Le président de la Commission économico-financière et de la bonne gouvernance du Sénat, Evariste Mabi Mulumba, a salué les efforts du gouvernement de la République d’avoir atteint « des résultats dans un domaine aussi complexe que la recherche de l’allègement de la dette extérieure ». L’annulation de cette dette amène une sérénité et l’ouverture d’autres possibilités dans la gestion des ressources affectées aux infrastructures pour s’engager dans un processus de développement durable, a-t-il indiqué, lors d’une émission spéciale diffusée sur la chaine privée Digital Congo TV.

Il a jugé important pour le gouvernement d’être prudent pour ne pas casser le cadre macro-économique et donner d’une main ce qu’on retire de l’autre, parce qu’on a amené « l’instabilité macro-économi­que ». Dans ce contexte, l’ancien Premier ministre sous le régime Mobutu, a demandé à l’Exécutif national de porter une attention particulière sur  l’utilisation efficiente des économies réalisées à la suite de l’allègement de la dette extérieure congolaise.

« Normalement, nous devrions payer annuellement 922 millions de dollars. Après le point d’achèvement, notre paiement du service de la dette annuel va tomber à 184 millions de dollars. Ce qui fait que nous avons pu gagner, en termes d’allégement, près de 728 millions de dollars », a-t-il dit.

Au moment où elle est entrée en programme avec le Fonds monétaire international (FMI), la RDC avait une dette de 14 milliards de dollars, a précisé le sénateur Mabi. Au mois de septembre 2002, a-t-il rappelé, le Club de Paris avait annulé, sur 14,6 milliards, 4,6 milliards de dollars US.!

« Nous étions restés avec 10 milliards et au point d’achèvement, il était prévu qu’on l’annule et qu’il nous reste, en résiduel, 2,5 milliards de dollars US. Donc, on n’annule pas toute la dette. On l’allège d’un montant très important », a souligné Mabi Mulumba.

Il a également rappelé la spirale de l’endettement qui a pris en tenaille la RDC vers les années 70 avec la réalisation de grands travaux notamment la construction du barrage hydro­éléctrique d’Inga. « En 1986, notre dette extérieure était de 6 milliards de dollars US, provenant d’une dette de 3,5 milliards. En 1990, cette dette s’est élevée à 7,7 milliards US.

Dix ans après, elle était de 14,6 milliards, sans qu’on ait contracté de nouvelles dettes. Comme à l’échéance, on ne rencontrait pas l’échéance de la dette les intérêts étaient capitalisés. Et à force de procéder à ce système, je prends les 77 milliards de 1990 et nous sommes tombés à 14,6 milliards
dollars, a-t-il fait savoir.

Le fardeau de cette dette allégée début juillet à 90% faisait dire aux gens, quand on  voit l’ampleur de ce montant, que la RDC a reçu autant d’argent, sans obtenir des résultats palpables, a dit en substance le sénateur Mabi. « En réalité, il n’y a pas eu d’entrée d’argent frais. C’était la capitalisation des intérêts de retard qui ont entraîné le doublement de la dette, a confié le président de la Com­mission Ecofin du Sénat.
Il a, par ailleurs, recommandé au gouvernement de recourir qu’à des financements concessionnels avec des taux d’intérêt réduits, dans le cadre des engagements pris avec ses partenaires.

« L’autre engagement pour éviter de rentrer dans la spirale de la dette, c’est d’engager les ressources provenant de l’endettement dans des secteurs qui peuvent inciter à accroître la richesse », a-t-il soutenu. Le sénateur Mabi a aussi plaidé pour le recours à de nouvelles formes de partenariat public privé (PPP) « où, en  fait, les financements, qui arrivent, n’alourdissent pas la dette extérieure ».

ACP


(DN/TH/GW/Yes)