec la Banque mondiale. Autrement, la République démocratique du Congo risque de se décrédibiliser vis-à-vis de ses partenaires.
En outre, nous apprenons que la question des retraités de l’administration publique a été prise en compte dans le protocole d’accord signé, le 15 juillet dernier, entre l’Intersyndicale du secteur public et le gouvernement. Le président du Sygeminfin (Syndicat général paraétatique finances et banque) qui animait une conférence de presse à ce propos s’est indigné du mauvais traitement infligé aux agents et fonctionnaires de l’Etat.
Cette convention stipule : le secrétaire général en retraite, par exemple, ne touchera que 5.986 Fc. Le directeur n’aura que 5.028 Fc, tandis que le chef de division, lui, ne bénéficiera que de 4.848 Fc. Et, le huissier, 799 Fc.
Concrètement, peut-on seulement nouer les deux bouts du mois avec un tel montant? Lorsqu’on sait pertinemment que ces salaires ne seront même pas payés régulièrement. S’il tient à sa crédibilité, le gouvernement a tout intérêt d’améliorer les conditions de vie des retraités dont il est l’employeur.
Le Potentiel
(CL/PKF)