En marge de la fête nationale consacrée à l ‘indépendance de la Belgique, les anciens combattants congolais ayant combattus pour la paix, la liberté et la démocratie dans le monde ont lancé un cri de détresse à l’endroit du gouvernement belge afin de revoir leur situation sur la pension.
Le Royaume de Belgique célèbre ce mercredi 21 juillet sa fête nationale. C’est le 180ème anniversaire de l’indépendance. C’est aussi le l79ème anniversaire de l’entrée triomphale du Roi Léopold 1er à Bruxelles. La cérémonie sera marquée à Bruxelles par une grande parade militaire organisée en présence de plusieurs personnalités belges et de l’Union européenne. La fête nationale belge a également été l’occasion pour l’ambassadeur de la Belgique en République démocratique du Congo, M. Dominique Struye de Swellande de souligner les bonnes relations existant entre la Belgique et la République démocratique.
Cette fête nationale belge est aussi le signe du grand intérêt que la Belgique et la République démocratique du Congo manifestent l’un pour l’autre, a expliqué l’ambassadeur de Belgique. Le diplomate belge a également qualifié de réussite la visite du Roi Albert II et de la reine Paola à Kinshasa, à l’occasion de la cérémonie marquant la fête de l’indépendance de la RDC. « Le message de remerciement du Roi Albert II de Belgique au président Joseph Kabila, qualifiant son séjour à Kinshasa d’agréable, est la preuve que la visite royale a été une réussite, n’en déplaise aux fauteurs en eau trouble qui ont cru bon de diminuer la valeur de cette visite par des polémiques de très mauvais goût », a dit l’ambassadeur de Belgique. La fête nationale belge est également la fête des congolais eu égard aux relations historiques et légendaires entre la Belgique et la République démocratique du Congo.
Profitant justement de la fête nationale belge, les anciens combattants congolais (les anciens de la Force publique des années 40-45) viennent d’adresser un message au gouvernement belge pour qu’il se tourne vers eux en procédant à la revalorisation de leurs pensions. « Cette pension pourra nous permettre de vivre décemment nos derniers moments sur la terre », a indiqué un ancien combattant. Lors de la visite du Roi Albert II à Kinshasa, le 30 juin dernier, les anciens combattants congolais ont fait une déclaration dans laquelle ils sollicitaient la bienveillance, la générosité et le soutien du Roi Albert II pour obtenir la revalorisation de leur pension. Quelques uns de ces anciens combattants se sont exprimés sur la RTBF et dans les journaux belges pour lancer leur cri de détresse à l’endroit du Roi Albert II et du gouvernement belge pour qu’il se tourne vers eux. Les images montrant ces anciens de la Force publique vivant dans des squat, c’est-à-dire des maisons en carton, a suscité l’indignation de plusieurs personnes
Les parents pauvres
Ces anciens combattants congolais vivent dans des conditions misérables rejetés par la société. Alors qu’ils ont combattu pour la paix, la liberté et la démocratie dans le monde. Lors de la fête du 14 juillet 2010, la France a décidé de régulariser la pension de tous les tirailleurs sénégalais et les anciens combattants qui ont combattu sous les couleurs de la France lors de la deuxième guerre mondiale. La Belgique, croit t-on savoir pourra faire de même.
Mais d’après des sources concordantes, la Belgique avait déjà payé cette pension des anciens combattants sous le régime du Maréchal Mobutu. « Cette question avait déjà été abordée et résolue lors des négociations belgo congolaises qui se sont tenues en 1989 au Maroc. Il faut donc interroger les dirigeants congolais de I’époque sur ce qu’ils ont fait de cet argent », a expliqué un historien présent aux négociations belgo congolaises de Rabat. Visiblement, la question de pension des anciens combattants congolais a toujours été un sujet tabou durant la deuxième République. La question a été également mise en relief tors de la Conférence nationale souveraine.
Ces anciens combattants qui ont combattu aux côtés des forces alliées en Ethiopie, notamment à Gambela, Assossa, Ikelemba, en Birmanie et au Moyen Orient ont joué un tête déterminant dans la victoire des allies lors de la deuxième guerre mondiale. Aujourd’hui, ils sont encore une centaine en vie, et tous vivent dans des conditions misérables, sans pension, sans soins de santé primaire.
A l’occasion de la fête nationale belge, une attention méritée doit être accordée vers ces véritables « héros nationaux » qui ont payé de leur vie pour défendre la colonie et la métropole du nazisme. Le devoir de mémoire oblige les uns et les autres à reconnaître les mérites de ces anciens combattants et de leur accord et les égards dus à leur passé glorieux marque par de hauts faits d’armes et d’actes de courage et de bravoure que très souvent notre société ignore ou fait semblant d’ignorer pour des raisons que nul ne sait.
Luc-Roger Mbala Bemba/L’Observateur
(GTM/TH/GW/Yes)