« Depuis, je n’avais plus entendu parler de cette affaire. Cela alors que j’ai eu à plusieurs occasions à séjourner en Belgique lors de mes incessants voyages en Europe. En somme, pour moi, cette affaire n’en est pas une ».
Après l’annonce de sa condamnation à Bruxelles faite par le journal « La Dernière Heure », nous avons approché le chanteur Félix Wazekwa qui nous a livré sa réaction dans l’entretien que nous publions ci-dessous.
Visa : comment avez-vous appris votre condamnation annoncée en Belgique par le journal « La Dernière Heure » ?
Félix Wazekwa: C’est par des amis vivant en Belgique qui ont lu cette information dans le journal que vous avez cité. Mes avocats en Europe ont aussitôt réagi en formant opposition contre ce jugement par défaut.
Visa : Connaissiez-vous l’existence de cette procédure judiciaire engagée contre vous en Belgique ?
F.W. : Jamais, jamais. Je n’en avais jamais été notifié, je n’étais au courant de rien jusqu’au jour où des amis m’ont appelé de Bruxelles pour m’informer qu’il y a un jugement de condamnation rendu contre moi par un tribunal belge. Je ne sais même pas précisément de quel tribunal il s’agit.
Visa : L’affaire date de 2004. Depuis, vous avez effectué plusieurs voyages dans l’espace Schengen et donc aussi en Belgique. N’aviez-vous jamais eu vent de ce procès?
FW. : Pas du tout. Autrement, j’aurai pris des dispositions pour ma défense car, j’ai de solides éléments et des preuves pour ma défense.
Dans cette affaire, c’est moi qui, normalement, aurais dû saisir la justice belge en raison des préjudices que j’avais subis de la part des services d’immigration. C’est, en fait aujourd’hui, à un procès initié par le bourreau contre sa victime qu’on assiste. Je me dis qu’ils n’avaient peut-être pas, en engageant ce procès, les moyens de me contacter ce dont on peut légitimement.
Face au refus de Blaise Wanga et des danseuses de céder au chantage, on leur a fait signer un document relatif à leur renvoi à Kinshasa. Pour ma part, j’ai été retenu de 6 à 23 heures dans un bureau. Face à un tel préjudice moral et financier, il me revenait donc, à moi, de porter plainte.
Dommage que je n’en ai pas eu la présence d’esprit à l’époque. Car, dans cette affaire, c’est moi qui ai été lésé alors que j’étais dans mes droits. La police belge, au moment des faits, était embarrassée. Voilà pourquoi elle m’avait laissé quitter la Belgique pour la Suède où je devais aller jouer.
Visa: Pour vous, l’affaire avait été classée sans suite...
F.W.: En effet, depuis, je n’avais plus entendu parler de cette affaire. Cela alors que j’ai eu à plusieurs occasions à séjourner en Belgique lors de mes incessants voyages en Europe. En somme, pour moi, cette affaire n’en est pas une.
Visa: Vous êtes attendu avec Werrason, Tshala Muana, Mbilia Bel et d’autres musiciens du pays pour jouer au Palais des Beaux-Arts à Bruxelles le 16 juillet à l’occasion du Cinquantenaire de la Rdc. Ferez-vous le déplacement ?
F.W : J’attends l’avis de mes avocats pour ce voyage. Car, comme vous le savez, dans notre monde musical, beaucoup n’aiment pas voir les autres évoluer. On ne sait pas ce qui peut arriver sur le plan administratif.
En fait, l’opposition formée à Bruxelles par mes avocats suspend l’exécution du jugement. Je suis serein et prêt à assurer ma défense, preuves à l’appui. Moi, chaque fois que certains de mes musiciens faisaient défection en Europe, je saisissais la police beIge. Si Deblaison et les deux danseuses avaient été des «ngulu » et m’avaient versé de l’argent pour ce voyage, ils n’auraient pas accepté d’être refoulés, de signer un document pour cela alors qu’on leur offrait le droit d’exil contre mon arrestation. Voilà.
Kale Ntondo /Visa
(Milor/BT/TH)