C’est tard dans la soirée du lundi 12 juillet 2010 que le Premier ministre Adolphe Muzito a reçu en audience, en son cabinet de travail, une délégation de syndicalistes de l’Administration publique venue déposer un cahier des charges pour revendiquer le réajustement salarial. Conduite par Modeste Rashidi Kayombo, porte-parole des Syndicats indépendants de l’administration publique, la délégation a fait le pied de grue pendant plusieurs heures avant d’être reçue alors qu’une poignée de manifestants brandissaient des calicots en claironnant des chansons de protestation sociale devant la primature à Kinshasa.

Les manifestants réclament du gouvernement l’application du « barème de Mbudi », un accord passé dans un quartier suburbain de ce nom dans la périphérie de la commune de Mont Ngafula où s’était conclu en février 2004 un arrangement sur le barème salarial entre les représentants des fonctionnaires et le gouvernement. Cet accord concernait toutes les catégories des fonctionnaires de l’Etat.

Le Premier ministre Adolphe Muzito a reçu tard dans la soirée ces manifestants au nombre d’une centaine de fonctionnaires, air grave et décidé, qui réclamaient le réajustement à la hausse de leurs salaires. D’après eux, il n’y a pas de raison de ne pas obtenir ce réajustement concédé récemment aux secrétaires généraux de la Fonction publique. Au terme de cette audience, Modeste Rashidi Kayombo, porte-parole des Syndicats indépendants de l’administration publique, a expliqué à la radio onusienne Okapi le sens de la démarche des fonctionnaires de l’Etat

«Nous exigeons l’extension du barème de Mbudi déjà payé aux secrétaires généraux, à toutes les catégories des agents et fonctionnaires de l’Etat, sur toute l’étendue de la République… maintenant que la RDC a atteint le point d’achèvement, c’est-à-dire le processus qui allège environ 90% de sa dette ».

Dans le mémorandum adressé au Premier ministre Adolphe Muzito, les syndicalistes ont dénoncé la discrimination et la mauvaise répartition des richesses nationales par le gouvernement, en violation de la Constitution. Ils estiment que le personnel politique consomme 90% de l’enveloppe salariale du pays, ne laissant que 10% aux fonctionnaires. Les délégués des fonctionnaires ont rappelé que le gouvernement promet le salaire décent de Mbudi depuis 2004.

En réponse aux fonctionnaires, le Premier ministre Adolphe Muzito a indiqué qu’il n’y avait pas de barème pour les secrétaires généraux. Il a proposé la création d’une commission pour examiner leurs revendications et étudier les possibilités de les intégrer aux crédits additionnels prévus dans le budget au second semestre de 2010. Tout porte à croire qu’un aggiornamento a été trouvé au terme de cette rencontre capitale pour les fonctionnaires qui sont en grève depuis près de deux mois.

Louis-Paul Eyenga Sana/Le Potentiel


(DN/TH/GW/Yes)