Le Royaume de Belgique fête ce mercredi 21 juillet 2010 ses 180 ans de naissance. A cette occasion, le Roi des Belges a prononcé un discours de circonstance dans lequel il a évoqué les relations entre son pays et la Rdc. Comme pour répondre à ceux qui à Kinshasa comme en Belgique, se sont donnés comme métier de pourfendre les dirigeants congolais et belges. Albert II en a appelé à la promotion du « respect mutuel aussi bien entre nos communautés et régions en Belgique, qu’entre les Etats européens, et dans nos relations avec le Congo ».

Il a ainsi rappelé « avoir proposé aux autorités Congolaises un nouveau partenariat, franc et constructif, axé sur les besoins de la population congolaise et soutenant les nouvelles institutions que le Congo s’est données démocratiquement ».


Occasion aussi pour l’ambassadeur de ce pays ami de faire la lecture des rapports avec l’ancienne colonie ayant fêté, elle, ses 50 ans d’affranchissement, le 30 juin dernier. Dominique Struye de Swielande, s’est livré à cet exercice le lundi 19 juillet dernier, au cours d’une conférence de presse de circonstance. A ce sujet, le diplomate belge a situé le réchauffement de la coopération belgo congolaise au début de l’année 2009, après des moments de crise alimentée par l’indélicatesse de certaines langues au Royaume. Pour l’ambassadeur, ce resserrement de liens se traduit et se matérialise dans divers domaines, notamment militaire, culturel, sanitaire. Plus ostentatoirement, ce rapprochement s’est concrétisé par des visites de différentes autorités belges, dont le couple royal belge, en République Démocratique du Congo.

Au sujet de cette fête nationale qui célèbre le 180e anniversaire de l’indépendance de la Belgique, le  diplomate belge a fait savoir qu’elle revêt, cette année un caractère particulier, à trois niveaux. D’abord, parce que cette fête coïncide avec le cinquantenaire de l’indépendance de l’ex-colonie, la Rdc. Ensuite, parce que la Belgique vit actuellement sous le régime d’un gouvernement démissionnaire. Et enfin, parce que les deux pays, Belgique et Rdc, ont resserré leurs relations depuis janvier 2009.

Dominique Struye démontre le resserrement de cette coopération: «Nous avons eu, dès le début de l’année, la visite en janvier, du Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères. Elle fut suivie, en février 2010 aussi, par la visite du Vice-Premier ministre et ministre de la Santé. En mars, nous avons eu la visite de la Vice-Premier ministre et ministre de l’Emploi. Et, enfin, en mars 2010 aussi, nous avons eu la visite du ministre de la Défense.» Un ballet diplomatique qui témoigne du rapprochement entre les deux pays, selon l’ambassadeur Dominique Struye de Swielande.

Par ailleurs, la Belgique intervient dans plusieurs domaines de coopération en Rdc. Il s’agit notamment des domaines militaire, humanitaire, culturel, sanitaire. Pour illustrer cette coopération, Dominique Struye a rappelé la décision de son pays d’augmenter l’aide alimentaire pour le Congo, à hauteur d’un million d’euros essentiellement pour assister les populations déplacées au Nord-Kivu.
 
Adresse du Roi des Belges à l’occasion de la fête nationale de Belgique

Mesdames et Messieurs,

Notre fête nationale me donne traditionnellement l’occasion d’aborder devant vous quelques sujets qui ont de l’importance pour notre pays. Cette année j’aimerais vous parler d’abord des perspectives que la nouvelle législature nous offre. J’évoquerai ensuite notre voyage au Congo lors du cinquantième anniversaire de l’indépendance de ce pays, et pour terminer je traiterai de la Présidence belge de l’Union Européenne.

Notre pays a été secoué par des tensions communautaires qui ont conduit à des élections anticipées et qui causèrent d’importants glissements politiques. A présent, ce qui importe c’est de se tourner vers l’avenir. Il y a donc lieu de préparer pour nos régions et communautés de nouvelles formes de vie commune où chacun se sent bien, de résoudre les questions épineuses qui ont divisé, et de trouver de nouveaux équilibres entre le fédéral et les entités fédérées.

Par ailleurs, et en même temps, toute notre énergie est nécessaire pour redresser notre économie et l’emploi. C’est ce que nos concitoyens attendent de tous les responsables à chaque niveau de pouvoir.

Les défis sociaux et économiques sont nombreux et j’en citerai trois parmi d’autres. Pour préserver notre sécurité sociale, il sera nécessaire de relever le taux d’activité de notre population. Pour garantir la solidité de notre économie, il y a lieu de revenir à l’équilibre budgétaire, et la décision a déjà été prise de l’atteindre en 2015. Pour sauvegarder et promouvoir l’emploi il est précieux de renforcer notre compétitivité.

J’en viens maintenant à notre voyage au Congo. La Reine et moi avons été très touchés par l’accueil si chaleureux que nous avons reçu. Nous avons senti toute l’amitié que le peuple congolais a pour la Belgique, avec qui il a partagé une longue histoire. J’ai pu dire aux Congolais que nous avons rencontrés, combien nous admirions le courage et la persévérance de la population, au cours d’une histoire qui a connu des moments heureux comme celui de cet anniversaire, mais aussi des périodes difficiles et parfois dramatiques. Cette admiration concerne toute la population, un peuple jeune et vivant où le rôle des femmes mérite d’être souligné. En effet, outre leurs tâches ménagères elles travaillent aussi pour assurer la subsistance de leur famille, mais dans certaines régions elles ont été victimes de graves violences.

Nous avons pu rencontrer de nombreux compatriotes, des coopérants, des religieux, des hommes d’affaires, qui tous font un magnifique travail pour répondre aux besoins de la population. Enfin, nous avons pu proposer aux autorités Congolaises un nouveau partenariat, franc et constructif, axé sur les besoins de la population congolaise et soutenant les nouvelles institutions que le Congo s’est données démocratiquement.

Notre vif espoir est qu’un tel partenariat entre nos pays puisse contribuer à consolider la paix en Afrique Centrale qui a tellement souffert. Cette paix est aussi vitale pour l’indispensable développement économique et social auquel notre pays est prêt à collaborer activement. La Présidence belge de l’Union Européenne vient de débuter, et je voudrais en évoquer quelques thèmes. Le premier concerne la stratégie européenne pour la croissance et l’emploi appelée aussi « Europe 2020 ».

Il s’agit notamment de porter à 75 % le taux d’activité des hommes et des femmes âgés de 20 à 64 ans, d’atteindre un montant des investissements dans la recherche et le développement équivalent à 3 % du produit intérieur brut, et de réduire les émissions de CO2 de 20 % par rapport à 1990. Ces objectifs ne peuvent constituer des vœux pieux et doivent être accompagnés dans les différents Etats de l’Union, y compris chez nous, de mesures d’exécution concrètes et d’un suivi au niveau de l’Union.

Il s’agit aussi d’améliorer les résultats sur le plan de l’enseignement, de renforcer la cohésion sociale et de réduire la pauvreté en cette année internationale de lutte contre l’exclusion sociale et la pauvreté.

Dans le domaine de la sécurité et de la justice notre présidence veillera à ce que l’Europe fasse des progrès.

Dans le cadre de cette présidence la Reine et moi, et d’autres membres de notre famille participerons à plusieurs réunions et séminaires européens sur des sujets spécifiques, comme la politique familiale, la lutte contre la pauvreté, le combat contre la traite des êtres humains, le développement d’un Child Focus européen, de même que la politique européenne en faveur des handicapés.

Pour chaque sujet dont je viens de parler il convient de nous mettre en devoir de favoriser un dialogue constructif, de promouvoir le respect mutuel aussi bien entre nos communautés et régions en Belgique, qu’entre les Etats européens, et dans nos relations avec le Congo.  C’est dans cette optique que la Reine et moi et toute notre famille, nous vous adressons à tous nos vœux de joyeuse fête nationale vécue dans la convivialité.

La République


(DN/TH/GW/Yes)