Sept jours après le drame survenu à Sange, localité du territoire d’Uvira, au Sud-Kivu, le bilan continue à s’alourdir. Mardi dernier, les autorités locales et le rapporteur général de l’Assemblée nationale, Wildor Makonero, sont allés préparer 12 nouvelles tombes où devraient être inhumés d’autres corps en provenance de Panzi, d’Uvira et de Bujumbura où certains blessés de la tragédie avaient été évacués. Entre-temps, les autorités locales ont amorcé une campagne de sensibilisation pour attirer l’attention des habitants de cette contrée sur le danger que représentent les produits inflammables. Le compte macabre se poursuit donc à la suite de la tragédie de Sange.


Le bilan des morts passe ainsi de 242 à 254. Pendant que l’on pleure ces morts, l’identification et l’enregistrement des orphelins, des veuves et d’autres sinistrés de la tragédie se font sur terrain. Le travail est réalisé par les chefs des quartiers, les autorités territoriales et certaines ONG en prévision d’une éventuelle assistance. Selon l’administrateur du territoire d’Uvira, un monument mémorial sera érigé à Kyariunda, dernière demeure des victimes. Le site est sécurisé nuit et jour autant que celui où l’accident tragique a eu lieu. Sur ce dernier site, gît encore la carcasse du camion-citerne calcinée qui a été à l’origine du drame.

M. Zébédé Wabunga Singa explique  les précautions pris pour assainir le lieu: « Il y a eu CICR qui s’est démené pour nettoyer le site de l’accident et mettre la chaux, parce que le produit neutralise les microbes. La carcasse du camion citerne, on doit l’évacuer et nous allons charger le service des TPI (Travaux publics et infrastructures) de gérer la question assez rapidement pour que personne ne puisse se rappeler qu’il y a eu à cet endroit un événement malheureux. »

Concernant la campagne de sensibilisation déjà amorcée, les églises, les médias, la société civile sont mis à contribution. Sur le plan national, le deuil de 48 heures décrété par le chef de l’Etat, Joseph Kabila, a pris fin mardi denier ?

Renfort médical, 36 ambulances et 4 hélicoptères déployés par les humanitaires à Sange

La communauté humanitaire du Sud-Kivu est mobilisée depuis le 3 juillet pour apporter assistance à une centaine de personnes blessées à la suite de l’explosion d’un camion-citerne contenant 60.000 litres de carburant à Sange, sur la route Kamanyola-Uvira dans la province du Sud-Kivu.

Ces précisons ont été données hier au cours d’un point de presse de la Monusco par Mme Stefania Trassari, chargée adjointe de l’information publique et plaidoyer de OCHA. Elle a précisé que cette explosion a causé la mort de 240 personnes. Il s’agit d’un bilan provisoire obtenu le lundi matin des sources hospitalières. Les personnes blessées ont été acheminées dans différents centres de santé de Sange et d’Uvira, dans la Plaine de la Ruzizi, ainsi que de la ville de Bukavu. Des dégâts matériels importants sont signalés, notamment environ une vingtaine de maisons brûlées.

La porte-parole de Ocha a indiqué que « les partenaires humanitaires ont apporté des moyens logistiques pour le transport des personnes blessées et mis à disposition des centres de santé des intrants médicaux pour la prise en charge des blessés ». En tout, 36 ambulances des différents partenaires et quatre hélicoptères de la Mission de l’ONU pour la stabilisation du Congo (MONUSCO) ont été déployés. Du matériel pour creuser des fosses communes ainsi que des produits de désinfection du lieu de l’accident ont également été fournis.

Par ailleurs, un renfort en personnel médical % médecins et infirmiers % a été apporté aux centres de santé a fait savoir Stefania Giuliano qui a poursuivi : le personnel de Médecins sans Frontières (MSF) a fait des donations importantes en médicaments à différents centres de santé. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a fourni une ration alimentaire de deux semaines d’une valeur énergétique de 2 100 kilocalories par personne par jour aux malades et leurs accompagnateurs. OXFAM GB et la Croix-Rouge congolaise, en collaboration avec les autorités sanitaires de la Plaine de Ruzizi, travaillent à nettoyer des débris et les cendres laissés par le feu. Ils s’emploient également à bâtir des latrines d’urgence.

Des besoins existent encore dans les secteurs de l’eau et assainissement, de la santé, des abris, des articles non alimentaires et de la sécurité alimentaire. La chargée de l’information publique de Ocha , Stefania Trassari a conclu : « Après l’évaluation de la situation, un plan de riposte multisectorielle impliquant tous les acteurs a été arrêté ».

A rappeler qu’aujourd’hui, lors d’un café de presse dans la salle de réunions du Pnud à Kinshasa, sous la direction du coordinateur humanitaire des Nations unies, les acteurs humanitaires vont parler des efforts déployés pour apporter une assistance humanitaire aux personnes les plus vulnérables et de différents défis auxquels ils sont confrontés.

Thème de cette rencontre avec les journalistes : « Réponse rapide aux mouvements de populations » qui est un programme d’assistance humanitaire aux personnes rendues vulnérables par les mouvements de populations dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu dans la Province Orientale. Pour l’année 2010, le programme envisage d’assister environ 1,7 million de bénéficiaires cumulés.

Le Palmarès/Le Potentiel


(DN/TH/GW/Yes)