Le président de la République a effectué vendredi une inédite visite éclair, la première du genre, au cabinet du ministre de l’Energie dont l’objet saute aux yeux : propulser assurément le secteur énergétique dans le programme des Cinq chantiers en attaquant résolument le crucial problème de la fourniture d’énergie et de la desserte en eau potable
Augmenter et améliorer la desserte en eau potable et en électricité, telle est la prise de finition du président de la République Joseph Kabila pour assurer le bien-être des Congolais. C’est le moins que l’on puisse dire des recommandations faites vendredi par le premier des congolais au ministre de l’Energie, M. Gilbert Tshiongo, et aux patrons de la Société nationale d’électricité (SNEL) et de la Regideso.
C’était au cours d’une visite éclair que le président de la République a effectuée vendredi 23 juillet 2010 au ministère de l’Energie. Cette visite qualifiée d’historique par Gilbert Tshiongo a permis au Chef de l’Etat de donner quelques orientations devant présider à la bonne marche du secteur de l’énergie dans le pays étant donné que celui-ci fait partie et constitue la toile de fond des 5 chantiers de la République.
Pour relever le défi fixé par le gouvernement, celui de passer de 6 à 75% le taux d’accès de la population congolaise à l’énergie à l’horizon 2025, Joseph Kabila a demandé au ministère de l’Energie, à la SNEL et de la Regideso de passer à la vitesse supérieure dans l’exécution des projets de desserte en cours de réalisation.
Il était 11 heures 30’quand le cortège présidentiel s’est ébranlé dans les installations de l’imposant immeuble de la Régie de distribution d’eau (REGIDESO) qui abrite également le ministère de l’Energie. Une visite surprise pour tous les locataires de ces deux institutions de l’Etat, mais aussi rassurante dans la mesure où elle intervient à un moment où la République démocratique du Congo est confrontée à d’énormes difficultés dans la desserte en électricité et en eau potable.
Selon les statistiques officielles, seuls 28% des congolais ont accès à l’énergie alors que celle-ci constitue le pilier du développement humain. Prenant la mesure de l’urgence, le président de la République a décidé de travailler vendredi 23 juillet 2010 avec les gestionnaires du secteur de l’Energie loin de son cabinet.
Sans formalité protocolaire, Joseph Kabila a surpris le ministre Gilbert Tshiongo Tshibikubula wa Tumba dans son cabinet au même niveau de l’immeuble Regideso situé sur le Boulevard du 30 Juin. Mais avant de rejoindre le bâtiment, le « Raïs » a été ovationné par les agents et cadres de la Regideso et du ministère de l’Energie. La surprise a été tellement grande qu’on a dû faire venir les deux administrateurs directeurs généraux de la Regideso et de la Snel de toute urgence.
MM. Yengo Massampu (SNEL) et Banza Mukalayi (REGIDESO) se sont fait accompagnés des autres membres de leurs conseils d’administration notamment les PCA et les ADGA. Le décor était alors planté pour que le Chef de l’Etat préside une importante séance de travail qui aura duré une heure et demie.
Dans son allocution, le président Kabila a encouragé ces ouvriers de la nation du secteur de l’énergie à renforcer leurs efforts pour un meilleur accès des citoyens à l’eau potable et à l’électricité. Il leur a donné à cet effet les grandes orientations de sa politique en matière de l’énergie.
A en croire le patron du ministère de l’Energie qui a fait la restitution à la presse, le seul souci du numéro Un de la République est de voir son ministère donner le maximum d’efforts possibles pour améliorer la desserte en eau potable et électricité sur toute l’étendue du pays. C’est pourquoi il a demandé à ce que les projets en cours dans le secteur de l’énergie connaissent une exécution accélérée et rapide.
Il faut noter que le gouvernement s’est fixé des objectifs à réaliser à l’horizon 2025. Pour l’électricité, les améliorations devront porter le taux d’accès de ses populations de 6%, donc moins de 10% actuellement à 60% en 2025. Pour ce qui est de l’accès à l’eau potable, le taux de couverture est appelé à passer de 22% en 2005 à 75% des populations à l’horizon 2025.
Après cet échange de près de deux heures entre le président de la République et les hauts responsables de la Snel et de la Regideso, le ministre de l’Energie s’est dit très satisfait et a qualifié ces instants d’un grand jour d’éclaircissement et aussi de contribution du chef de l’Etat à la recherche des solutions appropriées et durables pour le développement de la RDC. Il s’agit sans nul doute d’une bouffée d’oxygène et d’un réconfort moral que Gilbert Tshiongo vient d’obtenir du président de la République afin de matérialiser sa vision « délestage zéro ».
CESTARI pour électrifier Beni et Boende
Peu avant la visite éclair du chef de l’Etat Joseph Kabila, le ministre de l’Energie, M. Gilbert Tshiongo, a accordé une audience à un groupe d’investisseurs italiens, dénommé Groupe CESTARI, conduit par son président, M. Algredo CESTARI.
Dans sa gibecière, M. Alfredo Cestari a amené un projet d’étude sur l’électrification rurale des villes de Beni (Nord-Kivu) et Boende (Equateur) avec de l’Energie renouvelable. Ces études de faisabilité ont été financées en partie, par le gouvernement à hauteur d’un million de dollars américains ; le groupe CESTARI avait gagné l’appel d’offre depuis 2006 et compte offrir la technicité dont il dispose à travers leur représentation en RDC, dénommée « Italie Congo » (Italcon), a déclaré son patron. Avec la Commission Nationale de l’Energie, ces producteurs d’électricité vont construire des microcentrales à Boende de 900 Kwatt, y compris le réseau associé, et le montant s’élève à 12 millions US et pour Beni, le financement est de l’ordre de 800.000 US. « Les études de rentabilité vont parvenir au cabinet du ministre dans deux semaines », a-t-il promis.
Pour ce qui est de la mobilisation des ressources, « Gruppo ESTARI » se propose d’être le porte étendard auprès de l’Union européenne, dans le cadre de l’ « Energy facility ».
Il faut signaler que les études pour Beni et Boende présentent plusieurs opportunités pour ces investisseurs italiens. Ces derniers croient qu’avec l’appui du gouvernement, le Groupe CESTARI va rendre disponible la technologie et la recherche des ressources financières pour développer le secteur de l’énergie en RDC.
Pour sa part, le ministre Gilbert Tshiongo a encouragé l’initiative du groupe Cestari, dans la mesure où elle s’inscrit dans la ligne droite des cinq chantiers de la République.
Outre l’énergie, le Groupe CESTARI investit 50 millions d’USD dans la construction des bâtiments en RDC.
Martinez Ngyaluka & Julie Ngalula/La Référence Plus
(DN/GW/Yes)