La réforme de Wall Street, bientôt promulguée par le président américain Barack Obama, contient une disposition visant à couper les vivres aux groupes armés qui s’enrichissent grâce au commerce de métaux servant à fabriquer des produits de haute technologie. La mesure, insérée dans la masse de plus de 2.300 pages du projet de loi de réforme financière adopté jeudi au Congrès, prévoit de tenter d’enrayer le commerce de quatre minerais utilisés notamment pour la fabrication de téléphone cellulaires.

« Les Congolais ont trop longtemps été des pions dans la lutte sanglante entre groupes armés, qui ont financé leurs violentes campagnes de terreur avec le produit d’une activité minière illicite » a déclaré jeudi le représentant démocrate Howard Berman, président de ma commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants.

Le projet de loi exige de la part des entreprises qui font des affaires en République démocratique du Congo (RDC) et dans les pays voisins qu’elles déclarent aux autorités américaines où elles acquièrent l’oxyde, l’étain, le coltan, la wolframite et l’or. Le texte réclame également de la part de ces entreprises qu’elles conduisent des audits réguliers pour s’assurer qu’elles ne contribuent directement ou indirectement à un conflit armé.

En outre, il appelle le département d’Etat à élaborer une nouvelle stratégie pour traiter la question du commerce illicite de minerais et les liens avec les groupes armés. A l’inverse des diamants, ces minerais ne peuvent être testés chimiquement pour déterminer leur provenance, ce qui complique la lutte contre ce genre de commerce. L’Est de la RDC a connu une série de conflits depuis les années  1990. L’exploitation des ressources du pays par des factions armées a été dénoncée régulièrement par l’ONU et les ONGS.

Satisfecit du gouvernement de la RDC

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a suivi avec le plus grand intérêt le vote d’abord au Congrès le 30 juin, puis au Sénat américain le 15 juillet du projet de Loi appelé Wall street reform and consumer protection act également connu sous le nom de Financial reforma act.

Ledit projet de loi, outre qu’il prévoit d’enjoindre les compagnies pétrolières, gazières et minières immatriculées auprès de la Securities and Exchange Commission - ESEC - de publier leurs revenus et les paiements fiscaux qu’elles adressent à tous les gouvernements du monde, a le mérite de stipuler clairement que les compagnies dont les produits contiennent de la cassitérite, du coltan, de la wolframite et de l’or, seront tenues de faire savoir si ces minerais leur sont parvenus en provenance de la République démocratique du Congo - RDC - ou d’un pays voisin à celui-ci ; auquel cas, les compagnies devront préciser les mesures qu’elles auront prises afin d’éviter que lesdits minerais proviennent de groupes armés qui endeuillent notre pays.

Comme on peut le percevoir, l’intérêt de ce projet de loi pour notre pays n’est pas à démontrer. Puisqu’il vient contribuer à régler efficacement l’épineuse question des minerais « du sang » tout en confortant notre volonté d’établir des pratiques commerciales responsables à même de permettre à notre peuple de tirer des dividendes réelles des ressources du sol et du sous-sol de la République. Le gouvernement de la République démocratique du Congo exprime toute sa reconnaissance à l’égard de l’Exécutif et du Législateur américains pour cette noble initiative qui va dans le sens de nos intérêts nationaux. Le gouvernement lance un appel aux autres membres & la Communauté internationale qui expriment souvent leur préoccupation face au commerce illicite de  minerais qui alimente les conflits armés en RDC à suivre cet exemple des Etats-Unis afin de donner une portée universelle à cette initiative.


Fait à Kinshasa, le 17 juillet 2010.

Lambert MENDE OMALANGA
Ministre de la Communication et des Médias
Porte Parole du gouvernement


APA/AfricaNews


(DN/TH/GW/Yes)