Une particulière et très significative cérémonie a été organisée vendredi dernier au quartier Ndjili de Kinshasa par les responsables de la fédération provinciale du Parti Union pour le développement du Congo (UDCO) à l’occasion de la présentation de la Coupe remportée par l’équipe féminine Nzango de cette formation politique à la récente compétition du cadre du jubilé d’or du cinquantenaire de l’indépendance de la RDC.

La manifestation présidée par le président national et coordonateur des activités de l’UDCO, le ci-devant leader Banza Mukalay Nsungu, a rassemblé le gotha de la direction nationale, de nombreux cadres à différents échelons et évidemment des membres de toutes les structures d’animation politique et idéologique du parti dans une ambiance des réjouissances populaires sous le coup du succès de l’exploit de la victoire célébrée.

Toutes les adresses à l’inoubliable événement étaient prononcées sous des retentissants vivats des slogans ci-après « Changement des mentalités, amour de la patrie, travail, travail, travail ! » clamés à tue-tête par une assistance euphorique. Ces discours ont circonscrit à l’unanimité l’hommage à la volonté et au courage élevés en valeurs qui conduisent au véritable épanouissement de l’homme et de la société par opposition à la course effrénée vers les biens matériels et leur maître, l’argent-roi.

La pertinente de ce message en pleine campagne de « tolérance zéro » a été ressortie dans le discours le plus remarqué, celui prononcé par le président national de l’UDCO, M. Banza Mukalay. Celui-ci était, outre l’adresse du président fédéral Masi a Mbongo qui l’a introduit, précédé par une autre et brillante allocution d’une représentante des joueuses lauréates. Cette oratrice a captivé l’attention de l’assistance quand elle a expliqué les circonstances dans lesquelles a été réalisé l’exploit à l’honneur. Voici d’abord quelques extraits édifiants de cette communication.      

Victoire confirmant la primauté de l’amour, de la volonté et du travail !

« Après avoir adhéré à l’UDCO, nous, femmes et membres de la Fédération de Kinshasa, avons également jugé utile de nous organiser au sein du Parti en quelques organisations féminines. Il s’agit à ce jour des Mamans Nzango, des Mamans maraîchères, des Mamans vendeuses, des Mamans travailleuses et des Mamans veuves de l’UDCO Kinshasa. Ces organisations constituent pour nous des instruments de propagande et d’implantation du Parti. La fête de ce jour concerne une de ces organisations, à savoir : le Club pilote des Mamans Nzango de l’UDCO/Kinshasa au sein duquel se trouvent quelques membres des autres organisations  

Après avoir reçu l’avis favorable de l’honorable président fédéral du part, l’Honorable Mpasi a Mbongo Dora Michel, le Club pilote des Mamans Nzango de l’UDCO a vu le jour et a commencé ses entraînements. Petit à petit et grâce à la volonté et à l’amour dont ses membres s’étaient armés pour être au service du parti, le Club a fait du chemin et malgré la défection en son sein de certaines joueuses qui avaient été détournées au profit des Clubs Nzango des partis politiques dont nous taisons les noms.

« Malgré cela, une fois informée de son existence et ses entraînements, l’Entente Kinshasa Ouest des Mamans Nzango Moderne a associé le Club des Mamans Nzango de l’UDCO/Kinshasa au tournoi « Nzango Moderne » organisé dans le cadre du jubilé d’or du Cinquantenaire de l’indépendance de notre pays

« Signalons en passant qu’au cours de cette compétition, les Mamans Nzango de l’UDCO se sont retrouvées avec des moyens financiers du bord, face aux équipes bien nanties dont les joueuses arrivaient chacune au volant de son véhicule. Les Mamans Nzango de l’UDCO avaient même été qualifiées de « Biloko ya mike mike » (des petites choses) par les unes et de « Biloko moko ezanga tina » (des riens inutiles) par les autres.

« Mais, grâce à la volonté et à l’amour sans cesse prônés par l’honorable président fédéral Mpasi a Mbongo Dora Michel, le Club pilote des Mamans Nzango de l’UDCO/Kinshasa est arrivée, avec les éliminatoires, en finale pour, en fait, sortir vice-champion, en rapportant la 2ème Coupe de la compétition.

« Petite et jeune donc au départ, l’équipe Nzango de l’UDCO/Kinshasa a été reconnue grande formation au terme de cette victoire. Point n’est besoin de faire remarquer que cette victoire est le fruit des grands sacrifices et privations consentis un mois durant. En effet, parmi les joueuses du club pilote il y a des travailleuses, des vendeuses, des maraîchères, des femmes mariées et des jeunes.

« Les travailleuses ont eu à perturber leurs horaires de travail ; les vendeuses qui vivent au quotidien de leurs ventes ont sacrifié leurs foyers ; les maraîchères dont les jardins exigent une présence régulière ont vu leurs produits freinés, voire réduites ; avec leurs absences les femmes mariées ont connu de petits problèmes dans leurs foyers ; les veuves enfin ont abandonné à leur triste sort les orphelins à leur charge.

« Mis de côté les sacrifices consentis et ce, conséquence endurée, la victoire du Club pilote des Mamns Nzango de l’UDCO/Kinshasa vient confirmer que, même sans moyens financiers importants, on peut arriver à obtenir quelque chose, grâce à la volonté et à l’amour.

« Cette victoire mérite donc des fleurs. La participation de notre club pilote au tournoi a permis donc aux joueuses de se découvrir, de manifester et de prouver ce dont elles sont capables. Grâce à la volonté et à l’amour ! (…) Puisse la Coupe et le Brevet fêtés aujourd’hui essuyer la sueur de toutes celles et de tous ceux qui de loin ou de près, de l’une ou de l’autre manière, nous ont apporté leur soutien. Terminons ce propos par le vœu de voir le Club pilote des Mamans Nzango aller toujours de l’avant et devenir un des porte-étendards du parti à Kinshasa, en provinces et pourquoi pas hors de nos frontières nationales.

Banza Mukalay fustige l’incurie de la course à l’argent-roi !

Intervenant à son tour pour prononcer le discours et le message le plus attendu à la cérémonie, le Président National et Coordinateur National de l’UDCO a retrouvé la verve du grand orateur politique à son meilleur jour pour adresser un brillant éloge de l’exploit du trophée remporté par l’Equipe féminine de « Nzango ». Pour le très politique leader qu’il est, l’occasion ne pouvait être loupé par lui pour situer son intervention dans le contexte des turbulences du jour en rapport notamment avec la campagne de « tolérance zéro » que vient de propulser le Président de la République en personne dans son souci permanent de moralisation de la vie politique dans le pays.

Voici cette communication de M. Banza Mukalay qui s’est élevé bien au-dessus de la contingence de la compétition qui a couronné l’équipe féminine de Nzango de son parti pour viser l’essentiel à retenir du message que comporte la victoire célébré, afin de s’en édifier de la manière la plus opportune.   

« Monsieur le Président Fédéral,
Mesdames et Messieurs, Membres de la Direction Politique Nationale,
Camarades Cadres et Militants de la Fédération de Kinshasa,


Quel honneur, mais aussi quel plaisir, de pouvoir ce jour m’adresser à vous à l’occasion de la présentation de la Coupe gagnée par l’équipe féminine de « Nzango » de la Fédération de l’UDCO de Kinshasa, lors du tournoi organisée dernièrement, Coupe obtenue comme Vice-championne.

Quand la nouvelle de ce succès m’a été annoncée, alors que je me trouvais à l’intérieur du pays, dans la conquête des âmes pour l’UDCO, comme dirait le Camarade Mpasi a Mbongo Dora Michel, j’ai été fort ému, moi qui suis généralement moins porté pour le sport.

Très ému, je l’étais, parce que je savais, pertinemment bien, que notre équipe faisait face à celles des institutions publiques et privées pourvues de plus de moyens dont ne peut disposer une jeune formation politique comme la nôtre qui n’a que deux ans d’existence.

« Je suis jeune il est vrai, mais aux âmes bien nées,
La valeur n’attend point le nombre des années » 
disait l’auteur français Corneille dans Le Cid.

Nos joueuses partaient aux compétitions souvent à bord d’un mini bus, sans le moindre sou leur permettant de se payer le plus modeste rafraîchissement que les autres ont pris l’habitude de transformer en festives libations !

Quel exploit ainsi réalisé sans le sou, au moment où, de nos jours, l’argent devient le maître absolu dans le domaine du sport. Au moment où les marchandages de tout genre s’opèrent non seulement autour de l’acquisition des athlètes, mais même aussi des résultats des compétitions !

A tel point que, si le grand humaniste restaurateur au temps moderne du sportif idéal olympique de l’antiquité, j’ai cité Pierre de Coubertin, pouvait voir aujourd’hui comment le dit idéal est galvaudé par l’esprit mercantiliste, assurément, il crierait à l’anathème à dénoncer avec virulence !

Parce que la référence de Pierre de Coubertin à l’idéal olympique ne cherchait qu’à relancer ce que les antiques créateurs de la civilisation hellénique visaient dans ce qu’ils appelaient le « Kalos k’Agathos », c’est-à-dire le beau et le bien !

C’est pourquoi, du niveau d’élévation de la dignité humaine atteint dans les antiques hippodromes et cirques, les hommes de pensée de l’époque ont magnifié la vertu de l’esprit sportif par l’évocation exprimée dans toute une prière du célèbre vers latin de Juvénal que voici, je cite : « Orandum est ut sit mens sana in corpore sano ». Traduction : « On doit prier pour avoir un esprit sain dans un corps sain ».

Tout le galvaudage mercantiliste et le vil mercenariat dont on entoure les activités sportives dans notre monde d’aujourd’hui ne représentent plus son noble idéal qui aurait pu mieux servir l’Homme et l’Humanité, au lieu de les corrompre et de les asservir.

Si jamais la « tolérance zéro » était appliquée dans le domaine du sport, bien des mythes se seraient écroulés !

L’UDCO, qui tient à la moralisation de tous les secteurs de la vie, considère que l’argent est un bon serviteur, mais un mauvais maître. Ce n’est pas l’argent, le mauvais maître, que nous déifions ! Ce n’est pas à son service que nous sommes. Nous le mettons plutôt à son second plan. Et nous élevons notre esprit dans un élan de « Sursum Corda ! » (Elevons nos cœurs !) qui ne nous fait viser que l’idéal de servir.

Parce que nous sommes plus que jamais conscients que c’est à cette seule condition que nous parviendrons à assurer l’essor de notre communauté… bref, son développement qui est la motivation même de notre action ! 

Chères militantes athlètes de l’UDCO, je ne serais pas franc si je ne vous signifiais pas la profonde émotion qui m’étreint en ce moment, et la grande admiration qui m’enivre, en clamant tout haut la fascinante et légitime fierté que vous faites ressentir, le sublime honneur dont vous faites éblouir autant la direction politique nationale du Parti que tous les échelons de ses structures.

Vous avez gagné non à cause de l’argent, mais grâce à la foi dans l’action, grâce à votre courage et grâce à votre détermination à porter haut le flambeau de notre idéal. Au nom de toutes les Fédérations de notre Parti UDCO, et au mien propre, je vous présente toutes nos chaleureuses félicitations et notre sincère gratitude, pour l’exploit que vous avez réalisé, chères athlètes.

Votre action, c’est-à-dire votre victoire, ne la voyez pas seulement dans la limite du jeu et du sport, mais trouvez-y l’accomplissement de notre idéal du Parti qui vise la promotion de l’Homme avec grand H, et celle de la communauté tout entière.

Votre victoire augure la victoire de notre Parti aux prochaines échéances électorales. Comme nous le disons toujours à l’UDCO, « Si Dieu est avec nous, qui sera contre nous ? ». Je vous en remercie.

Daniel Nzuzi/MMC


(DN/Yes)