Une convergence de vues se dégage entre le gouvernement de la RDC et l’Eglise catholique en matière fiscale, aux termes d’un protocole d’accord signé récemment à Kinshasa entre les deux parties, dans le cadre de la campagne de sensibilisation du peuple congolais au civisme fiscal. Le protocole d’accord a été conclu, pour le gouvernement, à travers le ministère des Finances, et pour l’Eglise catholique, par le biais de sa commission « Justice et paix » de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).

Le ministre des Finances, Matata Ponyo, a remercié à cette occasion la CENCO, par le truchement de son président, Mgr Djomo, d’avoir accepté d’accompagner le gouvernement dans la sensibilisation des citoyennes et citoyens congolais à des vertus citoyennes « pour faire de la RDC un pays beau, grand et prospère ».

M. Matata Ponyo, évoquant les raisons qui ont milité en faveur de cette campagne, a indiqué qu’il ressort, du constat fait d’une manière générale, selon lequel le Congolais ne s’acquitte plus de ses obligations en matière d’impôts et taxes, alors que la reconstruction et le développement du pays nécessitent la mobilisation d’importantes ressources publiques, en vue de la fourniture des services dans les conditions d’efficacité acceptables.

Pour le ministre Matata, cette reconstruction passe par le paiement des impôts, droits et taxes par tous les citoyens congolais, en vue de permettre à l’Etat d’optimiser les ressources publiques destinées à couvrir de nombreuses charges que celui-ci (l’Etat) doit notamment en matière d’éducation, de réhabilitation et de construction des infrastructures de base, et de couvrir les soins de santé… Il a également indiqué que ce défi ne peut être relevé sans la sensibilisation et la conscientisation des redevables, tant nationaux qu’expatriés, sur la nécessité de s’acquitter de leurs obligations vis-à-vis du Trésor public.

Le ministre des Finances a mis un accent particulier sur le fait que tout le monde, (citoyens congolais, résidents, opérateurs économiques, organisations associatives…) est appelé à payer les impôts et taxes, en vue de donner à l’Etat les ressources financières indispensables au processus de développement de tout un chacun et de la nation tout entière.

« La République Démocratique du Congo connaît une crise multiforme accentuée par les pillages de triste mémoire et les guerres à répétition qui ont détruit l’essentiel de ses infrastructures économiques et sociales.  Cette situation a placé le pays dans l’impossibilité d’assumer correctement ses obligations envers les citoyens dans un monde pourtant sans cesse en progrès », a souligné le ministre Matata.

Le financier de la République estime que la campagne de sensibilisation au civisme fiscal constitue la meilleure stratégie pour améliorer la gouvernance et assurer sa visibilité, en vue d’éveiller la conscience des populations, toutes les classes confondues, en leur rappelant le sens civique d’appartenir à un pays.

Il soutient que le « consentant » à l’impôt est donc le redevable qui, après avoir été informé et éduqué à contribuer à la vie de la collectivité, a décidé de payer l’impôt à la hauteur de sa capacité contributive. Ce comportement, devenu courant dans la société démocratique industrialisée, doit désormais, selon lui, « s’ancrer dans notre culture ». Le ministre  Matata, concernant l’implication dans l’action de sensibilisation des citoyens au civisme fiscal, a loué cette  collaboration « qui n’est pas ponctuelle ni conjoncturelle mais plutôt permanente ».

L’Eglise s’est placée dans l’optique de la recherche systématique de l’élévation de l’homme à des valeurs de solidarité et de charité.

Il a indiqué, en ce qui concerne le point relatif au changement de l’homme, « qu’il est ici question du citoyen ordinaire qui doit payer ses impôts, de la classe moyenne qui est le moteur des activités multiformes créatrices de richesses et de l’homme politique qui gère ou à vocation de gérer la communauté et qu’il doit montrer l’exemple en payant lui-même ses impôts et lorsqu’il gère, en faisant une utilisation juste, concrète et judiciaire des ressources et biens publics ».

Acp


(TN/Milor/GW/Yes)