L’opinion nationale considère qu’avec les 400 millions de dollars à dégager à partir de 2011 après l’effacement de la grande part de la dette à la faveur de l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative PPTE, il est temps pour le gouvernement d’accorder la priorité à l’amélioration du social des Congolais
Le gouvernement a le champ libre pour s’attaquer avec efficacité aux problèmes sociaux des populations congolaises. Après les sacrifies et privations de tous genres, la réussite du 1er juillet 2010 à l’épreuve du point d’achèvement de l’initiative PPTE doit marquer un nouveau départ. Avec plus de 10 milliards USD de dette annulée, le Premier ministre Adolphe Muzito et son gouvernement ont décidé de mettre le cap sur le social. Un pari qu’il entend relever pour permettre à la population congolaise de « redresser son front longtemps courbé».
Qu’importe tout ce qu’on peut dire sur l’atteinte depuis le 1er juillet 2010 du point d’achèvement de l’initiative de réduction de la dette des pays pauvres très endettés (PPTE). Le succès de la RDC à cette épreuve a certainement des acteurs, ceux qui se sont investis jour et nuit à côté du président de la République pour permettre à la RDC de coupler à la fête du cinquantenaire l’effacement de plus de 10 milliards Usd d’une dette, dite « odieuse » qui s’est avérée comme un sérieux handicap au plan de reconstruction du pays.
Porté à la tête du gouvernement, après le départ du patriarche Antoine Gizenga, le Premier ministre, Adolphe Muzito, avait fait de l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE le point focal de son action à la tête de l’exécutif. L’effort et la volonté du chef du gouvernement a fini par payer.
Les plus sceptiques s’en doutaient. Mais, les institutions de Bretton Woods (FMI et Banque mondiale) qui se sont réunies en Conseil d’administration le 30 juin et le 1er juillet 2010, ont trouvé dans les actions du gouvernement une détermination à relever le défi, à gagner ce que nul autre gouvernement n’avait réussi auparavant. Le 1er juillet 2010 restera donc une date mémorable pour la RDC.
Un souvenir qui restera à jamais coller au nom du Premier ministre Adolphe Muzito. Il aura le mérite d’avoir amené la communauté internationale à consentir une réduction de plus de 10 milliards Usd de la dette de la RDC. Une dette dont il ne connaissait cependant pas la provenance. Mais, il a dû s’investir, lui et son gouvernement, pour décharger la RDC de ce fardeau.
Le social d’abord
Il s’agit, pour l’instant de s’arrimer à l’appel du Chef de l’Etat pour que le point d’achèvement consacre réellement ce « nouveau départ » en ouvrant de nouvelles perspectives de croissance à la RDC.
Les attentes légitimes après l’atteinte du point d’achèvement sont principalement d’ordre social pour l’ensemble de la population congolaise. D’ailleurs, les sacrifices consentis pour y arriver l’ont été pour cet objectif. Les 400 millions de dollars américains à dégager à partir de 2011, seront affectés principalement aux secteurs pro-pauvres : la santé, l’éducation, etc.
S’adressant aux étudiants de l’Université de Kinshasa, Jean-Claude Nachega, un acteur de l’ombre aux côtés du Premier ministre Muzito, a éclairé la lanterne de plus d’un. Il a révélé à cette occasion que la RDC était le plus grand bénéficiaire de l’initiative PPTE à ce jour.
Faisant l’historique de la dette congolaise, le directeur de cabinet adjoint du Premier ministre a indiqué que l’ensemble de la dette congolaise s’élevait à hauteur de 13,7 milliards américains. Ce qui représentait 125% du produit national brut. L’annulation est ventilée de la manière suivante : près de 400 millions USD auprès du FMI, plus d’un milliard USD obtenus de la Banque mondiale, 7 milliards USD du Club de Paris et des autres bailleurs de fonds, notamment l’Arabie Saoudite, … et du Club de Londres regroupant les créanciers privés.
Après l’annulation, le stock de la dette congolaise s’élève à ce jour à 2,9 milliards USD. La dette congolaise ne représente plus que 24 % du PIB en 2010, alors qu’elle était à 125% en 2009. L’effacement a ainsi concerné le principal et les intérêts pour un total de 12,3 milliards de dollars américains. L’atteinte du point d’achèvement ne doit pas être considérée comme un cadeau de la communauté internationale. Il s’agit d’une reconnaissance de la bonne exécution de la politique macro-économique mise en place par le gouvernement avec le concours des partenaires financiers.
Le capital humain
L’expert du Premier ministre en matière d’évaluation et de suivi du programme du gouvernement indique que les faiblesses budgétaires ont une incidence certaine sur le niveau du développement humain. Les dépenses liées à ce secteur ont quitté le seuil de 3,3% du budget pour atteindre 20%. Dans un environnement où près de la moitié du budget était consacrée au paiement des salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat, des policiers et militaires, investir dans le secteur influant sur le niveau du développement humain ne pouvait donner satisfaction.
La santé, l’éducation, le développement rural visent le capital humain appelé à produire davantage pour soutenir la croissance. Le cycle d’endettement qui avait pris la RDC en otage ne trouvait-il pas ses sources dans l’inexistence de la croissance, s’est interrogé Jean-Claude Nachega.
Ainsi, l’augmentation des recettes propres passent par l’amélioration du climat des affaires dans le but d’attirer davantage d’investissements étrangers.
Des perspectives au service de la croissance
Certes, le point d’achèvement ouvre de nouvelles perspectives pour la RDC, mais il ne constitue pas une panacée, a fait remarquer le dircaba d’Adolphe Muzito. L’accès à des ressources et à la crédibilité financière doit être géré avec modération et responsabilité. Le pays ne devra plus s’endetter qu’à des taux concessionnels pour ne pas créer un nouveau cycle de surendettement. Les dons devront être privilégiés à l’endettement.
Tout doit donc se faire en cas d’extrême nécessité, pense-t-il. Le respect des engagements pris sur le maintien des équilibres éviterait de virer au rouge, en faisant exploser le cadre macro-économique après le point d’achèvement. L’intensification de la lutte contre la corruption, l’orthodoxie financière et la bonne affectation des ressources à des investissements productifs demeurent des règles à respecter.
L’augmentation de la productivité de la Fonction publique participe également à la réduction de la pauvreté. Le plus important est d’opérer une répartition équitable des fruits de la croissance. La clé demeure la volonté d’investir dans le capital humain et dans les infrastructures. Une croissance annuelle à 3% est possible, si des investissements dans les infrastructures s’accumulent.
L’atteinte du point d’achèvement ouvre une nouvelle ère pour la RDC. Mais, le gouvernement qui ne s’en démarque, promet de gérer avec parcimonie les économies réalisées pour consolider les bases de croissance de l’économie nationale.
Le Potentiel
(DN/PKF/GW/Yes)