Redynamisation à l’ordre du jour au ministère des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction des activités du secteur infrastructures volet routes, en vue de leur déploiement après la capitale Kinshasa à travers les autres provinces à l’intérieur du pays
Après avoir fait un état des lieux des infrastructures routières dans les provinces avant le 30 juin 2010, le ministère des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction vient de formuler des orientations stratégiques susceptibles de recadrer le fonctionnement de toutes les structures fonctionnelles de son ministère.
Le ministère des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction vient de réunir tous les principaux intervenants dans ce secteur afin de procéder à une analyse critique de la conduite des projets liés à la réhabilitation et la construction des routes modernes. C’était une occasion pour le ministère de tutelle et les entreprises intervenant dans ce secteur d’explorer les stratégies de déploiement dans les provinces de la République, de recentrer les objectifs et de recréer un nouvel esprit de travail, indique-t-il dans un rapport intitulé « Redynamisation des activités du secteur infrastructures, volet routes et feuille de route ».
Au cours de cette réunion, le ministre Fridolin Kasweshi Musoka et tous les principaux intervenants ont, selon la source, fait un état des lieux sans complaisance de projet par projet. De cet état des lieux, il ressort qu’après les travaux intensifs abattus avant les festivités du Cinquantenaire, le 30 juin dernier, il y a quelques faiblesses qui méritent d’être corrigées.
D’après ce rapport, l’administration des projets souffre d’une insuffisance d’anticipation, conséquence du manque d’initiatives, du déficit de la fonction études et planification dans les structures de différents Services. A cela s’ajoute l’absence d’un master plan définissant à court et long terme. Il y a également le schéma guide de la réhabilitation et la modernisation des infrastructures exposent la République parfois à des dépenses et des investissements mal dirigés. Outre ces déficiences, il y a l’insuffisance des structures d’encadrement et de contrôle des travaux avec comme inconvénient majeur l’absence de clôture en bonne et due forme de certains chantiers, indique la source.
Autre faiblesse : la non-maîtrise des coûts liée notamment à l’absence de données statistiques et d’études techniques et économiques fiables conduisant au non respect des engagements avec les partenaires. Ce qui rend les investissements parfois plus onéreux que possible.
La communication déficitaire aussi bien à l’intérieur des structures du ministère que vis-à-vis de la population, bénéficiaire des infrastructures, figure aussi parmi les faiblesses qui méritent d’être corrigées. Selon la source, cette situation conduit à une faible appropriation des infrastructures par la population. Ce n’est pas tout. Le rapport juge insuffisant le niveau de productivité et de créativité des ressources humaines commises aux différentes tâches.
Des orientations stratégiques
Il déplore l’exploitation déficiente des engins et matériels mis à la disposition des entités et autres services ; la faible synergie entre les acteurs nationaux, provinciaux et locaux et la non maîtrise des moyens financiers nécessaires à l’aboutissement complet du projet avant son démarrage. Et cela, sans oublier l’irrégularité des approvisionnements des chantiers avec toutes les conséquences sur les délais d’exécution.
Après identification des différents problèmes qui rongent son secteur, le ministre Fridolin Kasweshi a formulé des orientations stratégiques susceptibles de recadrer le fonctionnement de toutes les structures en charge dans son ministère.
Il s’agit, notamment de renforcer et promouvoir la fonction des études dans toutes les structures pour l’élaboration de plans directeurs du secteur des infrastructures. Il envisage aussi de renforcer le fonctionnement des brigades de l’Office des Routes et de l’Office des Voiries et Drainage en les rendant le plus possible autonomes et très opérationnelles.
Le ministre tient à renforcer le suivi et le contrôle des travaux en systématisant les essais de contrôle de conformité que doivent mettre à profit les compétences du Laboratoire National des Travaux Publics. Pour Fridolin Kasweshi, il est indispensable de recourir au cantonnage manuel par HIMO (Haute Intensité de la Main d’œuvre) avec l’encadrement des structures locales et PME pour entretenir les routes en terre.
Il est ainsi possible, avec les faibles crédits disponibles, d’entretenir endéans trois ans 23 000 Km des routes en terre jugées ultra prioritaires sur les 58 129 Kms des routes d’intérêt général. Le ministre estime qu’on doit absolument assurer une utilisation optimale des engins des travaux par un suivi rigoureux de leur fonctionnement et de leur maintenance. Enfin, Fridolin Kasweshi envisage de valoriser les déchets en plastic comme matériaux routiers de revêtement en vue de contribuer à l’assainissement des milieux (plastics durs –PVC à mélanger aux sachets en plastic) et de réaffecter les moyens financiers disponibles aux projets routiers très intégrateurs. Cas des axes transfrontaliers à revêtir tels que les tronçons Bukavu-Fizi, Beni-Kasindi, des routes d’accès dans le Nord-Katanga.
Des évaluations seront conduites de façon très régulière avec des indicateurs objectivement vérifiables pour s’assurer de bonnes dispositions arrêtées dans la conduite des affaires publiques.
Partant de constats faisant ressortir certains écarts importants entre les évaluations faites initialement et les coûts effectifs des travaux, un délai de dix jours a été accordé aux différentes structures pour la clarification de cette situation en vue d’en évaluer l’impact.
Ludi Cardoso/Le Potentiel
(DN/GW/Yes)