Des hommes et des femmes du troisième âge à poil, devant l’Institut national de sécurité social, le Palais du peuple ou les abords de la présidence de la République, voilà le spectacle auquel les Kinois risquent d’être conviés un de ces quatre matins.

Si les retraités de la Fonction publique et surtout ceux du secteur privé ne sont pas payés d’ici le 1er août 2010, ils risquent de défiler à poil. C’est la manière qu’ils comptent utiliser pour revendiquer leur droit, et se faire entendre des autorités. Choquer l’opinion tant nationale qu’internationale, c’est ce que projettent de faire ces retraités qui s’estiment lésés.

Déjà, ils perçoivent trimestriellement une somme modique, insignifiante pour répondre à leurs besoins vitaux. Et cela, après avoir servi la République durant des décennies. Qui plus est, tout le monde ne rentre pas dans ses droits, malgré les bonnes intentions et les promesses et les déclarations faites par l’Institut national de sécurité social (INSS).

L’actuel Adg de l’INSS est averti, puisque les veuves des retraités et d’autres pensionnés ont brandi cette menace. Mme Gberengbo a peut-être pris cela pour du bluff, lors de la dernière rencontre qu’elle a eue avec les veuves des retraités. Mais cela risque de se produire si rien n’est fait. C’est en désespoir de cause que ces personnes de troisième âge ainsi que les veuves des anciens travailleurs envisagent de livrer leur nudité aux regards ahurissants des passants pour à la fois exprimer leur ras-le-bol, et aussi montrer le résultat de la clochardisation à laquelle ils sont l’objet de la part de la République.

Après avoir servi la nation durant plus de trente ans, en cotisant tous les mois, les retraités affirment être victimes d’une injustice flagrante. La pension qu’ils touchent apparaît comme une aumône, une faveur que l’Etat congolais leur ferait, alors que cela est le fruit de leur labeur, leur sueur. Donc, c’est un droit. Après avoir cotisé durant de nombreuses années, arrivés l’heure de la retraite, les ayants droit doivent passer par un parcours de combattant pour recevoir leur dû.

Tel est le cas de Mme Toko-di-Mpuena dont le mari est décédé en 2004. Jusqu’à ce jour, la veuve ne perçoit pas le pécule de la retraite de feu son mari, malgré toutes les démarches entreprises en bonne et due forme. S’il faut ajouter des centaines de veuves dans la même situation et d’autres retraités incapables d’entreprendre des démarches similaires, on peut comprendre combien de sommes d’argent de paisibles citoyens atterrissent dans les poches de responsables, alors que les ayants droit tirent la queue de la pauvreté.

Une deuxième raison qui pousserait les retraités à manifester demeure l’injustice dont sont victimes les retraités du secteur privé. Selon un décret de l’époque où l’actuel président du Sénat était Premier commissaire d’Etat, les retraités du secteur privé sont alignés sur le même barème de rémunération. C’est-à-dire que tout le monde doit percevoir le même montant, directeur de société ou huissier.

Cela ressemble à une escroquerie certaine, d’autant plus que le directeur de société n’a pas contribué au même niveau que son huissier, leur retenue de salaire était différente. Un directeur de PLZ (Plantations Lever au Zaïre) qui percevait un million de francs congolais avait contribué au moins pour 85000 francs congolais. Alors que son huissier touchant cent fois moins, ne contribuerait que pour 850 francs. S’il faut leur remettre à tous deux mille francs tous les trois mois, cela relèverait de l’escroquerie.

Les travailleurs d’aujourd’hui peuvent se faire une idée de leur avenir de retraité, si d’ici là les élus du peuple ne se penchent pas sur les cas de pensions et de rente de retraite.

PY-Nene Mayuma /Le Potentiel


(GTM/Milor/GW/Yes)