Les bonnes nouvelles ne font que s’accumuler après l’atteinte le 1er juillet 2010 du point d’achèvement de l’initiative de réduction de la dette des pays pauvres très endettés (I-PPTE). La rigueur observée depuis quelque temps dans la tenue des finances publiques a fini par payer. Jusqu’en juin 2010, le compte général du Trésor a affiché un excédent impressionnant de 184 milliards de Fc. De quoi motiver le gouvernement à s’attaquer armes à la main aux grands chantiers de la reconstruction.

Pour le ministre des Finances, Matata Ponyo Mapon, qui s’est offert mardi aux questions de la presse, le cap est mis sur la croissance pour un développement durable de la RDC. Le président de la République n’avait pas tort de dire dans un de ses messages à la Nation que la RDC se portait « mieux qu’il y a quinze ans ».


Le chef de l’Etat ne croyait donc pas rêver. Car, la réalité vient de confirmer l’espoir suscité par le président de la République. Dans la dynamique de la bonne nouvelle du 1er juillet 2010, la RDC se porte encore mieux qu’avant le point d’achèvement de l’I-PPTE et envisage d’accumuler des performances pour un « nouveau départ » dans la voie de la reconstruction. L’évolution de principaux indicateurs macro-économiques entre mars et juin 2010 le prouve.

Devant la presse réunie mardi 13 juillet en la salle de réunions du ministère des Finances, Matata Ponyo Mapon, ministre des Finances, s’est montré confiant. Point focal du suivi des programmes conclus avec les institutions de Bretton Woods (IBW), le ministre des Finances a, à cette occasion, livré le ton du ministère, sans doute, pour fixer les nouvelles priorités et fixer l’opinion sur les nouvelles balises adoptées par le gouvernement pour ne plus retomber dans un nouveau cycle d’endettement. Avec des « économies cumulatives » réalisées du fait de l’allégement de sa dette, la RDC dispose, croit-il, des marges de manœuvre assez larges pour aborder avec certitude les grands travaux de la reconstruction dans le cadre des « Cinq chantiers » de la République.

Raffermissement des finances publiques

Déjà, le compte général du Trésor a affiché à fin juin 2010 un excédent budgétaire de 184 milliards de Francs congolais, selon les chiffres communiqués hier mardi par le ministre des Finances. Mais, au niveau de la Banque centrale du Congo, qui en fait mention dans son dernier numéro des « Notes de conjoncture » clos à la date du 9 juillet 2010, cet excédent se fixerait à 218,06 milliards de Fc. La tendance haussière de cet excédent, à près d’une semaine d’intervalles, est le signe du grand travail qui s’est abattu au niveau du ministère des Finances pour permettre à l’Etat de se doter des moyens de sa politique.

Pour le ministre des Finances, « cette situation s’explique fondamentalement par la gestion rigoureuse et transparente des finances publiques ». C’est s’inspirant de ce « tableau macroéconomique reluisant, qui a été le dernier déclencheur déterminant pour l’atteinte du point d’achèvement », que le FMI et la Banque mondiale ont tranché respectivement les 30 juin et 1er juillet 2010 en faveur de la RDC.

Selon lui, l’atteinte du point d’achèvement – « aboutissement des efforts entrepris depuis 2001 par les gouvernements précédents et poursuivis par des équipes ministérielles successives tant au niveau des Finances et du Budget que d’autres ministères sectoriels associés au programme » - augure donc de bonnes perspectives pour le développement durable de la RDC.

Très convaincant devant la presse, le ministre des Finances a rappelé que l’atteinte du point d’achèvement a été un cinglant démenti aux plus sceptiques qui prédisaient un naufrage du cadre macroéconomique après les festivités du 30 juin 2010. Jamais le taux d’inflation et le taux de change, note-t-il, n’ont affiché des chiffres aussi impressionnants comme ceux enregistrés entre mars et juin 2010.

Les chiffres qui ont tout changé

Estimé en termes annualisés à 31% à fin février 2010, le taux d’inflation a été ramené dans un premier temps à 12% fin mai, puis à 9% au 30 juin 2010. Même tendance sur le marché de change où le taux s’est fixé à 921 Fc/Usd en février 2010 pour se stabiliser durablement depuis mars autour de 903 Fc ; une parité qui s’est maintenue jusqu’à fin juin.

Depuis son arrivée en février 2010 à la tête du ministère des Finances, Matata Ponyo a imposé un rythme jusqu’à faire plier le FMI et la Banque mondiale qui, cependant, avaient prévu de décaler l’examen du dossier RDC pour après juin 2010. Devant des performances affichées par la RDC, le FMI et la Banque mondiale sont donc revenus sur leur décision, inscrivant alors le dossier à l’ordre du jour de leur Conseil d’administration du 30 juin et 1er juillet 2010.

Alors, au ministre des Finances de souligner : « Personne ne pouvait s’attendre, au regard de la conjoncture observée au cours de deux premiers mois de l’année 2010 (4,24% d’inflation), à de telles performances en un temps record ». Et de poursuivre en faisant remarquer que « ces performances sont d’autant plus remarquables qu’elles se sont réalisées dans une période critique d’intensification des travaux du Cinquantenaire dont le financement monétaire, selon les prévisions de certains spécialistes de la question, devait propulser le taux de change à plus de 1.200 francs congolais le dollar américain avant juin 2010 ».

Tous les mauvais pronostics ont été déjoués, le double pari fixé par le président de la République : l’atteinte du point d’achèvement à fin juin et les festivités du Cinquantenaire, ayant été réalisé sans qu’une surchauffe ne se ressente au niveau du cadre macroéconomique. Le FMI et la Banque mondiale ne pouvaient donc se retenir face à ce tableau aussi reluisant. « Avec la rigueur qu’il fallait, le gouvernement a atteint les deux objectifs qui paraissaient être des convergences parallèles », a dit Matata Ponyo. Ce qui a permis aux IBW, a-t-il révélé, « à la demande du gouvernement, de revisiter à juste titre, leur chronogramme, en intensifiant à leur tour les travaux nécessaires au niveau de leurs staffs respectifs ».

Par ailleurs, note le ministre des Finances, l’allégement de la dette offre de nombreux avantages à la RDC. Déjà avec l’atteinte du point d’achèvement, le pays bénéficie d’un effacement de 10,8 milliards Usd sur une dette nominale de 13,7 milliards Usd arrêtée à fin décembre 2009. Or, sans cet allégement, note-t-il, la RDC devait se plier à un service de la dette représentant 125% de son Produit intérieur brut. Mais, avec l’allégement de la dette, ce service est rendu soutenable, car ne représentant à peine que 25% du PIB. De quoi ouvrir d'autres opportunités au pays pour aborder avec sérénité les grands chantiers de la reconstruction.

De nouvelles opportunités

Sans verser dans la démagogie, Matata Ponyo a toutefois précisé que les économies cumulatives réalisées en termes de service de la dette ne renvoient pas à une somme d’argent qui « va tomber dans l’immédiat dans l’escarcelle du gouvernement de manière à entreprendre aussitôt des dépenses de cette hauteur ». Les facilités obtenues au point d’achèvement, a-t-il fait remarquer, devaient plutôt aider la RDC « à élargir son espace budgétaire et à dégager progressivement des ressources supplémentaires pour le financement des dépenses prioritaires de développement dans le cadre des cinq chantiers ; à accéder à des appuis budgétaires des partenaires au développement ; à améliorer sa crédibilité sur les marchés financiers internationaux ».

Aussi, en dépit du point d’achèvement, pense le ministre des Finances, « nous devons continuer à faire preuve de la même rigueur et de la même discipline dans la gestion des finances publiques (Ndlr : celle dont a fait mention le Chef de l’Etat dans son message du 4 juillet 2010), car la stabilité du cadre macroéconomique s’impose à notre pays, non pas du seul fait d’être en programme avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, mais surtout parce que c’est une des conditions essentielles et permanentes à l’amélioration du climat des affaires et au développement économique durable ».

La RDC dispose des atouts pour se redresser er émerger la décennie qui vient

« La RDC peut se redresser et émerger dans les dix ans : d’ici 2020 », relèvent le « numéro spécial indépendance » de la revue « Anticipation et prospective africaine » (APA) dont un exemplaire a été remis mardi à la bibliothèque de l’ACP. Dans un communiqué accompagnant cette publication, Mgr Tharcisse Tshibangu Tshishiku, au nom du comité éditorial de l’APA souligne que « tout en comptant sur diverses contributions extérieures, judicieusement appréciées, et bien maitrisées de la coopération régionale et internationale, il est clair que l’avenir prospère, heureux et stable du Congo, dépend avant tout des Congolais eux-mêmes.

Ecrit en 160 pages, le numéro spécial de la revue APA contient des  articles, des études, des réflexions et des documents. Parmi les articles, on trouve « Quelle espérance pour le Congo de demain et d’après demain : contribution pour la célébration du cinquantenaire, « La tenue et les conclusions de la table-ronde politique de janvier 1960 » par le Pr. Mutamba Makombo et « Consciences sociales et mobilisation des ressources humaines pour le décollage de la nation » par le Pr. Mwabila Malela.

Les études portent sur « la gouvernance du développement en Afrique post-coloniale (1960-2010) » par le Pr. Kabeya Tshikuku, « La RDC : un laboratoire du développement ? : Bien-être et développement ? Bien-être ou développement ? » par le Pr. Yoka Lye Muadaba. Dans la série « Réflexion », le Pr. F. Mukoka Nsenda a écrit sur « La trilogie gouvernementabilité, gouvernance et gouvernabilité » dans la dynamique politique congolaise 50 ans après : pour une autre  trajectoire ». Parmi les documents publiés dans l’APA, figurent les trois discours prononcés au moment de l’indépendance le 30 juin 1960 par le roi Baudouin de Belgique, le Président Joseph Kasa-Vubu et le Premier ministre Patrice-E. Lumumba.

Le Potentiel/ACP


(DN/TH/GW/Yes)