L’agriculture biologique est très rependue et bien soutenue en ce début du 21ième siècle. Mais qu’est ce que l’agriculture biologique ? Une clarification de la question en est présentée par le Congolais de la diaspora Roger Ndona Kayamba depuis Vienne en Autriche
Lorsque la révolution verte prend pied au Mexique en 1943, celle-ci repose largement sur l’utilisation d’engrais chimiques et de pesticides pour augmenter et améliorer rapidement le rendement agricole dans les pays en développement. C’est l’orgueil de l’occident qui fait échos, mais cette innovation technique conçue pour le progrès de l’humanité apporte avec elle un lourd tribut environnemental. L’obligation de réorienter les techniques de la révolution verte poussent les responsables en charge du développement et de la promotion de l’agriculture à réaménager l’environnement.
C’est de ce concept que naît au sens large, l’idée d’une agriculture propre et durable basée sur les exigences de préserver l’environnement, c’est-à-dire les exigences fondées sur le respect du vivant et des cycles naturels, qui gère de façon globale la production en favorisant l’agro-système mais aussi la biodiversité, les activités biologiques des sols et les cycles biologiques.
Bien qu’elle soit la plus ancienne forme d’agriculture durable, sa vulgarisation sur l’échelle mondiale date des années 72. Sa production mondiale est encore minime, mais elle est progressivement en expansion. Si l’Europe et l’Amérique prennent la tête, l’Afrique et le Congo Démocratique sont à la traîne.
Dans un monde qui se veut moins polluant, l’agriculture biologique possède des avantages non négligeables, entre autres, la suppression de nuisances liées aux pesticides pour les nappes phréatiques et les eaux de surfaces, la faune et les humains. Elle utilise moins de matériaux issus de la pétrochimie et retarderait ainsi la consommation pétrolière, ce qui est bon pour l’écologie.
L’approche biologique repose donc sur l’hypothèse fondamentale que les techniques agricoles font appellent à la nature. Des liens étroits sont établis entre le producteur et la nature, et les techniques et les méthodes adaptées aux besoins de l’environnement sont élaborées en fonction du voisinage immédiat à travers un processus prévoyant l’exclusion possible d’engrais chimiques et de pesticides en limitant l’emploi des facteurs de production (les intrants).
En d’autres termes, l’agriculture biologique est différente de l’agriculture conventionnelle qui compense le prélèvement des nutriments du sol par l’adjonction d’engrais de synthèse, et lutte contre les insectes et les mauvaises herbes à l’aide de pesticides de synthèses. L’agriculture biologique se caractérise par les techniques de pratiques naturelles de lutte qui protège les cultures des insectes par l’emploi des insectes entomophages.
Lorsqu’il s’agit de lutter contre la prolifération de plusieurs insectes, on pratique des cultures associées en combinant plusieurs espèces végétales. Pour une société humaine, écologiquement durable et une économie viable, socialement équitable, l’agriculture biologique utilise la perm-culture. Celle-ci se base sur une éthique, dont découlent des principes et des techniques permettant une intégration des activités humaines avec les écosystèmes.
L’agriculture biologie utilise des techniques agricoles simplifiées, pour éviter l’érosion du sol. Elle pratique le semis direct sous couvert, pour restituer au sol les nutriments prélevés par les cultures précédentes, entretenir les bactéries permettant leur assimilation par les plantes, et limiter le développent des adventistes. En culture biologique, le compostage et le paillis permettent de restituer les nutriments au sol, de limiter les méfaits des intempéries et d’entretenir le développement de l’humus. Le déchet liquide produit par les animaux domestiques (le purin) permet de tuer les insectes, les adventices et les parasites, il constitue aussi un engrais biologique fertilisant.
L’impact social de l’agriculture biologique est visible à travers les augmentations de prix de produits agricoles dans le monde. C’est ici que nous appelons le pays du bassin du Congo, à l’occurrence la République Démocratique du Congo à développer cette forme d’agriculture durable pour améliorer la société agricole congolaise d’autant plus qu’elle est considérée comme non polluante et naturellement biologique.
Un tel développement permettra de diminuer l’exode rural en améliorant la viabilité à long terme des exploitations et l’image des paysans, car l’agriculture biologique est liée à une préférence pour les productions locales et les circuits courts. Lorsque le paysan Congolais sera solidement sédentarisé, les productions agricoles biologiques seront relocalisées et revitaliseront les tissus socio-économiques locaux.
Cependant, un débat sur les produits biologiques s’amplifie : Sont-ils plus sains pour les consommateurs ? Contiennent-ils moins de pesticides ? Sont-ils cancérigènes ? Ont-ils un meilleur goût ? Les fertilisants organiques sont-ils préférables ? Quels rendements ? Est-elle naturelle ? Quel est son avenir ? Telles sont des tas de questions que la plupart des gens, y compris des scientifiques posent.
L’on peut répondre à ces questions comme ceci : L’agriculture est par essence non naturelle, toute forme d’agriculture, biologique ou conventionnelle est le fruit de l’évolution de l’homme qui a acquit la capacité de maîtriser et d’exploiter son environnement à son profit. Le fait de modifier par souci évolutif certaines pratiques de culture ne change pas beaucoup le schéma classique qui veut que toute innovation technique soit un progrès pour l’humanité, pourvu qu’il soit appliqué avec finesse. Néanmoins, l’agriculture biologique se diffuse lentement dans le milieu agricole professionnel et mais, reste marginale. Elle trouve la plupart de ses partisans parmi les néo-ruraux et les mouvements écologiques des villes.
Dr. Roger Ndona Kayamba
(DN/Yes)