Appelées à maximiser les recettes, les régies financières battent de l’aile à un certain niveau à cause de la fraude qui y sévit à vaste l’échelle. Aucun secteur n’est autant soumis à la maffia que celui des régies financières. Chaque jour, des dizaines de milliers de dollars se volatilisent à travers les différents postes de contrôle du pays. Et il faut dire que grâce à plusieurs complicités internes et externes, la fraude bénéficie de toutes les couvertures voulues.

Mais tant va la cruche à l’eau qu’elle finit par se casser. Un réseau maffieux a été démantelé au port de Boma. Sévissant depuis plusieurs années, il délivrait de faux documents avec sceau de l’Office congolais de contrôle (Occ) et de certains services opérant au port. Les acteurs de ce réseau possèdent des, imprimés de valeur de toutes les régies financières avec leurs sceaux!

Ils délivrent ainsi des documents parallèles aux opérateurs économiques qui, de bonne foi, s’acquittent de toutes les obligations fiscales exigées. Devant les différents guichets officiels de contrôle, ces documents falsifiés réussissent à tromper la vigilance des agents de l’Etat. Plusieurs analystes de la situation refusent de croire en cette version. Les faux documents ne réussissent pas à tromper les agents de contrôle. Il y a plutôt complicité agissante à plusieurs niveaux, soutient-on, car sans cela, il y a vraiment longtemps que le réseau maffieux aurait été démantelé.

Pour l’heure, il est utile de signaler, au compte de la Tolérance zéro, que deux principaux responsables du fameux réseau et certains agents de l’Occ ont été arrêtés pour faux et usage de faux, mais le plus dramatique reste que ce réseau n’en est pas à son premier forfait. Il s’agit plutôt d’une pratique ancrée longtemps dans le temps. Une source crédible de la DGDA, ex-Ofida, a confirmé le fait. Il a clairement dit que les membres de ce réseau sont des récidivistes. En 2008 et 2009, son office avait ordonné l’arrestation de ces fraudeurs pour les mêmes accusations. Malheureusement et à son grand étonnement, ces derniers ont été relâchés pour des raisons qui demeurent encore obscures.

La mise en garde

La situation’ survenue à Boma n’est pas un fait isolé. C’est plutôt un cas symptomatique du mal qui gangrène le secteur des régies financières au pays. A Kasumbalesa au Katanga, comme à Matadi au Bas-Congo, des réseaux de ce genre, tout aussi actifs, et de loin plus virulents, opèrent.

Le coup de filet opéré à Boma doit servir de leitmotiv en vue d’une vaste campagne de démantèlement des autres réseaux opérant dans le Bas-Congo et au Katanga. Et c’est aussi l’occasion de faire appliquer la mesure gouvernementale qui, il y a déjà plusieurs années, avait réduit le nombre des services au niveau des ports, aéroports et différents postes frontaliers. Il faut dire que la pléthore des services favorise la fraude. Les hommes en uniforme usant le plus souvent d’intimidation et étant impliqués dans la filière. De toutes les façons, le Premier ministre Adolphe Muzito a prévenu dernièrement nul ne sera à l’abri de la Tolérance zéro.

Le Palmarès


(DN/TH/GW/Yes)