L’information, lue sur la toile vendredi 23 juillet dans l’après-midi a été confirmée par des sources judiciaires, le soir même, à Lodja. L’affaire des incendies des maisons qui avaient endeuillés Lodja au Sankuru en mars et avril derniers, a connu l’autre épilogue.

Celui de la justice militaire qui poursuivait les responsables de la police nationale et des services de Tshumbe (savane) où un jeune ressortissant de Lodja, du nom Omokala Justin, et son compagnon, un certain Omba, avaient été passés à tabac et donnés pour morts.

Le tribunal militaire de la garnison de Lusambo (le chef lieu du district du Sankuru) a rendu son verdict dans l’affaire Ministère Public et Parties Civiles (Omokala et Omba) contre le Commissaire Principal Tadumi Omana et consorts.

Il est d’une sévérité sans doute proportionnelle à la gravité des accusations à charge des prévenus. L’arrêt rendu sous RMP 0085/MPL/2010 RP 097/2010 condamne le Commissaire Tadumi de la Police Nationale de Tshumbe à 20 ans de prison, au paiement de 100.000 USD de dommages-intérêts aux parties civiles et à la déchéance de tous ses grades et fonctions.

L’officier de police a été reconnu coupable d’arrestation arbitraire avec tortures, d’incitation des militaires à commettre des actes contraires à la loi et à la discipline militaires, et de confiscation des biens. Son compère et adjoint, Kasongo alias Kawolo, écope de 10 ans de prison et de dommages-intérêts de 100.000 USD aussi.

Le sieur Owandjolela, chef d’antenne de l’Agence Nationale des Renseignements à Tshumbe, se voit lui aussi condamné à 10 ans de prison et au paiement de la même somme de 100.000 USD.
Egalement cités à comparaître dans cette affaire, les Sieurs Onalowa, chef du groupement portant le même nom, et Kodiemoka, un professeur assistant à l’Institut Supérieur des Arts et Métiers à Tshumbe, ont pour leur part, été condamnés chacun à 10 ans de prison et au paiement des mêmes dommages-intérêts que les autres prévenus.

Des sources judiciaires contactées à Lodja renseignent que le tribunal de garnison de Lusambo a requis l’arrestation immédiate des condamnés, absents des audiences.

En effet, des sources contactées sur place ont indiqué que les prévenus Kodiemoka et Onalowa, qui se sont soustraits à la justice, ont été condamnés par défaut. On croit savoir à Lodja que ces condamnés se prévalent de hautes protections politiques à Mbujimayi, chef lieu de la province du Kasai Oriental et aussi à Kinshasa où certains hommes politiques de la région leur auraient garanti une protection les mettant notamment à l’abri de ce qui vient de leur arriver.

Comme quoi les conseilleurs ne sont pas toujours les payeurs… Quoiqu’il en soit, ce nouvel épilogue, strictement judiciaire, apporte un éclairage que l’interprétation politico-politicienne des actes criminels commis à Lodja tendait à occulter.

En condamnant les responsables du maintien de l’ordre et de la sécurité (Police Nationale et ANR) à Tshumbe (savane), le jugement du tribunal de garnison de Lusambo reconnaît l’origine réelle des incidents de Lodja.

L’arrêt intervenu jeudi à Lodja crédite la version des incidents selon laquelle tout est parti des rumeurs qui avaient circulé dans ce territoire de la forêt sankuroise un matin du mois d’avril, faisant état du meurtre a Tshumbe d’un jeune ressortissant en voyage d’affaires à Onalowa (savane).

Les incendies déplorés constituaient des actes de représailles. Leurs auteurs ont été condamnés par la justice il y a quelques semaines. Il allait de soi que les responsables des mêmes crimes le soient mêmement à travers tout le Sankuru. Ce n’est pas encore le cas.

Nos sources à Lodja renseignent qu’outre ceux des prévenus qui se sont soustraits à la justice militaire, d’autres auteurs d’incendies des maisons des ressortissants de Lodja à Tshumbe courent toujours.

Le dossier a été disjoint de celui des militaires. Selon les mêmes sources, les enquêtes pour mettre la main sur les incendiaires de Tshumbe, qui doivent subir le même châtiment que leurs semblables de Lodja, sont en cours.

L’Avenir


(CL/Yes)