« Guerres idiotes », le terme fait certainement sourire quand on sait que toute « guerre » est juteuse. Elle rapporte. Surtout en Afrique, ces dernières années. Mais « guerres idiotes » en Afrique portent les germes d’auto-destruction. Si on n’en finit pas, certaines Nations disparaîtront. Voilà pourquoi il faut neutraliser absolument les groupes armés qui écument les régions d’Afrique, particulièrement en Afrique centrale et des Grands Lacs.

Ces guerres menacent toute l’humanité, faisant de l’Afrique le lieu privilégié des marchands d’armes et du terrorisme international. Raison pour laquelle les Etats-Unis ont mis en place un commandement militaire américain pour l’Afrique : AFRICOM. Aujourd’hui plus que jamais, cette structure militaire doit justifier sa présence en Afrique. Sinon, l’administration Obama n’aura pas été différente de celle de Bush. Entre-temps, au plan interne, les complicités se porteraient au mieux.

La République Centrafricaine a adressé une demande d’aide militaire aux Etats-Unis pour venir à bout de la LRA. Au second plan, la « souveraineté nationale ». Et pourtant, l’on aurait souhaité que la République démocratique du Congo soit la première à effectuer une telle démarche quand on connaît tout le mal que la LRA a commis au Congo.

La démarche centrafricaine soulève ainsi une question fondamentale sur les opérations de neutralisation des forces négatives. Particulièrement la LRA et les FDLR. Ces groupes armés continuent à semer la terreur dans la région de l’Afrique des Grands Lacs et centrale. Tous les appels, toutes les mesures et opérations militaires menées contre ces forces négatives ont montré leurs limites. Conscients du danger avec ce syndrome qui risque d’atteindre tous les pays de la région, les Etats-Unis ont déployé en Afrique une structure militaire. Il s’agit du commandement militaire américain pour l’Afrique, AFRICOM.

Elle a pour mission d’aider les pays africains à faire face à toutes les situations d’insécurité tout en disposant des armées dissuasives en vue de contrer toute menace qui pourrait nuire à la sécurité de l’Afrique et des Etats-Unis. C’est dans ce contexte que le président américain a déclaré qu’il n’est plus question de tolérer « des guerres idiotes » : celles qui impliqueraient les Etats-Unis dans n’ importe quelle partie du monde ; celles qui opposeraient d’autres pays pour nuire à la paix et à la sécurité internationales. Notamment celles en Afrique des Grands Lacs.

Dans son dernier message à la République démocratique du Congo, lors de la célébration de la fête de son indépendance, Mme Hillary Clinton, secrétaire d’Etat américaine, a déclaré que les « Etats-Unis souhaitent inaugurer une nouvelle ère de partenariat avec la RDC » Et de préciser : « Ainsi que je l’ai déclaré lors de ma visite l’ an dernier, les Etats-Unis souhaitent inaugurer une nouvelle ère de partenariat avec la RDC et avec le peuple congolais. Nous sommes prêts à coopérer avec vous en vue d’encourager le développement durable, d’endiguer la corruption, d’améliorer la gouvernance, de former une armée plus professionnelle et d’éliminer le fléau terrible de la violence sexaspécifique ».

Plus de politique d’autruche

La neutralisation des groupes armés en Afrique revêt deux volets : interne et externe. Au plan interne, il y a cette volonté politique, cette capacité militaire de désillusionner ces groupes armés. Selon des recoupements, ces groupes armés trouvent de la complicité au plan interne qui leur permet de déjouer toute tentative visant à les neutraliser. Ajouter à cela le manque de volonté politique dans la mesure où toute situation nébuleuse profite à ceux qui adorent tirer les ficelles.

Au plan externe, il y a bien sûr les « faiseurs de guerre » qui ont d’autres objectifs que la paix. Aussi, s’amusent-ils à entretenir les groupes armés pendant qu’ils contrôlent les richesses nationales, tel est le cas dans la région des Grands Lacs. Mais la République Centrafricaine vient de « casser » en quelque sorte le mythe de la « souveraineté nationale » et soulève la problématique de la neutralisation de ces groupes armés avec l’aide de la communauté internationale. Au fait, la région des Grands Lacs est quasiment devenue un deuxième Afghanistan et l‘ intervention militaire internationale ne doit plus être un tabou. Si les forces coalisées sont déterminées à en finir avec les talibans ou le terrorisme international, des opérations militaires conjointes dans la région des Grands Lacs, sous la coordination de l’AFRICOM donneraient des résultats positifs. Tenez.

La première opération militaire regrouperait la « RDC-Ouganda-RCA-SOUDAN-AFRICOM » contre la LRA. La deuxième impliquerait les militaires de la « RDC-OUGANDA-RWANDA-BURUNDI-TANZANIE-AFRICOM » contre les FDLR. Ces deux opérations militaires bénéficieraient de la caution morale de l’ONU et de l’Union africaine. En fait, le temps des discours est largement dépassé. Les différentes missions de paix de l’ONU en Afrique ont montré leurs limites. Alors, il faut frapper le grand coup. Plus de politique d’autruche.

Le Potentiel


(DN/TH/GW/Yes)