La fièvre jaune qui sévit dans la Province Orientale commence à inquiéter les ressortissants de ce coin de la République. Pour ce faire, le ministre de la santé publique, Victor Makwenge kaput a instruit les services compétents de la province orientale et des provinces voisines d’intensifier la surveillance épidémiologique.

En effet, c’est depuis le mois de mars 2010 que 12 cas avec 3 décès d’une maladie faite de fièvre, de jaunisse et de saignement ont été rapportés dans la zone de santé de Titule, district du Bas Uélé en Province Orientale.


D’après le n° 1 de la santé publique, des prélèvements de sang ont été faits et des échantillons envoyés à l’INRB et à l’Institut de pasteur de Dakar, laboratoire de référence de la Région africaine pour des analyses approfondies.

Bien que les résultats indiquent qu’il pourrait s’agir de fièvre jaune, des tests complémentaires nécessaires sont encore encours. Des équipes d’intervention multidisciplinaires ont été constituées et seront déployées sur terrain en cas de besoin pour des investigations approfondies et l’appui à l’organisation d’une riposte éventuelle.

Aussi a-t- il invité la population vivant dans la zone de santé de Titule et dans toutes celles qui l’avoisinent de rapporter à la formation sanitaire la plus proche de leur lieu de résidence tout cas de fièvre avec jaunisse.

Pour rappel, la fièvre jaune est une maladie infectieuse due au virus de la fièvre jaune ou virus amaril. Elle est transmise par certaines espèces de moustiques et ne se rencontre que dans certains pays d’Amérique du sud et d’Afrique subsaharienne. Il n’y a pas de médicament pour traiter la fièvre jaune.

Il existe toutefois un vaccin constitué de virus vivants atténués. Il est efficace à 100%. Une seule dose de vaccin protège durant 10 ans. Une fois que l’on a contracté le virus, la période d’incubation dans l’organisme est de 3 à 6 jours et est suivie de la maladie, qui peut présenter une ou deux phases.

La première, aiguë, provoque en général de la fièvre, des douleurs musculaires au premier plan desquelles des dorsalgies, des céphalées, des frissons, une perte de l’appétit, des nausées ou des vomissements. L’état de la plupart des patients s’améliore ensuite et leurs symptômes disparaissent au bout de 3 à 4 jours. Toutefois, 15% des patients présentent une deuxième phase plus toxique dans les 24 heures suivant la rémission initiale. Une fièvre élevée se réinstalle et plusieurs systèmes organiques sont touchés. Le patient présente rapidement une jaunisse et se plaint de douleurs abdominales accompagnées de vomissements, apprend – t-on d’un document de l’Oms.

A signaler que des saignements peuvent apparaître au niveau de la bouche, du nez, des yeux ou de l’estomac. Lorsque c’est le cas, on voit apparaître du sang dans les vomissures et les fèces. La fonction rénale se détériore. La moitié des malades présentant cette phase toxique meurent dans les 10 à 14 jours, et les autres se remettent sans lésion organique importante.

Notons que la fièvre jaune est difficile à diagnostiquer, surtout au cours de ses stades précoces. On peut la confondre avec le paludisme, la typhoïde, la dengue, l’hépatite et d’autres maladies, de même qu’avec une intoxication. Les tests hématologiques permettent de détecter les anticorps antiamarils produits en réponse à l’infection. Plusieurs autres techniques sont employées pour identifier le virus dans des prélèvements de sang ou de tissu hépatique recueillis après le décès. Ces épreuves demandent un personnel de laboratoire hautement qualifié et du matériel et des produits spécialisés.

Doudou Esungi/L’Avenir


(Tkm/SM/PKF)