En effet, ceux qui étaient autour du rond-point Victoire ont seulement re­marqué qu’un véhicule ve­nant dans le sens interdit, roulait à vive allure, percu­tant tout ce qu’il rencontrait au passage. A la base : le con­ducteur dudit véhicule, un taxi-bus de marque Liteace affecté au transport public, se disputait le volant avec un agent de la PCR qui te­nait à tout à le lui ravir.

Déterminé à fuir son « bourreau », le chauffeur a quitté la bande menant vers Kauka en provenance de Victoire pour emprunter celle de montée. Consé­quence : dès qu’il a traver­sé sa bande pour emprun­ter l’opposée, il a percuté un camion poids lourds. Mais grâce à la prudence du conducteur du grand camion qui a dû monter la bordure de sorte à l’éviter, le chauffeur en cavale s’en est sorti non sans casse. Tout le calendre de lumière du côté droit où il se trou­vait, le bus étant de volant droite, s’est brisé des sui­tes du choc.


Avant de laisser la portière latérale au deuxiè­me choc avec une jeep de marque Suzuki Samurai, qu’il a encore percutée à quelque dix mètres du pre­mier accident avec le camion. Personne ne vou­lant lâcher prise, c’était comme dans un film d’ac­tion la scène à laquelle le public a assisté dans la stupéfaction. Tout le monde aler­té par ce rallye dangereux, s’est mis à contempler la scène avec émotion et sous des cris nourris. Dans la foulée de ces cris, la population ne parvenait pas à compren­dre l’attitude d’un agent dit de l’ordre qui se disputait le volant avec un chauffeur au risque de provoquer la mort d’hommes. Si jamais l’engin n’était pas maîtrisé.

Oleko a prêché dans le désert !

Apparemment, l’ins­pecteur provincial de la ville de Kinshasa semble avoir prêché dans le dé­sert. Son « évangile » est tombé dans des oreilles sourdes. C’est l’impression que les Kinois éprouvent face au comportement in­décent des agents de la PCR qui, au lieu de faire leur travail de réguler la circulation, ont toujours l’attention tournée vers le « perdiem ». Alors qu’il n’y a pas longtemps lorsque le numéro un de la PNC/ Kinshasa avait tenu la causerie morale avec toutes les unités de son corps, le général Oleko avait même brandi, à ce sujet, des me­naces à l’endroit des récal­citrants.

Sur le terrain, le comportement des agents de la PCR n’a pas changé. Par contre, la tendance est à l’exagération comme s’ils étaient en course pour récupérer le temps perdu, c’est-à-dire la période de courtoisie décrétée par l’autorité à la veille du Cinquantenaire, où il leur était interdit d’arrêter les con­ducteurs pour manque ou infractions ordinaires liées à la circulation.

La course effrénée à l’argent dont font montre la plupart des agents de la PCR au préjudice même de leur dignité face à la so­ciété, fait qu’à ce jour leur rôle se limite seulement à arrêter. Le conseil n’existe presque plus dans leur tra­vail. Même là où il peut prodiguer des conseils au conducteur, tout est deve­nu infraction à sanctionner à tout prix ! Ce qui fait qu’ils en créent même de toutes pièces.

Car, au lieu de se disputer le volant avec un conducteur au risque de provoquer des accidents et faire périr des gens, il est mieux indiqué de préle­ver le numéro de la plaque minéralogique du véhicule fautif, puis remonter jus­qu’à la DGI (direction gé­nérale des impôts) en vue d’identifier le véhicule, et par ricochet connaître ce­lui qui le conduisait pour lui faire subir la rigueur de la loi. Au cas contraire, le carrefour dispose des mo­tards équipés pour poursuivie le fuyard avec profes­sionnalisme, de manière à l’attraper sans incident. Mais ce qui s’est passé à Matonge n’est pas de nature ni à protéger la population et préserver l’ordre public, ni encore à honorer l’image de la PCR.

Dom/le Phare


(TH/GMM/PKF)