Le commerce des minerais de sang alimentant les conflits armés en RDC à nouveau dénoncé dans une déclaration de la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton réaffirmant l’engagement du gouvernement américain à œuvrer résolument pour l’élimination de l’exploitation des minéraux de guerre au Congo démocratique
La secrétaire d’Etat américain, Hillary Clinton a déclaré dans un communiqué reçu lundi à l’APA que lors d’une visite l’an dernier en Réplique démocratique du Congo (RDC), elle s’est élevée contre le commerce des minerais de guerre qui avaient servi et servaient à financer un cycle de conflits qui avaient fait plus de cinq millions de morts. Ces conflits avaient déplacé un nombre incalculable de personnes et avaient déclenché une épidémie de violences sexuelles et sexistes.
A ce sujet, le président Obama a ratifié une loi disposant que les entreprises commerciales devront divulguer publiquement ce qu’elles font pour garantir que leurs produits ne contiennent pas des minéraux de ce genre. La RDC a fait savoir officiellement qu’elle soutenait cette loi et elle en a remercié les tranches législative et exécutive du gouvernement, indique Mme Clinton.
Cette mesure est une des nombreuses dispositions que nous prenons pour lutter contre ce commerce illégal et mortel, a ajouté la secrétaire d’Etat. Après sa visite au Congo, elle a chargé le département d’Etat de préparer une stratégie holistique sur la question dans le cadre des efforts de dialoguer avec la RDC.
« Nous continuons à travailler avec le gouvernement pour éliminer la corruption tant de manière bilatérale que dans le cadre du Groupe de contact des Grands lacs ». Au Conseil de sécurité des Nations unies, nous avons réussi à faire élargir la liste des critères du Comité des sanctions à l’encontre de la RDC pour y inclure ceux qui soutiennent les groupes armés illégaux par le biais du commerce illicite des ressources naturelles.
« Nous avons appuyé les initiatives sur la certification et la vigilance requise qui ont et lancées par le gouvernement de la RDC, des groupes industriels congolais et étrangers, et des institutions régionales et internationales. Et nous avons rencontré un grand nombre de représentants de groupes industriels avec lesquels nous avons discuté la responsabilité des utilisateurs finaux de veiller à ce que leurs chaines d’approvisionnement ne contiennent pas de minéraux de guerre, renseigne le communiqué. Toutes ces dispositions soulignent l’engagement des Etats-Unis d’aider le peuple du Congo et de travailler à mettre fin à ce conflit, conclut la source.
Le gouvernement britannique indexé à l’Onu dans le commerce des minerais de sang en RDC
Le gouvernement britannique a agi dans l’illégalité en refusant de recommander, en vue des sanctions ciblées de l’ONU, les entreprises et individus britanniques qui font le commerce de « minerais du conflit » congolais, a déclaré hier lundi le groupe de campagne Global Witness depuis son siège de Londres, dans une demande de contrôle juridictionnel adressée à la Haute Cour de justice.
« Le nom de plusieurs entreprises britanniques dont on sait qu’elles ont fait le commerce de minerais provenant de l’Est de la RDC aurait dû être communiqué au Comité des sanctions des Nations Unies en vertu des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies adoptées en 2008 et 2009 », s’indigne Global Witness.
Le gouvernement britannique, rappelle-t-il, en s’abstenant d’enquêter de manière adéquate sur les entreprises et les individus, transgresse ses obligations légales internationales, déclare Global Witness dans sa requête soumise ce jour.
« Il est regrettable que nous devions intenter une action contre le gouvernement britannique, mais nous espérons que cette démarche marquera un tournant. Les questions en jeu ont une importance significative sur le mode de financement des guerres, qui se fait ressentir à l’échelle mondiale », affirme Gavin Hayman, directeur de campagnes de Global Witness. « Les entreprises qui ont profité d’un conflit d’une grande brutalité devraient faire l’objet des sanctions des Nations Unies – mais ces sanctions sont inutiles s’il n’existe pas de procédure gouvernementale claire et équitable permettant d’identifier si de tels individus ou entités doivent être inscrits sur la liste ».
La résolution 1857 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée le 22 décembre 2008, demande l’imposition d’une interdiction de voyager et d’un gel de leurs avoirs à tous les individus et entités qui soutiennent des groupes armés illégaux dans l’Est de la RDC par l’intermédiaire du commerce illicite des ressources naturelles. Elle a été appuyée et renforcée l’année suivante par la résolution 1896, adoptée le 7 décembre 2009. Les États membres des Nations Unies sont encouragés à désigner les individus et entités susceptibles d’être ajoutés à la liste des personnes visées par les sanctions.
La communiqué rapporte que « des preuves édifiantes mises en évidence par Global Witness, le Groupe d’experts et d’autres intéressés indiquent que des entreprises britanniques ont soutenu des groupes armés en RDC en achetant des minerais dans des régions placées sous leur contrôle ». Pourtant, le gouvernement britannique n’a jamais donné leurs noms en vue de leur inscription sur la liste des entités visées par les sanctions.
« Le lien entre les ressources naturelles et le conflit au Congo est bien connu. Des groupes armés qui contrôlent le commerce de minerais tels que l’étain et le tungstène utilisent les fonds pour acheter des fusils et financer leur violente campagne contre les civils. Les résolutions des Nations Unies reconnaissent que les entreprises qui s’approvisionnent directement ou indirectement dans la région constituent une partie du problème. Toutefois, malgré nos fréquentes requêtes, le gouvernement britannique s’obstine à refuser d’agir ; nous n’avons donc pas d’autre choix que de le poursuivre en justice », a ajouté Gavin Hayman.
En fin de compte, Global Witness estime que le gouvernement britannique appuie son refus de désigner ces parties sur un raisonnement déficient. La réponse que le gouvernement a adressée à Global Witness révèle, poursuit-il, « l’absence de procédure claire et équitable régissant la manière dont des acteurs doivent être inscrits sur la liste des individus et entités visés par les sanctions de l’ONU ».
Le gouvernement soutient que les résolutions des Nations Unies n’ont pas d’effet rétroactif et que, par conséquent, toute preuve acquise avant l’adoption de la première résolution (en décembre 2008) ne peut démontrer le bien-fondé des sanctions. Global Witness estime que ce raisonnement est erroné.
Les preuves rétrospectives sont suffisantes pour que des préoccupations soient soulevées de manière persistante – sauf preuve concluante du contraire –, autrement dit pour suggérer que les entreprises qui se sont approvisionnées dans des zones contrôlées par des groupes armés sont susceptibles de continuer de le faire.
Lorsque le rapport du Groupe d’experts des Nations Unies a été publié en 2009, note Global Witness, le gouvernement britannique a modifié sa position quant aux preuves rétrospectives, affirmant à la place qu’il n’estimait plus que les preuves indiquées dans le rapport du Groupe étaient suffisantes, sans pour autant en donner les raisons.
APA/Le Potentiel
(DN/Milor/GW/Yes)