A quelques mois de la date du 31 décembre 2010 quant à la présentation de la situation patrimoniale des entreprises transformées, il s'observe une agitation avec l'annonce d'une imminente mise en place de nouveaux mandataires au sein de ces entreprises. Si les choses se précisent dans ce sens là, elles vont servir de vaches à lait aux différentes formations politiques. C'est pourquoi, des "roitelets" ne jurent qu'à sauter sur l'occasion afin de se refaire une véritable santé financière en prélude des élections 2011 qui pointent déjà à l'horizon.

Mais au-delà de ce chambardement annoncé, du reste sans fondement juridique réel, moins encore managérial, le commun des mortels congolais s'interroge sur l'opportunité de cette énième mise en place.
 
En effet, le débat sur la désignation des mandataires à travers le concours organisé par le Comité de pilotage de la réforme des entreprises du portefeuille (COPIREP) était déjà clos. Et que le COPIREP s'était longuement attardé sur le processus de transformation des entreprises publiques en sociétés commerciales. Ce qui s'est soldé par la prorogation, jusqu'au 31 décembre 2010 de la présentation de la situation patrimoniale des entreprises transformées. Mais voilà que subitement, l'on fait état de la volonté de la tutelle d'opérer des changements au sein de ces sociétés d'Etat.
Servir des copains.

Cela pouvait passer sans commentaire de notre part, si l'expérience en cours n'avait donné les résultats satisfaisants. Les mandataires recrutés sur base d'un concours organisé par le même COPIREP, la gestion a répondu aux critères de bonne gouvernance/ Mais hélas, le chambardement annoncé imminent démontre cette volonté de semer la zizanie.

A Kinshasa, comme partout ailleurs, l'on argue que l'objectif de ce chambardement vise tout simplement à servir des copains, en lieu et place de l'efficacité et de la compétitivité. Pour ce, des partis politiques affûtent déjà leurs armes. Des noms, aussi ridicules les uns que les autres sont avancés. Ceux-là même qui ont trempé sous peu dans la gabegie financière sont cités.

Tout porte à croire qu'une nouvelle mise en place des mandataires dans les entreprises les plus juteuses du portefeuille de l'Etat ne vise qu'à caser les siens recrutés au sein des formations politiques et ainsi leur donner l'occasion de se refaire une bonne santé financière, élections 2011 obligent !

Mais les esprits les plus lucides pensent que cette mise en place va entraîner de lourdes conséquences dans la mesure où elle ne fera qu'asphyxier davantage les entreprises publiques dont la plupart se trouvent dans un coma profond, frôlant même la faillite.

Tout se passe comme si la réforme des entreprises publiques, conçues au travers de quatre lois du 7 juillet 2008 et réaffirmées dans le décret du 24 avril 2009, n'aura été qu'un coup d'épée dans l'eau. Les partisans de ce chambardement " hic et nunc " ont la mémoire courte pour ne pas se remémorer qu'en 2007, pour des motivations presque semblables, le gouvernement avait dû recourir au COPIREP pour l'organisation d'un concours de recrutement de mandataires publics.

Sur plus de 6.000 candidats inscrits pour prendre part à la course, au terme de cet " examen de passage", Joseph Kabila avait sanctionné la nomination de plus méritants à des postes clés des entreprises publiques dans l'ordonnance signée le 12 janvier 2008.

Cette nomination des mandataires par voie de concours s'inscrivait dans la droite ligne de la volonté politique et de l'engagement du chef de l'Etat, Joseph Kabila et du Premier ministre de l'époque, le patriarche Antoine Gizenga Fundji, en faveur de la promotion de la culture de la bonne gouvernance. A-t-on tout oublié ?

Pour tout dire, à la date du 31 décembre 2010, il s'avère inopportun d'opérer des changements au sein de ces entreprises publiques car il portera un coup dur au processus de transformation des entreprises publiques. A moins qu'on veuille mettre toutes ces entreprises sous la coupe réglée des animateurs des partis politiques.

Willy K./L’Observateur


(DN/TH/GW/Yes)