Une requête adressée au gouvernement par les membres de la société civile participant à l’atelier « La dette, un lourd fardeau pour la RDC » recommande que soit organisé un audit sur cette dette pour recouvrer les fonds que des réseaux maffieux internes et externes ont subtilisés dans les rouages de cet endettement
Les participants à l’Atelier sur « la dette, un lourd fardeau pour la RDC », dont la majorité constituée de membres de la société civile congolaise, ont sollicité mardi à Kinshasa, du gouvernement la mise sur pied d’un mécanisme devant aboutir à un audit sur la dette extérieure de la RDC, dans le cadre de la Convention des Nations Unies contre la corruption et les crimes économiques. L’initiateur de la plate-forme Coalition Dette extérieure de la RDC (CDE), Victor Nzuzi, a Indiqué à cette occasion, que le gouvernement pourra récupérer les avoirs volés par les multinationales étrangères et certains dignitaires ayant opéré dans la maffia en vue de les restituer au trésor public.
Ces assises qui ont salué les avancées significatives dans la suppression de la dette de la RDC, passée de 13 milliards de dollars américains à environs 2,5 milliards par les institutions financières Internationales, ont estimé qu’il est de bonne politique pour les autorités congolaises de prendre des mesures pour qu’une option soit levée sur la dette actuelle et future, de manière à permettre à la RDC de recouvrer totalement sa capacité de s’auto-déterminer en percevant le bien-être des générations congolaises à venir.
La société civile congolaise exige pour ce faire, la suppression totale de 2,5 millions de dollars qui pèsent désormais sur la République Démocratique du Congo car, elle estime qu’en valeur réelle, cette dette n’existe pas à partir du moment où les institutions de Bretton Woods ont supprimé en grande partie le terme de la valeur nominale.
Les origines de la dette de la RDC, renseignent que la Belgique s’était endettée à la banque mondiale à hauteur de 250 millions de dollars qu’elle a laissé au Congo en violation du Traité de Versailles qui interdit aux pays colonisateurs de léguer leur dette à leurs anciennes colonies, a-t-on fait savoir, soulignant que même celle contractée dans le contexte de la guerre froide par la dictature mobutienne n’a servi que les intérêts occidentaux.
Pour Albert Mutombo, coordonnateur du CIAM-KIN (Centre d’information et d’animation missionnaire), cette dette de la RDC est une conséquence de l’absence des Congolais dans tous les débats économiques à savoir ceux inhérents à la problématique de la dette depuis 1960. Le CIAM-KIN, rappelle-t-on, avait initié, en collaboration avec le comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde, une campagne pour l’annulation de la dette africaine, notamment celle de la RDC, à l’occasion du jubilé de l’an 2000 du christianisme.
ACP
(DN/TH/GW/Yes)