On ne réussit pas à tous les coups. Le Comité de pilotage pour la réforme des entreprises publiques a lamentablement raté sa copie concernant la réforme de l’Office national des transports. Le gouvernement s’en est rendu compte et a décidé de corriger les dérapages avant qu’il ne soit trop tard. Le contrat d’assistance et de gestion signé par l’exécutif congolais avec la firme espagnole progosa en vue de la stabilisation de l’Onatra a vécu.

Cellule technique chargée de préparer la reforme des entreprises publiques, le Copirep n’a pas su orienter le gouvernement sur la bonne voie en ce qui concerne la réforme de l’Onatra. Aussi le premier ministre s’est-il prononcé en faveur d’un prestataire pouvant apporter, des capitaux frais. Il a, par la même occasion, pris un certain nombre de mesures conservatoires quant à la gestion transitoire de l’Onatra; dans l’attente d’un nouveau partenaire.

Au nombre de ces mesures, il sied de signaler l’interdiction stricte aux gestionnaires actuels de l’Onatra de poser des actes ayant un impact négatif sur la vie de la société en général et sur celle du département des ports maritimes en particulier, notamment le mouvement du personnel, la signature de nouveaux contrats ou les dépenses non liées à l’exploitation et au fonctionnement. Ce train de mesures vise à prévenir toute perturbation et déstabilisation de l’entreprise.

En outre le Copirep a été instruit d’initier un processus de sélection d’un prestataire à même d’apporter des ressources financières à l’entreprise. Pour ce faire le Copirep doit préparer un cahier de charges pour l’Onatra, lequel sera discuté au niveau du gouvernement dans les prochains mois. Le vrai problème dans ce dossier de réforme visant l’Onatra, c’est que le gouvernement n’est pas satisfait de l’actuel mode d’approche visant la relance des entreprises publiques structurantes.

Le gouvernement a besoin d’un nouveau style d’approche en la matière. Ce nouveau mode vise avant tout l’injection des ressources financières dans le cadre d’un plan cohérent qui prenne en compte la dette sociale de l’entreprise. Sans remplir cette double exigence à savoir la rentabilité et le passif social, les entreprises déséquilibrées auront du mal à se stabiliser.

C’est en tout cas l’une des rares fois, voire la toute première où le comité de pilotage pour la réforme des entreprises publiques se trouve presque recalée. Bien entendu, le gouvernement n’a pas encore définitivement mis fin au contrat le liant à progosa. Une évaluation objective de ce contrat est effectuée au niveau du bureau d’étude KPMG qui le passe au peigne fin. C’est seulement à l’issue de cette évaluation voulue objective que le gouvernement congolais va définitivement mettre fin au contrat remis en cause.

Cette situation appelle le Copirep à plus de vigilance à l’avenir. Surtout face aux autres entreprises publiques structurantes. La note négative perçue à l’Onatra n’est pas pour crédibiliser le gigantesque programme de la réforme. Si après l’Onatra, une autre entreprise voyait son processus de restructuration se terminer en cul-de-sac, il y aura vraiment lieu de remettre en doute l’efficacité tant vantée du Copirep. De toutes les façons, au sein de l’opinion publiques, la mise est déjà ratée.

Tous les clichés que renvoie l’histoire très mouvementée du pays plaident largement en faveur de l’échec programme de la restructuration. Alors, le moment se prête difficilement aux demi-mesures ou aux exercices de laboratoires. Il faut mettre en pratique la restructuration dont-on est sûr des effets. Cela évitera à la République le gaspillage d’énergies et des moyens comme on vient de le vivre dans le cas de l’Onatra. 5 ans de sur place pour constater à la fin que tout est à refaire, c’est grave !

Le Palmarès


(DN/TH/GW/Yes)