Passé aujourd’hui le cap de la commémoration le 30 juin dernier du Cinquantenaire de l’Indépendance, la perspective de remaniement alors mis en veilleuse du gouvernement revient à l’ordre du jour entraînant l’agitation de la scène politique congolaise sous hantise de chambardement.
Le bruit court à travers la capitale. Il s’est fait plus persistant le week-end dernier. Dans l’attente de la petite finale du mondial le samedi 10 juillet et de la grande le dimanche, où tout le monde s’attendait à voir un émissaire de la présidence crever le petit écran sur la chaîne nationale. Rien ne s’est passé cependant.
Mais pour dire vrai, il n’y avait pas de fumée sans feu. Après l’atteinte du point d’achèvement, le Chef de l’Etat est résolu à entamer un nouveau départ avec de nouveaux athlètes. Non pas que la vieille garde qui l’a accompagné depuis 2007 a démérité. C’est plutôt parce que celle-ci a épuisé toutes ses batteries dans un combat épique contre les institutions de Breton Woods. Imposer à cette équipe qui a remarquablement gagné une nouvelle compétition, serait injuste.
Ses membres ont grandement besoin du repos de guerrier. Car, à l’horizon, il se profile un autre pugilat, impitoyable à tout point de vue : maintenir la stabilité macroéconomique du pays et assurer sa croissance. Et le nombre de rounds que va imposer ce nouveau combat demeure encore inconnu.
Pour relever le défi qui s’annonce, il faut de nouvelles énergies ; Un peu comme au cours d’une partie de football, les rôles de chaque groupe sont clairs. Le lot des premiers collaborateurs a été obligé de jouer complètement à l’offensive jusqu’à arracher le but salutaire que la nation attendait tant. Le second lot en gestation et qui va précéder les élections de 2011, sera le champion de la défensive. A n’importe quel prix, il a la lourde responsabilité de conserver le but marqué par les prédécesseurs.
Toute proportion gardée, le Chef de l’Etat a matérialisé cette exigence naturelle lors du dernier remaniement intervenu le vendredi 19 février 2010. Comprenant que certains ministres étaient essoufflés, J. Kabila les a remplacés. A 4 mois du point d’achèvement, ces changements s’étaient avérés salutaires. Dans tous les salons huppés de la capitale, on se demande où en serait le pays aujourd’hui Si le Président de la République n’avait pas fait monter sur le terrain d’autres compétiteurs.
C’est à un exercice de ce genre, mais beaucoup plus étendu que le numéro 1 congolais veut se livrer dans les tout prochains jours. Suivant le plan arrêté, tous ceux qui se sont pérennisés au gouvernement depuis Gizenga I vont immanquablement partir. Suivront ensuite tous ceux qui auront pulvérisé le record dans la durée après les plus anciens. Dans cette optique, des ministres qui paraissaient indéboulonnables sont parmi les premiers sur la liste des départs.
Même les Chefs des différentes coalitions sont visés cette- fois par le changement. Habitués à s’auto reconduire, ils sont coincés aujourd’hui. Des sources signalent qu’obligation leur a été faite de présenter de nouvelles candidatures aux postes ministériels qui leur échoient. Grâce à cette ouverture qui s’annonce, tous les talents qui ont longtemps moisi au sein de la majorité vont pouvoir enfin voir le soleil se lever dans leur vie. Eux qui ont été contraints de jouer la figuration et de servir d’éboueur sans leur famille politique. C’est principalement à cause de cette situation que la plupart d’entre eux n’ont pas hésité de relever le camp volage de la résistance et de la réforme;
Aujourd’hui, le vent tourne dans un sens beaucoup plus favorable pour eux. D’autres grandes surprises liées au vent nouveau du Cinquantenaire risquent d’être au rendez-vous. On parle avec persistance, par exemple, du « triomphe du gender » Passons.
En tout cas, malheureux seront, ceux qui n’ont pas encore compris que J. Kabila ne peut indéfiniment tolérer la médiocrité. Il a besoin des ministres compétents, capables de lui apporter une collaboration étincelante et il est déterminé à les chercher partout où ils se trouvent. Aux hypocrites de bien se tenir...
Le Palmarès
(TH/DN/PKF)