L’heure est à la bonne raclée dans les écuries d’Augias en RDC. Au sommet de l’Etat, en effet, non seulement le président de la République, mas aussi le Premier ministre se prononce pour l’application dans toute la rigueur de l’opération « Tolérance zéro »
Depuis un certain temps, l’opération « Tolérance zéro », jadis considérée par une certaine opinion comme un simple slogan, tend à devenir une réalité. Le Chef de l’Etat, Joseph Kabila a, il y a peu, procédé au renforcement des mesures de son application.
Notamment en donnant des instructions lors d’une réunion qu’il a tenue à la Cité de l’Union africaine aux institutions et services intéressés par la tolérance zéro. Il s’agit du gouvernement, du pouvoir judiciaire, de la Police nationale congolaise (Pnc) la justice militaire, sans oublier les services spéciaux, l’agence nationale de renseignements (ANR), la Direction générale de migration (DGM), la Police judiciaire des Parquets et l’Assemblée nationale. A cet effet, il est un fait que la nature de ces nouvelles instructions n’a pas été révélée.
Du côté du gouvernement, il nous revient que le Premier ministre Adolphe Muzito est, à son tour, monté au créneau en allant dans le même sens que le Chef de l’Etat. Il a exigé des responsables des services de sécurité et de la magistrature que désormais, la tolérance zéro se matérialise par des actions et non par des slogans.
Le Premier ministre transmettait vendredi soir aux chefs des différents services de sécurité civile et militaire, le Procureur général de la République ainsi qu’au Premier président de la Cour Suprême de justice, les Instructions du Chef de l’Etat relatives à l’application sans faille de cette opération.
Pour le chef du gouvernement, l’occasion était toute belle pour souligner que personne ne doit s’y soustraire, quel que soit son rang ou son statut. Pointant ainsi du doigt ce qu’il a appelé les « Kuluna en cravate » allusion faite aux personnes qui échappent à l’attention en se faisant considérer comme des intouchables grâce à leur fortune.
Parlant de la part de J. Kabila, le Chef du gouvernement a insisté sur le fait que la cour soit balayée totalement. De ce fait, cette opération doit s’appliquer indistinctement à toutes les catégories de la population. Et partant, elle doit avoir un impact visible sur le champ de son application. A titre de rappel, c’est depuis 2006 que le Président J. Kabila avait lancé l’opération Tolérance zéro, pour combattre les antivaleurs telles que, la corruption, le détournement des dossiers publics, le trafic d’influence, la fraude fiscale ou l’impunité.
Il faut dire que celles-ci tendent à s’ériger en système en Rdc, hypothéquant ainsi le développement du pays dans son ensemble. Depuis lors, il faut le dire, les responsables des services en charge de l’application de cette opération salutaire semblent traîner le pied, peut-on constater.
Mise au pas des auditeurs de la Police sur la corruption par le vice-ministre de l’Intérieur
Le vice-ministre de l’Intérieur, Georges Zuka, a eu, lundi, à l’Inspection générale des Finances, un échange de vues avec des stagiaires de l’Inspection générale de l’Audit de la Police nationale Congolaise, sur la corruption, des moyens de la combattre ainsi que les types de corruption. Selon le vice-ministre, l’objectif était de comprendre et de connaître ce phénomène complexe de la société afin de le combattre.
Parmi les types de corruption, les auditeurs ont énuméré la corruption matérielle et morale, la corruption passive et active de même que la petite et la grande corruption par exemple au niveau de l’Etat. Parmi les causes de la corruption, les participants se sont attardés sur la pauvreté, principale cause de la petite corruption, le manque de civisme, la mal gouvernance, l’absence de l’obligation de rendre compte au peuple. Plusieurs effets pervers de la corruption ont été décelés à cette occasion, à savoir, notamment le manque à gagner pour les ressources financières collectives, la destruction du tissu économique, l’amenuisement des ressources publiques.
D’autres effets aux plans social et culturel ont été relevés. Concernant les stratégies de lutte contre la corruption, les participants ont fait valoir l’éducation au civisme d’action, la bonne gouvernance, la corruption étant définie comme de fait de pouvoir faire ou de s’abstenir de ce qu’on doit faire parce qu’on a reçu de l’argent ou autre chose de valeur ». Le général Constantin Mudekereza, inspecteur général adjoint de la PNC chargé de l’Audit, a participé à cette séance
Le Palmarès/ACP
(DN/TH/GW/Yes)